Pitch my church

Mais qu’est-ce que c’est encore que cette limonade, êtes-vous sans doute en train de vous demander. Eh bien c’est … Comment expliquer ça d’une manière qui à la fois vous éclaire et vous transmet le côté WTF de la chose ? En gros, c’est des « geeks Chrétiens »1 (c’est pas moi qui le dit, c’est l’animateur) qui viennent présenter leur projet d’application smartphone chrétienne. Sur le coup j’ai pensé que c’était des applications du genre tu pries, tu gagnes de l’XP et quand tu level up tu débloques des émoticones pieuses que tu peux envoyer à Marie-Chantal pour tenter de la pécho aux JMJ. Mais c’était pas tout à fait l’ambiance.

Déjà, au départ, les mecs voulaient « se rassembler dans un bar autour d’une bonne bière », mais apparemment « le Seigneur s’en est mêlé » et ils se sont retrouvés dans la crypte de je-ne-sais-plus-quoi, ce qui est, il faut bien l’admettre, un poil moins festif. Dieu serait un gros rabat-joie que ça ne m’étonnerait qu’à moitié. Mais les gus résistent, ils ont quand même amener des bières artisanales (#JePrieEnTerrasse). En même temps, la rébellion c’est quelque chose à prévoir quand tu établis un partenariat avec « Hack My Church » (et gare à la protection des données personnelles dans le confessionnal, la NSA est partout).

Le but de leur petite sauterie est une « nouvelle évangélisation » (ne loupez pas à 18h la bénédiction des smartphones par l’évêque Google) et surtout de répondre, grâce à la technologie, aux besoins des fidèles comme pouvoir donner à la quête via ton smartphone si t’as pas de monnaie sur toi et du même coup déduire ton don de tes impôts (#LaïcitéEconomique), prier avec d’autres Chrétiens partout dans le monde en temps réel ou organiser les maraudes entre paroissiens et associations d’autres confessions (ou même, le truc de ouf, sans confession du tout). Bref, il y a à boire et à manger.

Mais dans ce bazar il y a surtout … GeoConfess. Une application décrite par son créateur comme « le Uber de la confession ». Oui. Je sais. Moi aussi ça m’a fait ça. D’un point de vue purement technique, c’est pas con comme idée. Imagine, tu es là, seul, loin de chez toi, en détresse et tu as besoin de te confesser. Hop, tu sors ton smartphone, tu ouvres GeoConfess et on t’indique le prêtre le plus proche. Ensuite l’application te file le texte de la prière à réciter dans ce genre de cas (là pour les détails ça dépasse mes compétences, mes parents ayant eu le bon goût de préserver l’innocence de mes mercredi après-midi en m’épargnant le catéchisme). Bref, un petit projet coolos et pratique pour chrétien branché qui demande quand même un budget de 40.000€, rien que ça.

Mais tout ceci ami lecteur, ne pourra se faire sans ton active participation. Tous ces geeks catholiques dynamiques qui veulent ubériser ta paroisse ont besoin de toi. Pour de l’argent oui, mais pas seulement. Ils ont aussi besoin de tes prières. Alors à ton missel, mon ami, sache que s’ils échouent, ce sera ta faute car tu n’auras pas mis assez de ferveur dans tes génuflexions ! Amen et que Sa volonté soit faite sur la Terre comme dans le Cloud.

  1. Par Thor !

[PC #10] Pour un autre concert…

Ne faisons pas dans la finesse, et pour une fois allons droit au but. Puisqu’il y a des gens qui décident d’attaquer des salles de spectacle et des lieux de loisir au motif que c’est contre la religion de les fréquenter, autant leur répondre en chanson. Je crois que c’est ce qu’on appelle l’esprit de contradiction. Des fois, ça sert à exprimer son dégoût. Des fois, juste à faire chier le monde. Des fois, un peu des deux.

Et puis, je suis un anonyme sur internet. Je peux poster les liens de toutes les chansons que je veux, personne ne saura où tirer pour arrêter ça.  Non, arrêtez d’essayer, monsieur. Là, vous êtes en train de tirer dans un arbre innocent. Je ne suis pas un arbre, monsieur. Les arbres ne tiennent pas de blogs. Vous allez mettre Eva Joly en colère, c’est tout ce que vous allez faire, et même vous ne voulez pas voir Eva Joly en colère.

Bref, qu’est ce que je disais ?

Imaginons donc que j’organise un concert virtuel, et un peu fantasmé, dans la mesure où il est peu probable que tous les artistes que j’évoque ci dessous se réunissent un jour en un même lieu (Ferré et Brassens ont un mot d’excuse).

J’admets parfaitement, d’ailleurs, que ça m’ennuierait un peu que, sur nos 25 lecteurs une partie soit constituée d’adeptes de la Sainte Grenade1, mais je me dis tout de même que ça ne leur aurait pas fait de mal de plus écouter ces chansons, parfois.

Pour nos autres lecteurs, j’imagine qu’il n’y aura pas grand chose de nouveau à apprendre pour vous ici, mais ça fait toujours plaisir de réentendre quelques beaux morceaux. Et c’est une manière de dire que les chanteurs ne se tairont pas, et qu’ils iront jouer dans d’autres salles. Et si vraiment vraiment vous n’aimez pas ce qu’ils font, écrivez aux Inrocks. Même ça, c’est plus civilisé que ce qui s’est passé hier.

Comprenez moi bien, ce n’est pas contre la religion en général que je veux lutter, au fond, chacun fait ce qu’il veut, j’ai mon propre avis sur la question et j’ai déjà bien assez de mal à le comprendre pour ne pas en plus essayer de vous l’imposer (ce qu’on m’a pourtant appris à faire au cours de mes études). Non, ce qui m’ennuie, c’est justement que d’autres, parce qu’ils sont persuadés de l’existence d’un dieu, veuillent à tout prix l’imposer à tous ceux qui sont autour d’eux. Surtout que je ne vois pas bien en quoi tuer des gens va les convaincre qu’ils devraient croire. Messieurs les terroristes, retenez ça : c’est très compliqué de convertir un mort. Ou alors c’est juste pour punir, mais quand bien même un dieu existerait vraiment, je n’arrive pas à comprendre comment il pourrait en vouloir à ce point à ceux qui, sans croire en lui, ne sont pas forcément des salauds finis. Ca relèverait du problème d’égo tellement énorme que même Freud, il n’y pourrait plus rien.

Donc bon, playlist. Playlist d’artistes que j’admire, en général, pas seulement pour les chansons que je poste là. Elles ont été choisies parce qu’elles sont thématiques, mais je vous encourage à écouter ce qu’ils ont fait de manière générale.

Et si par hasard un Dieu tombe la dessus, j’ose espérer ne pas l’avoir offensé. Les souffrances éternelles, ça ne me tente pas plus que ça, et je penses faire bien moins de mal avec une chanson qu’avec une grenade.

C’est parti. Je n’ai plus grand chose à dire, les mots des artistes bien plus talentueux que moi qui suivent seront amplement suffisants.

RENAUD – La ballade Nord-irlandaise (1991)

 

LEO FERRE, Thank you Satan (1984 pour cette version)

 

THE ROLLING STONES – Sympathy for the Devil (1968)

 

ALAIN SOUCHON – Et si en plus y’a personne (2005)

 

PETER HAMMILL – The Lie (Bernini’s St Theresa) (1974)

 

GEORGES BRASSENS – Mourir pour des idées (1972)

 

OINGO BOINGO – Insanity (1994)

 

 

Et pour finir, The Eagles of Death Metal le groupe qui jouait au Bataclan le soir du 13 Novembre était en train d’interpréter une chanson intitulée Kiss the Devil. C’est pas fin, mais il faut bien finir quelque part. Et puis au moins, ici, vous êtes sûr de pouvoir l’entendre jusqu’au bout sans être interrompu. A moins que votre connexion internet ne plante, mais alors là, on ne peut plus lutter…

  1. s’il y en a parmi vous qui ont plutôt pensé à ceci en entendant parler de cette arme originale, c’est une très bonne référence aussi. Et de toutes façons, c’est une référence aux Monty Python de base. Donc tout va bien. Enfin non, mais un peu, c’est comme si. Oh et puis merde, de toutes façons personne ne lit toutes ces notes en bas de page.

Dieu est amour, pour ses fidèles, ça reste à prouver.

Pour conclure cette semaine sur les puceaux en vacances mon curé chez les nudistes le Synode 2015, j’aimerais partager avec vous une petite chanson : Song From the Perspective of God de Bo Burnham.

Je m’excuse pour les moins anglophones d’entre vous, je ne saurais pas vous faire d’explication de texte à la manière de mon collègue, Vous devrez donc vous contenter de mon avis totalement non objectif, mais entre nous, si c’était l’objectivité que vous cherchez, vous ne seriez pas là.

J’aime bien le Dieu présenté dans cette chanson, un Dieu qui n’a pas envie qu’on le prie et qu’on l’implore dès qu’on a un caillou dans la godasse, qui n’en peut plus des abrutis qui haïssent et tuent en son nom, et qui ont besoin d’un manuel pour tout et n’importe quoi, comme si la vie était un meuble en kit, bref, un Dieu en dépression parce qu’il a visiblement chié dans la colle et créé les humains beaucoup, mais alors beaucoup plus cons que prévu.

J’aime surtout bien l’idée qu’au final plus tu pourris ton voisin pour gagner ton paradis plus tu t’en éloignes, puisque le Paradis devrait être sur Terre mais qu’à gueuler comme un âne pour rien au nom d’un Dieu qui ne t’a rien demandé, tu gâches tout.  Et effectivement, quand tu perds ton temps à te réunir en table ronde pour décider ce que d’autres gens doivent faire ou pas de leur famille, tu te prives du bonheur d’en avoir une à toi, de famille. A toujours lever les yeux au ciel vers Dieu pour lui demander de remettre dans le droit chemin des gens qui vont très bien merci, tu ne les baisses pas vers tes mômes et tu ne les vois pas grandir1.

Alors peut-être qu’au lieu de lire des évangiles, on pourrait pour de vrai s’aimer toute voile dehors et laisser l’amitié nous montrer le Nord2. Ici, ça restera, en tout cas, notre seule religion3. Et vous admettrez quand même qu’une bière entre amis occupe plus agréablement un dimanche qu’une séance de génuflexions guidée par un mec en robe dans un vieux bâtiment glacial face à une statue d’une séance de torture.

  1. Et là mon cerveau malade me sort cette chanson de Jeanne Cherhal qui pourrait mériter un billet à elle toute seule, mais on n’a plus le temps ma pauvre dame, allez l’écouter quand même, c’est la bio exclusive, anticipée et non autorisée de Ludovine de la Rochère.
  2. Si tu as compris cette référence, manifeste-toi que je t’envoie une photo de ma main pour un high-five virtuel !
  3. Toutefois, dans la perspective où Dieu existe et où il habite effectivement Bruxelles (je n’ai pas vu le film mais avec Benoit Poelvoorde et un postulat de départ pareil, ça ne saurait être mauvais), on vous invite à prêter trois minutes et une oreille attentive à son voisin, qui vous les rendra probablement.

Vade Retro divorcé !

Un des sujets évoqués au Synode sur la famille (pour l’ironie suprême de la chose, se référer à l’édito1) c’est le divorce. Car qui de mieux placé pour juger tes échecs sentimentaux qu’une bande de puceaux n’ayant aucune idée de ce qu’est la vie conjugale ? C’est un peu comme si on invitait que des parisiens quinquagénaires des beaux quartiers dans les débats sur les jeunes de banlieues.

Manifestement, si du côté des prêtres francophones, on commence à accepter que l’on puisse célébrer son second mariage à l’église, il y en a encore que ça fait grincer des dents. Le divorce, c’est non, puis c’est tout. Ton mari te bat ? Reste avec, sinon c’est péché. Ton mari bat tes enfants ? Reste avec, sinon c’est péché. Ta femme te traite de minable à longueur de journée devant tes mômes ? Reste avec, sinon c’est péché. Ta femme te trompe avec le jardinier ? Idem. Tu n’es juste plus heureux avec la personne que tu as choisi d’épouser à 20 ans parce que vous avez tous les deux évolué dans des directions différentes et que vous n’êtes plus les personnes que vous étiez quand vous vous êtes rencontrés et que ce sont des choses qui arrivent ? Voir plus haut.

Je dirais bien que ces messieurs ont un balai dans le cul, mais si c’était effectivement le cas peut-être que ça leur ferait du bien et qu’ils seraient moins rigides.

Certains prêtres proposent que les couples de divorcés remariés vivent « en frères et soeurs ».  Alors soit ils sont totalement cons et n’ont aucune idée de comment on fait les bébés, soit ils pensent encore que faire l’amour juste parce que ça reste une activité plutôt sympa équivaut à laisser entrer Satan chez toi et te conduira tout droit en enfer, soit ils sont d’une évidente mauvaise foi,  soit ils ne sont pas tous aussi puceaux qu’on ne le croit et c’est Game of Synode (you win or you get divorced). Dans tous les cas, c’est inquiétant.

Peut-être qu’ils devraient se rendre un peu service et abolir le célibat des prêtres. Ça leur donnerait un peu plus de légitimité pour discuter de ce qu’il se passe dans la chambre à coucher de leurs fidèles (même si ce qu’il se passe dans la chambre à coucher de quelqu’un ne regarde que lui, et que d’ailleurs ça peut tout aussi bien se passer dans la salle de bain ou sur la machine à laver), ça leur éviterait sans doute de faire des jugements à l’emporte pièce dans la mesure où ça devient plus difficile d’être rigoureux pour juger comment les autres règlent des problèmes quand on risque d’y être soi-même confronté, et surtout, ça soulagerait sans doute les pauvres enfants de choeur qui se retrouvent bien trop souvent utilisés comme exutoires à pulsions. Ah mais pardon, j’oubliais, c’est eux qui cherchent, au temps pour moi.

article ici : http://www.bfmtv.com/international/video-quand-un-pretre-italien-tente-de-justifier-la-pedophilie-920967.html

Article à lire sur le site de BFM, oui j’utilise deux fois la même chute, mais si l’abomination n’a pas de limite, je ne vois pas pourquoi sa dénonciation devrait en avoir.

  1. Auto-Promo quand tu nous tiens.

Puisque c’est comme ça, tu seras privé de Synode !

(L’image d’en-tête est utilisée de manière extrêmement illégale et provient du Refuge)

Dans la liste des gens qui ne sont pas vraiment susceptibles de chanter I kissed a girl and I liked it, on a :
– Alain Finkielkraut, il préfère invoquer Booba. Et de toute façon, sans doute a-t-il assez peu eu d’occasions d’embrasser une fille.
– Frigide Barjot, elle, elle fait directement l’amour avec deux doigts.
– Ludovine de la Rochère, elle préfère Sardou1 (on pense).
– Krzysztof Charamsa, prêtre polonais gay.

Alors ouais, dans la vie, y a des gens qui cumulent les trucs improbables. Ils sont gays, ET EN MÊME TEMPS ils sont prêtres, ET EN MÊME TEMPS ils s’appellent Krzysztof. On peut se demander ce qui est le plus improbable. Être Alain Finkielkraut et citer Booba OU être un prêtre gay ? Avoir une orientation sexuelle exotique OU avoit un prénom avec une majorité de z ? Ou alors être au XXIè siècle, et être démis de ses fonctions de prêtre à cause de son orientation sexuelle ?

Surtout que bon, c’est pas comme si Krzysztof était le very first one ever homosexuel à l’Église, hein. Je suis pas en train de dire que le lobby gay est aussi arrivé jusqu’ici2, mais bon … Voilà un exemple parmi d’autres de lèche-cul qui montre bien que certains abbés ne sont pas totalement indifférents lorsqu’ils sont face au Pape François. N’est-ce pas, Abbé Grosjean ?

Je ne reviendrai pas sur la légitimité à accorder au Pape un prix Nobel de la paix, vue l’évolution de la paix dans le monde ces derniers temps, c’est plutôt un ratage complet et général, mais … Aaaaah, en même temps je vous comprends les mecs. Qu’est-ce qu’il est beau ce pape quand sa magnifique robe soutane virile blanche vole au vent avec grâce et volupté. Ce bel habit blanc, couleur d’une virginité qu’il serait si tentant de dérober. Et sa magnifique calotte, posée sur son crâne d’homme mûr, qui n’aurait pas envie de la décalotter ? HUM.

Toujours est-il que le coming-out fracassant de notre cher Krzysztof, qui partage maintenant avec un membre de l’équipe l’orientation sexuelle inhabituelle, mais aussi avec plusieurs autres le fait d’avoir un patronyme à coucher dehors avec un billet de logement, a dû remuer chez nos chers abbés, nos chers cardinaux, nos chers prêtres et nos chers évêques quelque chose qui fait mal, qui fait mal, et qu’il serait légitime – et en tous cas plutôt marrant – d’interpréter comme le refoulement de leur propre homosexualité. Ça les a tellement remués que Krzysztof s’est fait priver de Synode, à la manière de Jojo qui s’est fait priver de ciné. L’histoire ne dit pas si Jojo était homo.

Bref, tout ça ne va certainement pas participer à véhiculer l’image d’une Église tolérante, et ouverte sur le XXIè siècle. En même temps, réunir 253 hommes pour faire une grande réunion, ça a jamais été une idée fabuleuse. La dernière fois c’était pour l’Université d’été du MEDEF3, et tout ce qui en est ressorti, c’est une remise en cause des 35 heures, entre deux chips triangulaires plantées dans du guacamole anti-cholestérol. Mais cette histoire, c’est quand même une super bonne nouvelle pour l’image de la Pologne. Je vous rappelle que la dernière fois que le nom de ce pays a été évoqué dans la presse, c’était quand Michał Kwiatkowski, polonais de son état, a fait un featuring sur le premier album d’Élodie Frégé, alors grande gagnante de la Star Academy. Il avait chanté en français avec un accent plus que discutable, genre de mec qui doit pas trop partager nos racines chrétiennes, donc sans doute un ami à Nadine. Et puis l’autre fois où la Pologne a présenté un semblant d’intérêt médiatique, c’était pour son annexion par l’Allemagne. Grosse ambiance.

Alors on dit merci qui ? MERCI KRZYSZTOF !

  1. Message subliminal : suivez-nous !
  2. Oui, on ne met pas les pieds n’importe où, hein. Donc ne nous cherchez pas au FN, et il fait trop froid dans les églises.
  3. Le contenu de cette phrase n’a pas été vérifié par notre stagiaire, mais en gros, je crois que c’est ça.

Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro-saint se borne à ne pas trop emmerder ses voisins.

La charte de la laïcité pourrait aussi s’appeler « charte de l’emmerdement minimum ». Si elle était vraiment respectée partout, quand un curé (ou tout autre responsable religieux, mais sur les questions que nous allons abordé aujourd’hui, c’est le catholique traditionaliste qui s’avère être particulièrement casse-bonbon) ouvre sa gueule, il ne devrait avoir comme réaction de la part des élus (et des salariés de la fonction publique en tout cas en ce qui a trait à leur job) qu’un bâillement poli. Hélas, treize fois hélas (rien à foutre des superstitions judéo-chrétienne, ce blog est athée, sachez-le), ce n’est que très rarement le cas.

Par exemple, des catholiques intégristes peuvent menacer des médecins (d’un hôpital public, donc salariés de l’Etat) et tout le monde s’en fout. Ne parlons même pas de la remise en cause perpétuelle, souvent par les mêmes allumés de la lanterne qui entre nous feraient bien d’aller s’enfiler dans le confessionnal, ça les détendrait, du droit des femmes à disposer de leur propre corps, les salopes.

Je vous épargne également1 la fin de vie. Sous prétexte de « protéger les plus faibles », une bande de dangereux illuminés (encore une fois, probablement les mêmes qu’avant mais n’excluons pas la possibilité que certains aient la connerie sélective) nous soutient que si on autorise l’euthanasie, c’est tout les vieux et malades qui vont être débranchés. Là il y a deux solutions, soit ils sont  cons et ne comprennent pas qu’il s’agit d’une possibilité et non d’une obligation et que non, on ne va pas les achever à la morphine s’ils développent un cancer de la prostate à moins qu’ils ne le demandent expressément soit ils se croient investis d’une mission divine par leur Dieu qui apparemment bien que tout puissant et ayant créé le ciel, la Terre, les hommes, l’univers et tout le reste (y compris les blattes et la poliomyélite, ce qui en fait soit un gros salopard soit un gros maladroit auquel cas on reconsidèrera son utilisation d’une bande de bras cassés à la matière grise atrophiée comme bras armé) aurait donc besoin pour imposer sa vision aux hommes de douze pécores avec des pancartes et de moches tshirt. Jésus akbar.

Mais foutez-nous donc la paix bande de dégénérés du haricot. Quel genre de pervers êtes-vous donc pour vous occuper de ce qui entre ou sort de mon vagin ? Si je veux l’avis de quelqu’un sur la question, je demanderai l’avis d’un gynécologue, pas d’un siphonné de la cafetière qui a encore un ami imaginaire passé 40 piges. Et si par malheur une maladie mortelle, extrêmement douloureuse et/ou invalidante me tombe dessus et que je ne désire pas profiter de ma douleur physique jusqu’au bout merci bien, j’en discuterai avec des médecins, pas avec des cul-bénits qui feraient mieux d’employer le temps qu’ils passent à genoux à autre chose que prier, ce qui, encore une fois, les détendrait et nous ferait des vacances par la même occasion.

  1. Ce billet n’étant finalement qu’on longue prétérition.

Guide de survie si vous vivez sous le joug d’un tyran.

« Les hommes naissent libres et égaux en droit. Après ils se démerdent » disait Jean Yanne. Visiblement, soit vous vous êtes mal démerdés, soit vous n’avez vraiment pas de bol, toujours est-il que vous vivez à présent sous le joug d’un tyran. Alors que faire ? Résister ? C’est risqué. Fuir ? On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on trouve, la route de l’exil peut être longue et dangereuse et après tout vous n’êtes pas si mal ici, si vous faites profil bas, il se peut que l’épée de Damoclès ne s’abatte pas sur votre petite nuque. Il ne vous reste qu’une seule solution : servir.

Bien que notre rédaction soit située en zone libre, nous ne sommes pas dénués d’empathie et nous savons que la notion même de service peut-être douloureuse pour l’égo. Rassurez-vous, notre zone libre et humaniste est aussi dénuée de mépris de classe. Après tout, Mary Poppins était domestique pour les Banks et Tony Micelli faisait le ménage pour Angela Bower. Qui songerait à mépriser ces figures emblématiques de nos enfances1 ? Servez donc et allez-y à fond et de bon coeur, car c’est à cette seule condition qu’un esprit de camaraderie2 entre compagnons d’infortune pourra s’installer. Et à partir de là, c’est que du bonheur.

Vous pourrez ensemble vous appliquer à dégommer ces charlots de journalistes qui font rien qu’à utiliser leur liberté d’expression pour vous opprimer, vous et vos frères. Et je ne vous parle même pas de ces salauds (parfois les mêmes !) qui tournent tout en dérision, et soutiennent que « rien ne doit entraver le droit à la caricature, fut-elle excessive » ? Non mais c’est vrai quoi, tous les jours3 c’est pour votre pomme ! Ils en ont pas marre ? Ils ont pas d’autres chats à fouetter ? Allez, faites-vous plaisir, tapez leur donc dessus, rien ne fédère tant qu’un ennemi commun, et puis de toute façon, c’est eux qui ont commencé, ils n’avaient qu’à ne pas écorner l’image de votre envoyé de Dieu sur Terre.

Si jamais vous vous essoufflez à taper sur de pauvres journalistes sans défense4, attaquez un peu leur public. Comment peut-il trouver ça drôle ? Vous-même n’avez jamais esquissé ne serait-ce que l’ombre d’un sourire face à leurs prétendues vannes. Ni votre intelligence, ni votre capacité à remettre les choses dans leur contexte, à comprendre la satire et l’humour doux amer, ni même votre manque total de référence culturelle pour comprendre certains traits d’esprit un peu poussés ne sauraient être remis en cause. Si des gens rient (ou apprécient, la satire ayant souvent pour but de provoquer davantage la réflexion que le rire, rappelons-le, c’est pas pour le temps que ça prend) c’est forcément que ces gens sont idiots.

Alors face à l’adversité, gardez donc la foi, oubliez les gens abandonnés en route, débranchez votre cerveau, ne remettez rien en question et suivez aveuglément le chemin qu’on vous indique. Après tout, pour 250 millions, c’est bien le moins qu’on puisse vous demander5.

  1. Mais peut être que je vous parle là d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
  2. Et le syndrome de Stockholm
  3. Ok une fois de temps en temps et encore, quand ça a du sens dans l’actualité du moment, mais on va pas chipoter.
  4. Attention aux lunettes quand même, ça casse.
  5. Je parle bien évidemment de ça. Qu’est-ce-que vous aviez compris ?

Un temps de Bolloré

« Un temps de président » était diffusé hier. Pendant six mois, Yves Jeuland a suivi François Hollande. Imaginez s’il avait fait pareil, mais avec Vincent Bolloré. On l’aurait vu, parcourir les couloirs de Canal Plus, licenciant des gens par ci par là, censurant des documentaires qui ne l’arrangaient pas, collant des émissions en crypté parce que pourquoi pas1, jouant au taquin2 avec les présentateurs des divers programmes, bref, emmerdant le monde. Puis il serait rentré dans les bureaux des Guignols, aurait fait un foot avec la tête de PPD avant de licencier toute l’équipe.

On l’aurait retrouvé, quelques semaines plus tard, à son ordinateur, en train de faire une petite revue de presse rapide, car Vincent est un homme moderne, il aime se tenir au courant de la marche du monde pour savoir à qui fourguer des voitures électriques la semaine prochaine, pour tomber là dessus :

Là il serait devenu tout rouge, puis tout vert, puis tout violet, comme s’il s’étouffait avec un os de poulet, ou de caille, on n’est pas chez les prolos. Pour se défouler, il aurait licencié une paire de grouillots qui passaient par là avant de déclarer à son conseiller en communication3 « Celle-là, tu me la vires ! » Ça se passe comme ça chez Bolloré.

Quelques jours plus tard, alors que notre ami Vincent croit qu’il a enfin réglé tous ses problèmes d’opposition, rebelote ! Alors là, il craque, pique une grosse colère, tape des pieds, fait pipi par terre, se roule dedans et se met à gueuler façon roi Burgonde de Kaamelott :

Et avant même que son conseiller en communication n’ait eu le temps de lui apporter un costume propre pour son entretien au CSA, il pète un plomb, vire le personnel de la cantine qui n’y étaient pourtant pour rien, et décide que puisque les licenciements sont sans effet sur les esprits rebelles (voir le sondage sur la droite pour savoir où est passé l’esprit Canal) il va abrutir les masses à coup de télé médiocre et file 250 millions à Hanouna pour qu’il continue à faire faire la chenille aux anciens ministres de la culture.

Le documentaire se terminerait sur Bolloré à son bureau. Devant lui une télé allumée, sans le son, sur une scène de Touche Pas à Mon Poste4 particulièrement débile. Il prendrait alors son téléphone, gros plan sur l’écran sur lequel s’affiche « Paul Bismuth ».

Fin.

  1. Effet Papillon, je continuerai à penser à toi tous les dimanches et à t’aimer malgré les obstacles que ton patron veut mettre entre nous.
  2. Le puzzle hein, pas le mec, puisque le mec taquin est, par définition made in Larousse, « sans méchanceté ».
  3. On imagine que, comme Hollande, il en a un, mais on visualise plutôt Smithers des Simpsons.
  4. Et ne touche pas non plus à ta télécommande, si tu changes de chaine, on pourra pas vendre ton temps de cerveau disponible à Coca.

Et vive la natur-han !

Cher(e)s lecteur(ice)s (oui je mets ça au pluriel, ma première qualité c’est l’optimisme, et je mélange les genres, ma seconde c’est l’audace), il faut que je vous confie un truc : toute cette semaine « Manif pour tous », mes collègues à lunettes m’ont profondément choquée1.

Du lundi au samedi, que ce soit pour parler de leur université d’été, de leurs idées ou de leur musique2, ces enfoirés de co-rédacteurs n’ont fait que se moquer des manifestants pour tous, sans la moindre trace d’empathie, sans tenter un instant de les comprendre. Alors en ce dimanche, jour du seigneur, qu’ils sont persuadés être leur grand copain, je me dévoue et vais jouer la carte de l’argumentation posée, revenant cette logique imparable du Manifestant pour sa gueule Tous qui justifie son besoin d’aller dans la rue contre les droits des LGBTQ : l’homosexualité, c’est contre-naturhan !

Quand bien même ce serait effectivement le cas, mon premier réflexe serait de répondre que bon, la Nature, c’est sympa 5 minutes, mais jusqu’à ce qu’on invente la pénicilline, elle voulait qu’on crève à 30 ans. Connasse va. Dire que je vote Vert depuis 10 ans. Sauf qu’à l’inverse de mes belliqueux collègues, j’ai justement tu ces premiers réflexes de contradiction et suis allée vers la compréhension. J’ai donc cherché à savoir comment nos Manifestants en étaient arrivés à cette histoire de contre-nature en premier lieu, nobostant ce faisant tout un paquet d’indices prouvant que si si, le comportement homosexuel existe dans la nature, et n’est donc pas une pure construction sociale3. Après enquête minutieuse, à table, un jour du Seigneur, auprès de concernés (je ne veux pas vous faire peur mais on en a tous un ou deux dans la famille, que Frigide et Ludo ont poussé au coming out) le raisonnement semble être le suivant : l’acte homosexuel est contre-nature car il ne permet pas la reproduction.
Ce qui tend à penser que tout Manifestant Pour Tous :
1] Pratique le coït exclusivement en position du missionnaire4  les jours d’ovulation de la femme et uniquement s’ils désirent faire un bébé (fenêtre d’opportunité quelque peu étroite mais qui explique leur besoin de s’occuper autrement le dimanche) ou
2] a beaucoup, beaucoup d’enfants.

Je vais vous épargner le couplet sur les Manifestants Pour la Nature mais Stériles qui devraient donc être abstinents, parce qu’au moment où on démonte cette logique première en démontrant donc que l’homosexualité existe dans la nature, celui-ci explicite ce dont on se doutait mais que l’on niait par mauvaise foi (pun intended) : par « la Nature », il faut comprendre « Dieu ».

Car oui, tel un Terrence Malik sniffant de la palme d’Or, le Manifestant Contre Ceux Qui ne Lui ont Rien Demandé superpose Nature et Puissance Céleste, okay, les animaux sont gays, mais c’est parce qu’ils sont inconscients de l’existence de Dieu. L’homme l’est, lui, or c’est écrit dans la Bible ; l’homosexualité, c’est mal5.

Dans cet esprit de tolérance et de compréhension qui est donc le mien ce dimanche, je vais libérer tout ce petit monde d’une névrose qui ne pourrira ainsi plus que la vie des curés : s’Il existe tel quel, le Dieu Auquel vous croyez vous autorise à coucher hors tentatives de reproduction. Vraiment. Car quitte à prendre (pun unintended) Son Bouquin au pied de la lettre, rappelez-vous aussi ce détail : Dieu ne se plante pas. Dieu vous a fait à son image….

... un jour où il était mal réveillé, clairement, m'enfin c'est pas la question

… un jour où il était mal réveillé, clairement, m’enfin c’est pas la question

… et donc, Dieu vous a fait parfaits. Or, dans son infinie sagesse, il a voulu que les organes exclusivement dédiés au plaisir ne soient, que ce soit chez l’homme ou la femme, absolument pas impliqués dans le processus reproductif6. Et d’ailleurs, quand on se penche (pun toujours unintended, promis) sur le cas de l’homme, et sur la meilleure façon de stimuler ledit organe… on ne peut soulever que deux hypothèses :

– soit Dieu a décidé qu’entre votre naissance passablement peu ragoutante, vos premières dents douloureuses, une adolescence boutonneuse, les impôts à payer, vos beaux-parents manifestants pour tous ou pas à vous taper le dimanche, le chien à sortir, les calculs rénaux, les régimes sans gluten et votre mort, vous aviez droit à un peu de bon temps

– soit Dieu est le plus grand Troll de tous les Trolls.

10 points pour Griffondor si tu as la référence.

10 points pour Griffondor si tu as la référence.

Ça doit être mon côté agnostique mais personnellement les deux me réjouissent beaucoup. Du coup je vais re-voter Vert.
La Nature est vraiment trop bien faite.

  1. Y’en a même un qui m’a piqué un pain au chocolat.
  2. Non là je mets pas de lien. Pardon Lambegue mais si le player de leur merde se lance tout seul une fois de plus je ne réponds plus de rien
  3. A l’inverse, au hasard, du mariage. Ou même de la monogamie
  4. Quoique la levrette ça fait plus nature non ?
  5. Lévitique chapitre 18, verset 22. Le meilleur bouquin de la Bible puisqu’il t’explique aussi que tu peux avoir des esclaves s’ils sont étrangers ou qu’il faut tuer les gens qui bossent le samedi. Macron doit être moyen fan
  6. Remarquez d’ailleurs comme les nombreux religieux déjà convaincus de la chose sont ceux qui ne vont PAS aux Manifs pour tous

Où on apprend que Boutin n’est pas la dernière et qu’installer une VMC peut sauver des vies.

J’allais vous écrire un billet super, avec une mise en situation loufoque et délirante, un truc brillant quoi, puis j’ai rouvert l’article que j’avais repéré hier et sur lequel je comptais m’appuyer pour découvrir que … c’était un fake.

Epic Fail.

Epic Fail.

Je me retrouvais donc sans sujet, obligée de me rabattre encore une fois sur la Manif Pour Tous (j’y peux rien si c’est une valeur sûre !). En plus ils sont en plein tour de France1 alors je me suis dit que ce serait bien étonnant qu’ils n’aient pas dit une connerie. Et puis non. Enfin, ils disent des conneries, mais les mêmes que d’habitude et à force, c’est plus drôle. Y’a bien ça :

2 anssauf qu’à part « mais que quelqu’un leur donne une chaise » ça m’inspire pas grand chose. La vérité, c’est qu’en cherchant un truc drôle à vous raconter, je suis tombée sur des images d’exécutions de Daesh2 et à côté de ça, les Veilleurs debout plantés comme des navets, les pasteurs américains vociférateurs ou la Manif Pour Tous passent un peu pour des guignolos. Enfin plus que d’habitude je veux dire. Au final tu as juste un peu envie de leur dire d’aller tirer un bon coup et de se détendre. Sauf qu’on a appris il y a peu que Christine Boutin n’était pas la dernière (sautez3 directement à 10’30) et là je perds tous mes repères.

Je voulais que ce dernier billet pré-vacances soit un feu d’artifice de conneries et je me retrouve avec un pétard mouillé et une image mentale de Christine Boutin en pleine cousinade !

Oh mon dieu mais … Se pourrait-il que ce soit …


4Noooooon ! Allah sait mieux et il est rentré par la fenêtre de la salle de bain, que j’avais laissée ouverte pour chasser l’humidité, afin de me remettre dans le droit chemin et me détourner de l’humour. Et là je réalise que je ne gagne même pas de salaire, ni licite, ni illicite et que de toute façon je suis athée. Je crois que je me suis faite avoir. Remboursée !

  1. Mais pas à vélo, les pédales, très peu pour eux.
  2. Chez une catholique intégriste, visiblement l’intégrisme c’est comme les enfants qui sont comme les pets, on ne supporte que le sien.
  3. NON PAS CHRISTINE BANDE DE MARTEAUX !
  4. Si vous êtes sur Twitter, je vous recommande vivement de suivre ce formidable compte.