Et vive la natur-han !

Cher(e)s lecteur(ice)s (oui je mets ça au pluriel, ma première qualité c’est l’optimisme, et je mélange les genres, ma seconde c’est l’audace), il faut que je vous confie un truc : toute cette semaine « Manif pour tous », mes collègues à lunettes m’ont profondément choquée1.

Du lundi au samedi, que ce soit pour parler de leur université d’été, de leurs idées ou de leur musique2, ces enfoirés de co-rédacteurs n’ont fait que se moquer des manifestants pour tous, sans la moindre trace d’empathie, sans tenter un instant de les comprendre. Alors en ce dimanche, jour du seigneur, qu’ils sont persuadés être leur grand copain, je me dévoue et vais jouer la carte de l’argumentation posée, revenant cette logique imparable du Manifestant pour sa gueule Tous qui justifie son besoin d’aller dans la rue contre les droits des LGBTQ : l’homosexualité, c’est contre-naturhan !

Quand bien même ce serait effectivement le cas, mon premier réflexe serait de répondre que bon, la Nature, c’est sympa 5 minutes, mais jusqu’à ce qu’on invente la pénicilline, elle voulait qu’on crève à 30 ans. Connasse va. Dire que je vote Vert depuis 10 ans. Sauf qu’à l’inverse de mes belliqueux collègues, j’ai justement tu ces premiers réflexes de contradiction et suis allée vers la compréhension. J’ai donc cherché à savoir comment nos Manifestants en étaient arrivés à cette histoire de contre-nature en premier lieu, nobostant ce faisant tout un paquet d’indices prouvant que si si, le comportement homosexuel existe dans la nature, et n’est donc pas une pure construction sociale3. Après enquête minutieuse, à table, un jour du Seigneur, auprès de concernés (je ne veux pas vous faire peur mais on en a tous un ou deux dans la famille, que Frigide et Ludo ont poussé au coming out) le raisonnement semble être le suivant : l’acte homosexuel est contre-nature car il ne permet pas la reproduction.
Ce qui tend à penser que tout Manifestant Pour Tous :
1] Pratique le coït exclusivement en position du missionnaire4  les jours d’ovulation de la femme et uniquement s’ils désirent faire un bébé (fenêtre d’opportunité quelque peu étroite mais qui explique leur besoin de s’occuper autrement le dimanche) ou
2] a beaucoup, beaucoup d’enfants.

Je vais vous épargner le couplet sur les Manifestants Pour la Nature mais Stériles qui devraient donc être abstinents, parce qu’au moment où on démonte cette logique première en démontrant donc que l’homosexualité existe dans la nature, celui-ci explicite ce dont on se doutait mais que l’on niait par mauvaise foi (pun intended) : par « la Nature », il faut comprendre « Dieu ».

Car oui, tel un Terrence Malik sniffant de la palme d’Or, le Manifestant Contre Ceux Qui ne Lui ont Rien Demandé superpose Nature et Puissance Céleste, okay, les animaux sont gays, mais c’est parce qu’ils sont inconscients de l’existence de Dieu. L’homme l’est, lui, or c’est écrit dans la Bible ; l’homosexualité, c’est mal5.

Dans cet esprit de tolérance et de compréhension qui est donc le mien ce dimanche, je vais libérer tout ce petit monde d’une névrose qui ne pourrira ainsi plus que la vie des curés : s’Il existe tel quel, le Dieu Auquel vous croyez vous autorise à coucher hors tentatives de reproduction. Vraiment. Car quitte à prendre (pun unintended) Son Bouquin au pied de la lettre, rappelez-vous aussi ce détail : Dieu ne se plante pas. Dieu vous a fait à son image….

... un jour où il était mal réveillé, clairement, m'enfin c'est pas la question

… un jour où il était mal réveillé, clairement, m’enfin c’est pas la question

… et donc, Dieu vous a fait parfaits. Or, dans son infinie sagesse, il a voulu que les organes exclusivement dédiés au plaisir ne soient, que ce soit chez l’homme ou la femme, absolument pas impliqués dans le processus reproductif6. Et d’ailleurs, quand on se penche (pun toujours unintended, promis) sur le cas de l’homme, et sur la meilleure façon de stimuler ledit organe… on ne peut soulever que deux hypothèses :

– soit Dieu a décidé qu’entre votre naissance passablement peu ragoutante, vos premières dents douloureuses, une adolescence boutonneuse, les impôts à payer, vos beaux-parents manifestants pour tous ou pas à vous taper le dimanche, le chien à sortir, les calculs rénaux, les régimes sans gluten et votre mort, vous aviez droit à un peu de bon temps

– soit Dieu est le plus grand Troll de tous les Trolls.

10 points pour Griffondor si tu as la référence.

10 points pour Griffondor si tu as la référence.

Ça doit être mon côté agnostique mais personnellement les deux me réjouissent beaucoup. Du coup je vais re-voter Vert.
La Nature est vraiment trop bien faite.

  1. Y’en a même un qui m’a piqué un pain au chocolat.
  2. Non là je mets pas de lien. Pardon Lambegue mais si le player de leur merde se lance tout seul une fois de plus je ne réponds plus de rien
  3. A l’inverse, au hasard, du mariage. Ou même de la monogamie
  4. Quoique la levrette ça fait plus nature non ?
  5. Lévitique chapitre 18, verset 22. Le meilleur bouquin de la Bible puisqu’il t’explique aussi que tu peux avoir des esclaves s’ils sont étrangers ou qu’il faut tuer les gens qui bossent le samedi. Macron doit être moyen fan
  6. Remarquez d’ailleurs comme les nombreux religieux déjà convaincus de la chose sont ceux qui ne vont PAS aux Manifs pour tous

Guide survie pour remporter une élection Républicaine(TM)

En politique française, où quand bien même les mecs ont tendance à vivre (trop) vieux, les générations se succèdent avec les décennies, mais il semble que les pommes tendent à ne jamais tomber très loin de l’arbre. (Il parait que dans certains cas, extrêmes, les têtes successives d’un parti ont jusqu’au même nom de famille, c’est vous dire.)

Dans le cas qui nous intéresse cette semaine, celui des RépublicainsTM, on pourrait plutôt dire que la casserole ne tombe jamais très loin de la batterie de cuisine : les jeunes RépublicainsTM ont en effet déjà tous de leurs modèles plus vieux. Vous allez me dire quand ils prennent des initiatives le résultat manque un peu de tenue (de bon sens aussi : s’ils avaient fait chanter Carla Bruni, on se serait au moins épargné les paroles). Alors autant copier directement sur les grands, par exemple, en foirant totalement ton élection *interne* et RépublicaineTM  ! Si les RépuSeniors avaient fait dans le symbolisme de bon aloi en oubliant de compter les DOM-TOM (notez moi aussi des fois je pars du principe qu’il n’y a que des blancs à l’UMP), les RépuJuniors ont préféré merder l’application de leur *propre règlement intérieur* qu’ils ont écrit eux-mêmes quoi.

"L'âge ne compte pas plus que la taille j'vous f'rai dire"

« L’âge ne compte pas plus que la taille j’vous f’rai dire »

Alors certes  à ce niveau là, c’est de l’art et il n’est pas interdit d’applaudir la performance, mais reste que ça n’arrange pas les desiderata de réunion-familiale-tous-unis-putain-qu’est-ce-qu’on-s’aime-chez-LRTM bien compréhensibles à l’approche de Noel d’élections pas juste internes.

Aussi, dans un souci de républicanisme (le vrai, pas TM), en dépit d’une aversion toute personnelle pour les batteries de cuisine (c’est chiant à déménager), voici un petit guide pour améliorer ses performances en élection interne chez LRTM :

  • Être le seul candid… ah merde.

On reprend. J’allais commencer par « Être le seul candidat ! » parce qu’entre nous ça simplifie quand même beaucoup le truc (surtout quand tu connais les compétences comptables de l’UMP-LR) et que ça reste bien bien dans l’esprit du Parti (coucou Nico) sauf que Marine Brenier, actuelle – insistons sur le « actuelle » – présidente des Jeunes LR était déjà la seule candidate.  De la performance on vous dit. Allez, on s’adapte :

  • Être le seul candidat propre. Quand tous vos concurrents ont déjà leur avocat sur la touche 1 du speed dial, c’est pas un 2ème portable secret qui va faire peur aux électeurs.  Je vous entends déjà : « mais le casier des copains, ça dépend pas de moi ça, c’est pas gérable comme paramètre ».  Chut, chut. Tout va bien. Parce qu’avec un peu de bonne volonté, franchement, ça peut tout à fait dépendre de vous (cf chapitre « Fusibles » de votre manuel républicain). Puis vous allez vite vous rendre compte que chez LR, les potes font le boulot eux-mêmes de toute façon.

     

  • Opter pour le vote électronique. C’est écolo (une grande préoccupation républicaine) les machines font le compte pour vous et un développeur coûte moins cher qu’un procès expert comptable non ? En plus ça avait su-per-bien marché pour les parents !

     

  • Financer proprement la campagne. Genre avec les sous des adhérents. Franchement faire payer les mecs qui payent pour être adhérents chez toi pour financer ton élection à la tête du parti où ils adhérent (en payant) pour que tu décides après comment tu vas dépenser les sous qu’ils t’ont donné (pour être élu), tu peux pas faire plus interne.

     

  • Pour l’improbable cas où on aurait malgré tout à redire à vos méthodes de financement…. Perdre la documentation compromettante : putain qu’est-ce qu’elle consomme, cette déchiqueteuse !

    "Moi les comptes de campagne ça me reste sur l'estomac"

    « Moi les comptes de campagne ça me reste sur l’estomac »

     

  • Nouer de saines amitiés. Alors certes il y a un choix un faire entre amitié du genre à financer ta campagne, et amitié du genre à te servir de caution morale à ton procès, les deux s’avérant souvent mutuellement exclusif.  Ce pendant le pro LR, rôdé à l’exercice, peut avoir les deux, saura choisir le copain qui finance ta campagne, et dont les méthodes de gestion personnelle sont du genre à ne pas s’encombrer de procès en premier lieu.
    "Ben moi je dis qu'on peut avoir les 2 !"(En bonus c’est réversible :  si le pote lui-même devenait un peu encombrant, on peut aussi s’en débarrasser sans procès.)

  • Dernier conseil mais pas des moindres : rester digne !


    M’enfin ça c’est de base dans ton ADN de républicain.

« La réalité c’est ce qui continue d’exister quand on cesse d’y croire »

La semaine dernière, conscient que les Guignols ne seraient plus là pour le corriger à la rentrée (é.è), Nicolas Sarkozy a clôturé l’Université d’été des RépublicainsEnfinOns’ComprendTM par une de ces leçons de géopolitique dont il a le secret. Entendez par là qu’il a proposé, histoire d’éviter d’être de nouveau incommodé au ptit dej par une photo de petit syrien mort à la Une de son Figaro matinal, d’installer des « camps de rétention » des flux migratoire « à la périphérie de l’Europe ». en particulier en Serbie et en Bulgarie parce que de toute façon personne n’y va en vacances c’est hors de l’espace Schengen.

Il n’en fallait pas plus à tous ces susceptibles internautes Européens de l’Est pour conchier notre hyper-ex-président de manière plus ou moins constructive, certains imaginant des solutions alternatives (des terrains d’accueil en Corse, ou chez Carla) d’autres proposant des procédures médicales qui apparaîtraient bienveillantes si on doutait que Nicolas Sarkozy souffrait de la pathologie qu’elles sont censées soulagées (encore que), certains allant même jusqu’à sous-entendre que Sarko n’était PAS président de la Bulgarie ou de la Serbie et qu’il était un peu responsable du bordel ambiant rapport à ses anciens copains de tente chez les scouts Libyens.

Pff.

Ignorent-ils donc qu’en politique, l’important, c’est la vision ? Qu’ « écrire l’Histoire, c’est foutre le bordel dans la géographie », et que l’Histoire est toujours écrite par les actionnaires majorit… vainqueurs ? Je  suggère donc à nos co-européens de faire leurs devoirs et de se mettre à niveau, pour une interprétation future autrement plus pertinente des stratégies géopolitiques de M. Sarkozy.

Y’a pas de raison, si Canal plus a su le faire, ils y arriveront aussi.

(Cliquez pour une image à votre échelle plutôt qu'à la sienne)

(Cliquez pour une image à votre échelle plutôt qu’à la sienne)

Flippé, le requin

Bon il fait 30° de l’appart non climatisé où j’écris ces lignes, car oui, si je vais aujourd’hui vous parler de téléfilms (brrr) plus que de cinéma, ce n’est pas parce qu’il a cessé de faire chaud…
mole-man-mister-sun

… mais parce qu’après Jurassic World – insulte à Jurassic Park – et Terminator 5 – insulte à tout bon sens – il faudrait vraiment que mon cerveau ait fondu pour de nouveau payer de ma poche le visionnage d’un film qui alimenterait cette rubrique.

(J'avais tapé "melting brain gif" dans google images, soyez heureux que je ressorte celui-ci...)

(J’avais tapé « melting brain gif » dans google images, soyez heureux que je ressorte celui-ci…)

 

C’est donc armée d’une télé, d’un site de torrent d’une carte d’abonnement au vidéoclub et de 2 ventilateurs que j’ai attaqué mon objet d’étude pour cette semaine, moins un film qu’un trope, un sujet de fascination, créature mythique et tueur né, le Godzilla des mers, le Charles Manson des océans….

Lui :

(Terrifiant on vous dit)

(Terrifiant on vous dit)

Car si en vrai, les requins, ça devrait bien moins vous flipper que les marées noires lors de vos baignades estivales, depuis quelques années, dans nos tubes cathodiques, qui dit été dit Shark Week. Et si à la base, ladite semaine des requins est une création de Discovery Channel destinée à casser les clichés associés à la bestiole…

(En vrai ils sont SUPER SYMPAS !)

(En vrai ils sont SUPER SYMPAS !)

… avec le temps, les documentaires se sont petit à petit changés en programmes de divertissement et ont finalement mutés en de grotesques téléfilms made in SyFy où les requins mutants / fantômes / préhistoriques bouffent plus d’humains que d’humains de crevette dans un dîner de gala contre la famine en Afrique sub-saharienne. Comme souvent dans le pire de la production sur pellicule, à l’origine du truc, on a un  putain de chef d’oeuvre, en l’occurrence Jaws / Les dents de la mer mais vous devez être familiers de l’esprit de ce site maintenant et savoir donc que l’intérêt d’y parler d’un BON film y est très limité. Plus encore d’un bon film que tout le monde connait par cœur (ce qui ne l’empêche pas de faire flipper comme au 1er visionnage à chaque rediffusion). Ou juste à chaque fois que vous entendez…

(Pour la petite anecdote, c’est ce thème musical, décomposé, qui sert de générique au 20h de TF1. Je vous laisse seul en tirer toutes les conclusions qui vont avec).

Non à la place, faisons un petit tour d’horizon de ce qu’a à offrir la Shark Week (et relativisons du même coup nos séances de Jurassic World et Terminator 5). Et parce que si vous n’êtes pas un initié, je sens que vous allez avoir du mal à croire que ça existe, je vous mets les liens vers les bandes-annonces sur le titre des films.  Prêts ?

suspension

Pour une soirée rafraîchissante sur le canapé (oui pour tenir tout le visionnage il faut en faire un drinking game hein) vous avez donc le choix entre :

Shark Week (ben tant qu’à faire), où 7 inconnus ont 7 jours pour quitter une île infestée de requins. Oui c’est un slasher movie avec des requins. A ce stade, personnellement, j’imagine les requins qui marchent sur leur nageoire caudale, portent un masque de hockey et ont des couteaux entre les dents. Si avec ça je ne vous ai pas donné envie.

Jurassic Shark (sans déconner) où un requin-dinosaure est libéré de son glacier par une compagnie pétrolière qui fore trop loin (points bonus pour le message écologique). Celui qui scientifiquement, se tient le plus.

Sharknado dont je me garderai bien de vous spoiler le 3ème opus (oui, déjà T.T) sorti cet été, et où, donc, une tornade de flotte emporte les requins des océans pour les répandre dans Los Angeles. Sans parler des séquences aériennes. C’est un peu la scène d’ouverture de « Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? » au 1er degré. Plus ou moins. Disons au 1,5ème degré.

GhostShark, où le fantôme d’un requin peut se matérialiser dans n’importe quelle surface d’eau : une piscine, une flaque de pluie. Ah et il crache un peu du feu aussi. Mais ne vous inquiètez pas à ce stade de la soirée vous êtes déjà en coma étylique.

Et mon petit préféré, Sharktopus où un requin croisé avec un poulpe géant, création de l’armée américaine à qui on donne décidément trop de budget s’enfuit du labo et terrorise une petite station balnéaire.

Faut le voir pour le croire

Faut le voir pour le croire

Honnêtement j’aurais du mal à vous dire ce que je préfère dans ces films : le jeu des acteurs ? (Je vous laisse regarder les bandes-annonces pour vérifier), le fait qu’il n’y ait *aucun* putain de plan de tout le film qui soit fixe, genre les mecs n’ont pas le budget pour un *trépied*  ? (je vous laisse regarder les bandes-annonces pour vérifier),  ou les scénarii / montages extraordinaires qui montrent, par exemple, un couple de plaisanciers assister depuis leur voilier au massacre de 3 jeunes jet-skieurs par le sharktopus… *puis* le même couple que cette scène sanglante n’a de toute évidence pas motivé à regagner la côte, se faire bouffer à leur tour par la bestiole (je vous laisse regarder tout le film pour vérifier).

(Mais ne prenez pas de risques inutiles pour votre santé et ne regardez pas ça sobres)

(Mais ne prenez pas de risques inutiles pour votre santé et ne regardez pas ça sobres)

Ahlala. Vivement l’an prochain avec Sharkghostnado 6, où les requins zombies nazis remontent le temps pour essayer d’empêcher la naissance de Jésus, le tout filmé à l’iphone et à la canne à selfie. VIVEMENT.

Ou alors laissons les requins, faux prédateurs environ un milliard de fois moins dangereux pour l’homme que le moustique ou le militant FN, et faisons un film sur le VRAI tueur des mers :

killer-dolphins

(Parce que pour voir ça, sérieusement, je redonne 13 euros à un multiplex.)

En attendant, je vous propose de revenir aux origines pures de la Shark Week et de vous faire un petit documentaire à caution scientifique garantie, pour vous rappeler que les requins aussi, ont des sentiments.sharkhavefeelings

Pensez-y à la prochaine attaque de malheureux requins par de féroces surfeurs australiens.
Sales bêtes.

HOLLYWOOD IS SKYNET

Je ne sais pas pour vous mais ici c’est toujours l’été et il fait toujours chaud.

Moi quand je tente une sortie

Moi quand je tente une sortie

Et si je vous le précise, c’est pour que vous ne vous imaginiez pas que je sois allée voir Terminator 5 par pur masochisme, mais bel et bien poussée par ma quête d’un espace climatisé.

Vous voulez une preuve que le futur craint, que le Cop 21 c’est une fumisterie et que le réchauffement climatique ne fait que commencer ? Il n’y avait pas de clim dans la salle qui passait Terminator 5. Et nous étions 300.

Le dernier spectateur hydraté à la fin de la séance

Le dernier spectateur hydraté à la fin de la séance

Vous allez me dire il reste le film ! Après tout, une suite de Terminator qui prétend – comme nous tous – que l’épisode 4 n’a jamais existé, avec le 11ème Doctor en vilain, Daenerys Targaryen en Sarah Connor et Schwarzy tout nu en CGI et tout vieux en vrai, ça ne peut pas être totalement raté, non ?

Non mais je veux dire...

Non mais je veux dire…

Pas "totalement" quoi .... non ?

…pas « totalement » quoi …. non ?

(Oh ça va, vos gueules)

(Oui bon ça va, vos gueules)

– Tiens c’est marrant, le dernier film que t’as chroniqué ici, Jurassic World…
… oui ?
– C’était pas pareil genre t’y es allée confiante parce que « les scénaristes ont fait genre les mauvais films d’avant ne comptent pas » ?
– Ben je heuuu
– Tu connais le concept « apprendre de ses erreurs » ?
– ….

(Visiblement pas)

(Visiblement pas)

 

Bon soyons de bonne foi 5 minutes syndicales, entre le fan-service des 80’s et sa réinvention du concept, Terminator Genesys a pour lui d’au moins essayer des trucs.  Qu’il les foire absolument tous n’empêche pas qu’il essaie ! Le problème c’est que sa meilleure idée est aussi la pire, l’expression de l’opportuniste hollywoodien le plus vil.

Car comment, dans les faits, faire encore une (et à plus forte raison, « des », parce que tant que des andouilles comme moi paient pour voir, hein ?) suite à une saga comme « Terminator » dont la narration de base consiste en une boucle temporelle parfaite ? Et bien en changeant toutes les règles du paradoxe temporel posées dans le premier épisode et en affirmant que changer le passé crée une « timeline » alternative. Coup de génie ! Pour le même prix, tu t’offres une suite *et* un reboot ! Soit l’occasion de refaire le film qui parle aux fans en réécrivant tout différemment. Ce qui arrive ici lorsque que quelqu’un (même si je voulais vous spoiler je n’y arriverai pas : c’est la seule question intéressante du film et il n’y répond pas) envoie un T-800 sauver Sarah Connor enfant et crée une nouvelle version d’elle, que rencontrera Kyle Reese, envoyé dans le passé par un John Connor qui… ne devrait pas exister puisque la ligne temporelle a changé.
Alors à part quand elle adapte l’impeccable Philip K. Dick, Hollywood n’a jamais été super douée pour écrire des histoires de voyages dans le temps qui se tiennent, mais ce Terminator 5 élève le « fuck you it’s magic » à des hauteurs stratosphériques. Ce n’est pas juste que la mécanique du voyage dans le temps soit absurde (ça, ça se pardonnerai presque) c’est que chaque point de passage narratif de l’histoire tienne à la stupidité totale des personnages, que ce soit Sarah Connor, son fils, son Ken, pardon Kyle, ou même Skynet. Putain même la MACHINE qui connait le futur arrive à être conne !

Hollywood s'exprimant aux fans de Terminator 1 sous les traits de Skynet

Hollywood s’exprimant aux fans de Terminator 1 sous les traits de Skynet

Mais ce qui devrait ici nous flipper plus que la connerie des personnages, c’est l’intelligence des scénaristes ! Parce qu’avec ce truc absolument honteux de timeline alternée, ils ont maintenant un permis de reboot de TOUS les films traitant de voyage dans le temps ! Ce qui fait qu’en plus de cette saloperie de réchauffement climatique, voilà ce que le futur va nous apporter :

– une suite / remake / reboot de Nimitz, retour vers l’enfer, où le Nimitz est cette fois renvoyé au temps du Mayflower et le fait accidentellement couler. Et pour ajouter à l’horreur, le rôle de Martin Sheen sera tenu par *Charlie Sheen*

Pourvu qu'une apocalypse nucléaire nous frappe avant

Pourvu qu’une apocalypse nucléaire nous frappe avant

– une suite / remake / reboot d’Un jour sans fin où Chris Pratt reprend le rôle de Bill Murray et finit avec la marmotte devenue un raton-laveur (il faut vivre avec son temps)

ratonlaveur

et surtout, surtout, une suite / remake / reboot de « Retour vers le Futur » avec Zac Effron pour interpréter le petit fils de Michael J. Fox, né en 2010, et qui passe donc le film à essayer de revenir des années 90 !  Parce que c’est *ça* la suite logique à des saloperies de films qui revisitent / pillent les années 80, des saloperies de remakes qui nous feront revivre LES ANNEES 90 !

annees90

Je ne sais même plus comment légender ça

C’est vraiment le futur cinématographique dans lequel vous voulez vivre ?  Hein ? Alors au boulot : tous ceux qui lisent cet article depuis un PC se mettent à la construction d’une machine à voyager dans le temps, tous ceux qui le lisent depuis un mac bricolent le Terminator (oui, pc = progrès scientifique et  mac = méchant, et oui c’est gratuit) et on utilise le second dans la première pour annihiler Hollywood le 31 décembre 1989.

A partir de là je ne vois pas ce qui pourrait mal se passer.
N’est-ce pas ?

(Visiblement pas)

 

 

Survivre à Jurassic Wood

C’est l’été, et l’été il fait chaud. Si vous trouvez que ce raisonnement est un peu léger, c’est normal, j’essaie d’adopter le mode de pensée d’un producteur de films Hollywoodiens. « Donc c’est l’été, il fait chaud, et si le public va au cinéma, c’est en quête d’air climatisé et non pas – au hasard – de cinéma. Du coup si notre film sort l’été, on peut se permettre d’en faire une belle bouse,  tant qu’on le distribue dans des salles climatisées ! »

Figurez-vous que moi non plus je n’aime pas la chaleur. Du coup j’ouvre ici une rubrique « films de l’été » qu’on va inaugurer avec l’incontournable blockbuster de la saison, à savoir Jurassic Wor…

– Attends, attends, toi qui considères le plus sérieusement du monde que Jurassic Park est un chef d’oeuvre du 7ème art, tu es allée voir Jurassic World de ton plein gré ?
YepEt optimiste avec ça !
– …. et ?
…. et y’a pas photo, le monstre déjà bien flippant en 93 a encore grossi depuis !

Le capitalisme ne meurt jamais

Le capitalisme ne meurt jamais

Ah oui quand même. C’était pour payer les meilleurs scénaristes du marché ?
– Ah ah ah, petit troll va. Non c’était sans doute pour couvrir le budget nettoyage du plateau parce que pour la faire courte, Jurassic World c’est comment dire…

Michael Crichton assistant à l'avant-première depuis le paradis (où il n'y a pas la clim)

Michael Crichton assistant à l’avant-première depuis le paradis
(où il n’y a pas la clim)

Une petite mise au point s’impose tout de suite : tous les films qui sortent l’été ne sont pas pourris, les films pourris ne sortent pas que l’été (d’ailleurs Michael Bay est né un 7 février), et surtout, blockbuster ne veut pas dire « film pourri » (Ben Hur, Le retour du roi ou Titanic sont des putains de sublimes blockbusters). Bref la cinéphilie c’est aussi aimer les belles images, le grand spectacle, le grand écran et ses possibilités infinies, même amputées de tout bon sens scénaristique. De sorte que mon optimisme pré-visionnage n’était pas feint (ça a dû aider de ne voir *aucune* bande annonce) et que j’étais prête à beaucoup de concessions cérébrales pour aimer Jurassic World.
(Surtout à 13,70 € la séance.)
(A 13,70 € la séance ton cerveau s’inonde tout seul d’endorphines pendant deux heures pour se convaincre que le film valait le coup.)
(En tout cas le mien.)

Mais ce qui nuit salement à Jurassic World, presque honnête divertissement d’été dans l’absolu, c’est justement d’être la suite de Jurassic Park, fabuleux spectacle blindé de scènes d’anthologie,  de personnages faciles à aimer, d’humour, mais aussi d’humanité, de réflexions sur la place de l’homme, la science, la nature et l’évolution…
Sa suite, elle, tabasse la théorie de l’évolution à coup de canne à selfie pendant deux heures, vu que dans le vrai monde, les personnages de Jurassic World sont bien, bien trop cons pour vivre.

Là encore, dans l’absolu, ça se pardonne. Parce que de toute façon, le postulat de départ l’oblige : aucun être humain doté d’un cerveau n’ouvrirait un parc pareil sans faire signer des décharges de 200 pages à ses visiteurs (j’ai quand même super hâte de voir Jurassic World 2 : survivors’ class action suit). Nan, ce qui rend le film vraiment pénible à regarder, c’est qu’il tue toute la philosophie, tout le propos de l’original, et même sur un plan purement narratif, si l’on regarde  juste les personnages, ce qui me tue c’est de passer de ça :

(Laura Dern, l'actrice la plus maline du cast original puisque la seule à avoir évité les suites)

(Laura Dern, l’actrice la plus maline du cast original puisque la seule à avoir évité les suites)

… à ça :

"Par le pouvoir de mon scrotum, je vous protégerai !"

« Par le pouvoir de mon scrotum, je vous protégerai ! »

Alors pendant une petite demie heure, Jurassic World essaie gentiment te faire croire que les femmes ont bel et bien hérité de la Terre, puisque c’est une représentante du genre féminin qui est à la tête du parc. Cool ! Bon par contre elle n’a aucune idée de ce qui trafiquent ses employés, ne sait pas gérer ses installations, n’a pas de baskets rangées dans un tiroir (croyez-moi en tant que femme contrainte de porter des talons au bureau, on a toutes une paire de baskets planquées dans un tiroir) et surtout, surtout, se voit expliquer tout le long du film (par sa sœur, par Chris Pratt, par les scénaristes, et par un raptor – et je ne déconne qu’à moitié) que sa vie c’est de la merde sans valeur ni sens puisqu’elle n’a pas encore pondu.

Ça c'est une vraie bonne femme !

Ça c’est une vraie bonne femme !

Sans déconner, ce n’est pas parce que la ménagerie de ton film est importée du crétacé – et pas du Jurassic mais bon, Crétacé Park on est d’accord, ça fait naze – que ton propos quant aux femmes doit être daté des années 50 ! Ici peu importe que Claire (… je crois que c’était son nom) soit à la tête d’une putain de multinationale à la pointe de la technologie en matière de génétique, le film la renvoie sans arrêt à son statut de propriétaire d’utérus qui tarde à servir. Même quand elle sauve la vie du bellâtre machiste en retamant la tronche de ptétrodactyles à coups de club de golf, il faut ensuite qu’elle subisse un roulage de pelle plus-cliché-tu-es-dans-un-film-de-Roland-Emmerich qui fait s’évaporer sa minute de gloire même aux yeux de ses neveux, pour qui tout ce qui reste de cette scène se résume à « wow StarLord a embrassée tata ! »

Alors que c'est comme ça qu'elle aurait dû réagir bordel !

Alors que c’est comme ça qu’elle aurait dû réagir bordel !

Le pire c’est qu’autant on pouvait croire que les gamins de Jurassic Park montre à Alan Grant que se reproduire, c’est pas la mort, autant les deux neveux de l’héroine donnent envie de se ligaturer les trompes de leur première à leur dernière scène.

Ceci étant, si vous vous rappelez du 1er film, vous allez me dire « ouais mais bon, Claire c’est pas la seule femme de l’histoire, tous les dinosaures de l’île sont des femelles ! »
C’est vrai. Et figurez vous qu’elles l’ont meilleur que la  Claire parce que 1) aucun dinosaure mâle ne vient leur parler d’horloge biologique qui tourne et 2) elles se parlent entre elles.
… Alors que les dinosaures de Jurassic World se parlent comme le feraient Rintintin et Timmy n’est pas en soi une des grandes réussites du film mais passons. Ce qui retient mon attention ici c’est qu’elles se parlent, ce qui pourrait presque valoir au film de passer le fameux test de Beschdel, qui veut, pour une mention honorable, qu’il y ait 2 personnages féminins, qui se parlent au moins une fois entre elles… d’autres choses que d’un homme.
Ben vous savez quoi ?
Même avec deux dinosaures femelles, le film le foire. Car les dinosaures n’ont une conversation que pour discuter du charme relatif de Chris Pratt :

Female-Raptor 1 : Je sais pas si je veux le manger, il est mignon quand même.
Female-Raptor 2 : puis c’est lui qui nous a élevées. On se retournerait contre l’homme qui nous a dressées avec un taser ? On vaut mieux que ça.
Female-Raptor 1 : c’est surtout qu’il bouffe du McDo et des farines animales, c’est un coup à chopper une intoxication alimentaire.

Nan mais quand on y pense c’est quand même fabuleux, l’incapacité des mecs à écrire quelque créature pensante que ce soit si elle n’a pas de pénis. En l’occurrence, même si tu es dans le top 3 des prédateurs les plus bad-ass que la chaîne alimentaire alimentaire ait jamais concocté, dès lors qu’il s’agit de caractérisation hollywoodienne, tes ovaires prendront quand même le dessus sur ton cerveau (reptilien).

"Par contre s'il m'embrasse sans prévenir je mords, moi"

« Par contre s’il m’embrasse sans prévenir je mords, moi »

Que les scénaristes de films de l’été soient des hommes préhistoriques, c’est pas nouveau. Mais ça les tuerait d’embaucher une femme de temps en temps à Jurassic Wood ? Enfin, bref. Si tu es un homme ou si tu n’es plus à ça près question représentation pourrie de ton genre au cinéma, tu peux tenter Jurassic World mais attention, en toute connaissance de cause. Parce qu’ au fond Jurassic World, c’est un peu du « dino-porn »…

Nan pas comme ça bande de dégénérés

Nan pas comme ça bande de dégénérés

C’est à dire que tu sais à l’avance que le scénar sera fin comme du papier à cigarettes, que les personnages ne seront que des prétextes à faire avancer l’histoire, et que la seule femme du film restera en putain de talons hauts même pour un sprint sur un rondin pourri au milieu d’une rivière déchaînée, mais si tu n’y vas que pour le plaisir de voir des lézards géants se foutre sur la gueule, tu devrais en avoir à peu près pour ton argent.
(Enfin si t’es étudiant, chômeur ou que c’est la fête du cinéma)
(Parce que 13,70 € putain).