Vacances !

Chers amis trolls,

La Rédaction prend deux petites semaines de vacances histoire de se reposer un peu et de préparer la rentrée (sous une forme différente, mais qui on espère, vous plaira autant si ce n’est plus). On vous retrouve le 24 août. D’ici là, si on venait à vous manquer, n’hésitez pas à nous suivre sur Facebook où on partagera probablement les rencontres improbables que nous ne manqueront pas de faire, ne serait-ce qu’avec la presse régionale.

A bientôt !

Où Wikileaks révèle l’identité secrète de Nicolas Sarkozy : Superman !

Il ne vous a sans doute pas échappé que Wikileaks venait de publier des documents prouvant que (Ô surprise) la NSA a espionné nos trois derniers présidents, dont Nicolas Sarkozy donc. Et parmi ces documents il y en a un qui me fait beaucoup rire, c’est celui-ci. En particulier la première phrase :

French President Nicolas Sarkozy considers it his responsibility to Europe and the world to step up to the plate and resolve the world financial crisis.

 Soit en gros :

Le président français Nicolas Sarkozy considère qu’il est de sa responsabilité envers l’Europe et le monde de passer à l’action pour résoudre la crise financière mondiale.

Ça lui a pris comme ça, un matin, au dessus de son bol de chocapics. « Aller c’est parti, fuck Angela, fuck Barack, fuck <insérer ici le nom du premier ministre britannique du moment>, #yolo je sauve le monde tout seul ! »

Baignez-vous dans ma lumière, misérables cloportes, je m'en vais vous sauver.

Baignez-vous dans ma lumière, misérables cloportes, je m’en vais vous sauver.

C’était à prévoir, après sa visite au pape1 il a du se sentir habité par le feu sacré de la foi et se prendre pour Jésus. Alors que si ça tombe, il avait juste mis trop d’huile piquante sur sa pizza quatre fromages.  L’huile italienne, quand on n’a pas l’habitude, elle arrache pas mal.

En tout cas je sais pas ce qu’il a fait concrètement après s’être mis en tête d’écarter la mer rouge du déficit pour tous nous guider vers un Eldorado où personne ne manquerait de rien2, mais force est de constater que ça n’a pas marché.

Enfin bref, Sarkozy est mégalo, les Etats-Unis ont une espionnite aigüe, rien de bien nouveau sous le soleil, mais il est possible qu’on ait quelques occasions de se marrer dans les jours qui viennent. Donc, « stay tuned » ©NSA

  1. Oui rappelons à toute fin utile que ce pignouf nous rabat les oreilles avec la laïcité pour une histoire de jambon à la cantine mais a été visiter le pape alors qu’il était président.
  2. Sauf Carla qui manquerait toujours de voix, mais pour les causes perdues, il faut s’adresser à Sainte Rita.

J’ai vu « Un Français » en avant-première et la ville n’a même pas brûlé.

Hier, j’ai vu Un Français en avant-première. Parce que, quand un taré1 gueule un peu fort pour faire peur aux directeurs de cinéma pour qu’ils annulent les projections, il y en a qui non seulement n’annulent rien, mais en plus diffusent le film dans trois salles en même temps (et avec tarif réduit pour tout le monde en plus).

Et vous savez quoi ? Ben ça marche ! Les trois salles étaient remplies. Six cents personnes (c’est pas rien) et une standing ovation (amplement méritée) pour Alban Lenoir. Bim. Prenez ça dans les dents les marchands de haine. Vous inquiétez pas, c’est que de l’amour, ça surprend la première fois, mais ça fait pas mal.

Mais venons-en au film, qui déchaine les passions de … gens qui ne l’ont même pas vu. Apparemment, parler sans savoir est un sport national pour certains. Le problème c’est sans doute que la bande annonce stigmatise le jeune au crâne rasé qui chahute un peu, et en toute amitié, quelques immigrés et homosexuels pour occuper ses longues après-midi d’automne, activité qui, comme chacun sait n’a donné lieu qu’à de très très rares et infortunés dérapages. Apparemment, la négation de la violence est un sport national pour certains, et en plus des fois, c’est les mêmes.  Mais je m’égare. Venons-en donc au film donc, promis sans spoiler.

un francais

Par où commencer ? Je pourrais vous vanter la justesse de l’interprétation, l’intelligence du propos, le génial parti pris de mise en scène ou que sais-je encore, mais je ne suis pas critique cinéma et surtout, vous avez des yeux, et j’aime mieux vous laisser vous en rendre compte par vous-même.

Je pourrais aussi vous demander si vous aussi, vous avez eu une minute de panique rétro-active en réalisant que vous aviez été témoins du même genre de scène quand vous étiez mômes (ah les joies des transports en commun), mais, même si c’est perturbant, je ne suis pas bien sûre que ce soit pertinent.

Plus je cherche par quel bout prendre le film pour vous donner envie d’aller le voir2, sans trop en dévoiler, plus je galère. Le problème, c’est que pour vous donner envie d’y aller, il faudrait que je vous donne mes impressions pas d’ordre générale, mais en particulier, sur certains points et surtout sur un certain personnage, mais ce serait dommage de ne pas vous laissez découvrir par vous même.

un francais 2

Alors ce que je vais faire, c’est que je vais vous laisser avec une citation, en voyant le film, vous saurez à quoi je fais référence, et après, vous revenez ici et on pourra en discuter.

C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion. […] Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine. […] Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers.3

  1. Mais un taré français ! On ne va quand même pas laisser le business de la peur et de la censure aux bougnoules !
  2. Alors que si ça tombe, vous êtes comme moi et pensez qu’emmerder ceux qui veulent empêcher sa sortie est en soi un très bon argument de vente.
  3. Lettre ouverte de Julos Beaucarne que vous trouverez en intégralité et avec contexte (si c’est pas merveilleux) ici.

Sauvez les enfants, mangez un con !

Une amie de passage dans nos locaux, que je ne nommerai pas pour préserver son anonymat, semblant trouver nos murs bien ternes nous a suggéré d’ajouter un mur des cons, pour égayer. « Vaste programme » lui répondis-je, citant le Général, ce qui ne provoqua aucune hilarité d’une part parce que la blague est éculée et d’autre part parce que Lambegue était occupé à écouter à fond et en boucle un hymne à la gloire de Marine Le Pen pour sa chronique de jeudi ce qui coupe court à toute velléité euphorique.

Tout ça à cause de cet article où notre nouvel ami Stéphane Clerget nous explique pourquoi nos garçons sont en danger. Spoiler alert : à cause du divorce et du féminisme. Alors je ne connais pas Monsieur Clerget, il est possible que dans les très grandes lignes il sache ce qu’il raconte tout ça tout ça mais dans les petites lignes, il débite quand même un sacré paquet d’âneries. Et attention, ça commence fort.

Les revendications féminines des décennies précédentes ont mis à mal le modèle masculin qui jusqu’alors régissait une société patriarcale.

Ah ben désolées hein, on aurait su on serait restées à la cuisine à faire des sandwichs. Enfin c’est trop tard maintenant, on va pas revenir en arrière, alors démerdez-vous pour vous adapter. Vous allez voir, l’égalité c’est plutôt sympa, puis ça vous retirera une pression ridicule d’obligation de succès et de toutes ces conneries. Au final, on sera tous gagnants.

Aujourd’hui l’absence de figure paternelle au sein du foyer n’est pas rare, et cependant les jeunes garçons ont du mal à s’y faire, d’autant que notre société, encore patriarcale, a supprimer de plus en plus des substitut à l’image du père: l’instituteur, le soldat ont disparu de notre environnement.

Donc … Les garçons jouent à des jeux vidéos violents parce qu’ils ne peuvent plus s’identifier aux soldats ? Parce qu’ils ne voient plus assez de violence en vrai (lol), ils vont chercher de la violence dans les jeux vidéos et donc deviennent violents ? Je suis perdue.

Dans les familles également la femme était soumise à la figure du père, aujourd’hui l’égalité des sexes et la parité ont peu à peu effacé la place du père.

Ah, bah là au moins il est cohérent : Tout va mal parce que les femmes sont sorties de la cuisine. Que notre ami se rassure, j’écris ces lignes depuis la cuisine. Et depuis mon bureau, mon salon, mon entrée, ma chambre… Enfin je vis en studio quoi, du coup de fait, je suis toujours un peu à la cuisine. Mais au moins je fais quelque chose, vous faites quoi vous, pour sauver nos garçons ?!

La féminisation du père en revanche n’est pas préoccupante. Ce qui compte c’est la présence  d’un modèle masculin référent. Le père et la mère sont toujours différentiables, et lorsque les pères sont maternant, souvent les mères le sont moins.

Quelque chose me dit qu’il est pas très pro Mariage Pour Tous notre ami. Mais sérieusement, il croit que les femmes vivent dans des trous ? Même si pour une raison ou une autre le papa n’est pas là, il y a toujours des oncles, un grand-père, un cousin plus âgé, un ami de la famille à prendre en référent, les gens sont des êtres sociables. On ne vit pas dans des grottes ! Et même si le grand-père vit loin, on a inventé internet et le TGV, ça doit bien pouvoir s’organiser sans trop de problème de passer les vacances chez Papy.

Je sais bien qu’il y a des parents (et des adultes en général) qui sont particulièrement isolés, mais du coup, ce qui met les enfants en danger, c’est pas l’absence de modèle et d’adulte référent tant que l’isolement dont ce n’est qu’une conséquence parmi d’autres, non ?

Les filles sont aussi vulnérable mais, alors que les filles intériorisent leur mal être – on observe beaucoup de cas d’anorexie mentale par exemple- les garçons ont eux une extériorisation de leur problème.

Attends mon lapin, t’es quand même pas en train de dire que l’anorexie c’est pas grave ? T’es au courant qu’elles peuvent en crever les gamines ou pas ? Je devrais dire les gamins d’ailleurs, parce que l’anorexie touche aussi les garçons. Mais passons.

Cela provient entre autre du sexe, extérieur et presque autonome chez les garçons.

Alors là, je suis à nouveau perdue. Un sexe autonome c’est quoi ? Est-ce qu’il fait la vaisselle et descend les poubelles tout seul ? Il saute tout seul dans le caleçon le matin sans qu’il ait besoin de l’aide des mains et des jambes pour s’habiller ? Ou est-ce que ça veut dire que les garçons pensent avec leur bite (auquel cas, si j’étais un garçon, je serais un peu vexé) ? Ou est-ce que ça légitime le viol ? Genre « Ouais j’ai pris cette fille par derrière alors qu’elle avait dit non mais c’est pas ma faute monsieur le juge, mon sexe est autonome ! » ?

Le cas de l’engagement des adolescents dans le djihad est aussi significatif: le jeune va alors se créer un père imaginaire, chimérique qui porte l’image de l’homme puissant, guerrier. En général, la présence du père permet d’éviter d’être fasciné par ces modèles, mais si cette figure est absente, alors le garçon va partir à la recherche de cette construction virile.

Oui alors là, vu le nombre de pères désemparés que j’ai entendu témoigner après le départ de leur enfant, ça frôle l’indécence. Genre « Hey votre fils est au djihad ? Ben fallait être plus présent, quelle idée aussi de bosser toute la semaine à 75 bornes de la maison de partir avant que le gamin se lève et de rentrer une fois qu’il est déjà couché ? »

Il semblerait que le rétablissement du service civique provienne de la prise de conscience de l’Etat de l’importance d’un modèle viril qui puisse servir de substitut à la figure du père.

Ouais, fuck le vivre ensemble et la mixité sociale, vive la figure du père ! Papa akbar !