La réponse du troll à lunettes à la réponse du berger à la bergère

Mon cher Éric Emmanuel-Schmitt,

Bon, globalement, j’aime beaucoup ce que vous dîtes. J’ai pas lu beaucoup de vos bouquins, mais l’envie de le faire m’a titillé plus d’une fois. Je vous suis sur Facebook, vous y dîtes des choses plutôt intelligentes, vous faîtes notamment parti de ces gens biens qui disent « Journée Internationale des Droits des Femmes » (et non journée de la femme vafairelavaissellechériemerci). Du coup, j’aime lire vos jolis posts, parfois un peu démagos (le post sur la pseudo-réforme orthographique est un bel exemple en la matière), parfois agrémentés d’une illustration qui aurait bien pu venir de Démotivateur ou autre poubelle d’internet (vous aviez d’ailleurs récupéré directement une photo de la page Facebook Saviez-Vous Que ?, pratique relativement discutable). Mais vraiment, j’aime vos mots. Les quelques lignes que vous aviez publiées après le 13 novembre m’avaient marqué par leur justesse et leur beauté.

Mais là, vous m’avez déçu.

L’objet du délit ? Cette publication postée hier, nommée énigmatiquement La réponse du berger à la bergère, en réaction à la une polémique (et l’expression relève ici du pléonasme) de Charlie Hebdo.

L'objet de la discorde

L’objet de la discorde

Vous le rappelez vous-même dans votre post, cette une problématique nous montre le chanteur Stromae fredonner son célèbre « Papa, où t’es ? », fredonnement auquel répondent les membres d’un corps, séparés les uns des autres. Et quel est le souci ? Ce n’est pas drôle. Pire, ça fait pleurer ? Ca fait pleurer les familles des victimes, et peut-être même Stromae lui-même, qui a perdu son père dans le génocide rwandais.

« On doit rire de ce qui nous fait pleurer – c’est même la fonction de l’humour – mais on ne doit pas faire pleurer en prétendant faire rire. », dites-vous en grand théoricien de l’humour. Ah, l’éternel sermon du « ce dessin est nul car il ne fait pas rire »… Merci de m’offrir une nouvelle occasion de le démonter, en toute modestie.

Très clairement, Charlie aurait pu faire une une beaucoup plus soft qui lui aurait attiré beaucoup d’amis. D’ailleurs, dans ma grande bonté, je leur avais proposé celle-ci, qui a été accueillie avec une certaine perplexité.

Avec, en page 3, une citation du Dalaï-Lama.

Avec, en page 3, un autre dessin EXCLUSIF de colombes !

Bah dis-donc, Manou ! C’est pas très Charlie, ça ! Vous qui, j’en suis certain, avez marché le 11 janvier, vous auriez pu faire un effort pour vous interroger un peu plus sur ce qu’est Charlie, non ?

Surtout que bon, c’est pas comme si c’était la première fois que Charlie nous faisait le coup. On avait déjà eu le droit à un dessin assez provoquant de la part de Riss sur ce que serait devenu le petit Aylan s’il avait grandi1. Un dessin monstrueux, qui avait fait pleurer le père du Aylan en question.

Et pourtant, Charlie faisait comme avant : il démontait les symboles.

L'objet de la discorde (le retour)

L’objet de la discorde (le retour)

L’idée n’était pas d’aller pisser sur le petit corps mort d’Aylan Kurdi, mais plutôt de se moquer (avec un redoutable cynisme) des dirigeants européens qui avaient ENFIN décidé d’ouvrir leurs frontières APRÈS cette photo. Pourtant, des migrants morts, il y en a vraisemblablement tous jours. La mort du pauvre Aylan n’était pas quelque chose de nouveau. Mais Aylan fut médiatisé, et c’est en quelques sortes grâce à cette mort que nos très courageux politiques européens ont décidé de reconnaître que le devoir moral leur imposait d’ouvrir leurs frontières.

Sauf que c’est plus simple, apparemment, de dire que Charlie est raciste islamophobe pas drôle inhumain. Et attention, selon un sondage de inventonsleschiffresquinousarrangent.com, 96,4% des gens qui annoncèrent qu’ils n’étaient plus Charlie (leur « incharlisme », quoi) à la suite de cette une avait marché le 11 janvier. Pour aller plus loin, je vous recommande vivement la lecture de ce post signé Caroline Fourest, qui demande certes un effort d’honnêteté intellectuel, mais vous en êtes capable et je le sais, monsieur Schmitt !

La une qui suit les attentats belges suit la même logique. Elle choque, elle gêne, elle crée le malaise. Et elle détruit le symbole. Elle en profite pour nous rappeler que, pendant qu’on active nos safety check (ça sert à indiquer qu’on est en sûreté sur les réseaux sociaux), pendant qu’on prie pour Paris et Bruxelles, pendant que les médias enchaînent les éditions spéciales plus ou moins stériles2, tandis que les politiques de tout bord récupèrent ces événements tragiques (réclamant la peine de mort pour des kamikazes, et la déchéance de nationalité pour des français) on se soucie un peu moins des morts qui s’éloignent trop de nos frontières. Le compte Twitter du Pape nous informe avec joie que « la lumière a vaincu la haine », le jour où 67 pakistanais chrétiens, dont beaucoup d’enfants, sont tués par un kamikaze taliban. Les colombes, ça va bien deux minutes.

Quel plus beau message d'amour pour la belgique que celui de Coco ?

Quel plus beau message d’amour pour les belges que celui de Coco ?

En résumé, l’humour noir n’est pas là pour vous faire rire. Au contraire, il sert à vous gêner, il crée le malaise et il interroge. Ce n’est pas la une d’un journal satirique jouissant d’une popularité imprévue qui est violente. Ce qui est violent, c’est de débarquer dans les locaux d’un journal et de tuer 12 dessinateurs. Ce qui est violent, c’est de prendre en otage et de tuer des juifs. Ce qui est violent, c’est de tirer sur les spectateurs d’un concert, sur des gens posés sur la terrasse d’un café pour fêter un anniversaire. Ce qui est violent, c’est de se faire exploser au milieu d’une station de métro, d’une gare, d’un lieu public, d’une rue. Ce qui est violent, c’est la mort des migrants sur nos côtes à cause de notre manque de courage politique. Ce qui est violent, c’est le génocide rwandais.

Merci d’éviter de vous tromper de cible, c’est pourtant pas très difficile.

Une dernière chose : personne ne vous oblige à être Charlie. Si votre défense de la liberté d’expression s’arrête aux portes de la provocation, et bah vous n’êtes pas Charlie. Et c’est pas grave, on vous en veut pas, c’est pas toujours facile non plus ! Mais dans ce cas arrêtez de vous forcer à regarder des unes que vous ne comprenez pas pour ensuite en faire un commentaire pas forcément utile, répétant avec une démagogie sans limite ce que tout le monde dit. Respectez-vous et respectez Charlie. Merci.

[Edit 1er avril 20h43 : Après s’être improvisé philosophe de l’humour, Eric a décidé d’être aussi un grand penseur de la liberté d’expression et de la spiritualité. Aussi a-t-il répondu sur Facebook à un internaute pointant du doigt l’aspect risible de son post ces quelques lignes : « Je pense – comme vous j’imagine – qu’il est inutile de blesser le cœur des gens. Dans le coeur, il y a l’histoire de chacun mais il y a sa spiritualité aussi. Là est l’intime. Donc je suis choqué qu’on se moque de la foi. Je reste d’accord pour que, par principe de liberté on puisse le faire, mais trouvé et attristé qu’on le fasse. Cordialement. E.E.S. ». Et bim ! 470 J’aime, presque autant que d’écoutes sur notre dernier podcast.

Premièrement, monsieur Schmitt, choquer les gens, même si ce n’est jamais agréable pour le choqué en question, c’est plutôt utile. Sans la photo d’Aylan, Angela aurait-elle ouvert ses frontières ? C’est le rôle du dessin satirique de choquer, désolé de vous l’apprendre.

Deuxièmement, toute cette histoire n’a rien à voir avec la foi, vous êtes à côté de la plaque.

Troisièmement, votre théorie selon laquelle la liberté d’expression doit être protégée mais ne surtout jamais être mise en application ressemble vaguement à une vaste fumisterie.

D’avance, merci d’arrêter vos bêtises, tout le monde vous regarde et vous êtes ridicule.]

  1. Pour mémoire, Aylan était un petit garçon syrien mort en fuyant la guerre.
  2. À ce sujet, je vous recommande très fortement cette courte vidéo très instructive sur le traitement médiatique des attentats.

Cette semaine en dictature socialiste

Les occasions de partir déprimer seul en ermite dans une ferme auto suffisante au fin fond du Larzac sont nombreuses. Celles de garder la pêche le sont moins. Ils restent néanmoins quelques bonnes nouvelles en ce bas monde. Cessons donc de nous demander si le verre est à moitié vide ou à moitié plein (de toute façon c’est simple, s’il était vide et que vous l’avez rempli à moitié, il est à moitié plein, s’il était plein et que vous en avez bu la moitié, il est à moitié vide auquel cas terminez le puis on verra pour le remplir si vous avez encore soif) cinq minutes pour regarder ce qu’il y a dedans. Car oui, il y a des bonnes nouvelles dans le verre et oui cette métaphore est au mieux acrobatique.

Par exemple, Nicolas Sarkozy est mis en examen. Quand on a appris ça à la rédac je vous raconte pas la grosse teuf dans le bureau. Lambegue a mis un petit chapeau en carton et a soufflé dans une langue de belle-même, L’Etagère a chanté Les Lacs du Connemara, Colin a dansé sur son bureau uniquement vêtu d’un boa en plumes et Barbara s’est coiffée. Rien que maintenant en écrivant ça, je galère parce que chaque fois que je pense « Nicolas Sarkozy est mis en examen » je fais une petite danse de la joie et j’aime autant vous dire que ça ne facilite pas la frappe de ce billet. Bon être mis en examen ne veut pas dire qu’on sera condamné et il est fort improbable que le procès ait lieu d’ici les présidentielles (et en tout cas certainement pas avant les primaires), mais ça fait quand même plaisir.

Encore plus rigolo, hier les cathos traditionalistes chialaient leurs mères.

Mais pourquoi ce brave garçon (qui est le rédac chef de l’Observatoire de la Christianophobie, tout un programme) se sent-il humilié et offensé dans son bain ? Pour tout savoir, remontons en Novembre 2012 : ce sont les débuts des débats sur le mariage pour tous, et du coup les débuts des manifestations contre. Les Femen débarquent à la manif contre (et pas à la contre manif, tâchez de suivre) déguisées en bonnes soeurs avec des slogans aussi provocateurs que « In gay we trust », « Occupe toi de ton cul » et « Fuck Church ». Du coup les cathos, ça les a vexés, les pauvres petits chatons malades, et paf ils ont fait un procès. Procès qu’ils ont perdu donc, d’où l’humiliation et l’offense. Et là vous avez sans doute deux questions : 1. Pourquoi dans son bain ? et 2. Ils sont pas un peu gonflés les mecs ? Pour la 1. je vous avoue que je n’ai malheureusement aucune réponse et pour la 2. … Ben oui, c’est bien pour ça que c’est drôle. Les mecs vont manifester contre le mariage pour tous parce que deux hommes ou deux femmes qui se marient, c’est une abomination (coucou Christine !) et une insulte à la famille, quelqu’un vient leur dire de se foutre leur homophobie au cul et ils chialent qu’on les a insulté. C’est comme ce môme super chiant à l’école, qui vous foutait des coups de pieds pendant une demi heure et quand vous en aviez marre et que vous finissiez par lui foutre un coup de coude allait chialer dans les jupes de la maîtresse en bavant copieusement et avec des torrents de morve qui lui sortaient du nez. Bref, le juge leur a dit de péter un coup et de se détendre (je schématise à peine) et c’est très drôle.

Rajoutez à ça une petite perquisition au siège du FN et vous admettrez que le verre n’est pas si vide. Alors ressers-toi, ami lecteur, et fais donc tourner la bouteille.

En rose et bleu, j’ferai des reprises.

Résumé des épisodes précédents : Ivre, Fanette a décidé d’aller voir de l’intérieur à quoi ressemble une sauterie de La Manif Pour Tous elle y a vite constaté que la radicalisation c’était aussi en rose et bleu, puis a pu voir un sketch exclusif d’Albé et Ludo qui faisaient la première partie de Wall, Val et Nico. Que du fun donc.

Pour la fin de ce rendez-vous en terre inconnue (et je réalise que j’ai oublié de vous parler de Pécresse qui est contre le suicide assisté parce que son Papounet est psy et qu’il a déjà eu des suicidaires qui ont repris goût à la vie … Qui sait, peut-être les cancéreux reprendront goût à leur cancer et décideront finalement d’en profiter jusqu’à la dernière seconde), c’est Ludo elle-même qui a fait les rappels. Avec un succès beaucoup plus mitigé qu’au début. En effet, une partie de son fan club, s’était déjà barrée (comme dans les vrais concerts donc, y’a toujours des mecs qui partent avant les rappels, je ne comprends pas).

Ce débat s’était ouvert par un « bouuuuh la gauche qui vient pas répondre à nos questions et refuse le débat démocratique ! » Il s’est terminé par un petit récapitulatif des « victoires » de La Manif Pour Tous1 dont une loi mise en stand-by, d’après Ludo « grâce » à eux : « tant nous avons soumis et fait soumettre d’amendements et des dizaines et des centaines d’amendements pour empêcher le débat parlementaire. »

Attendez une seconde… Les parlementaires, ils sont élus, au suffrage universel. Direct pour l’Assemblée Nationale (qui a le dernier mot, le Sénat faisant quand même surtout décoration). Il n’y a pas plus démocratique et légitime que l’élection de nos députés (à part peut-être l’élection de nos autres représentants, mais le côté collégial de l’Assemblée Nationale évite davantage de dérives). Dites donc les « mon cul sur la commode » là, qui gueulez que bouh la méchante gauche qui vient pas débattre avec nous qu’elle est pas démocratique la salope, vous viendriez pas d’avouer que la démocratie vous vous la taillez en biseau et vous vous la carrez bien profond (faites gaffe quand même, ça peut faire mal) ? Vous le savez que la démocratie c’est pas seulement pour les gens qui sont d’accord avec vous ? Vous nous prendriez pas un tout petit peu pour des cons ? (Indice chez vous, la réponse est oui).

Après ce petit aveu de déni de démocratie, Ludo nous a parlé de la « campagne de Gay-Prides » et de la « semaine LGBT militante » d’octobre. C’est rigolo parce que la description de leur groupe c’est ça :

La Manif Pour Tous est un mouvement spontané, populaire et divers qui s’oppose à la généralisation de la PMA, à la GPA (mères porteuses), à l’enseignement du concept de genre tout en condamnant toute forme d’homophobie.

Alors visiblement, l’homophobie ils condamnent, mais pas au point de trouver qu’il est légitime de descendre dans la rue pour lutter contre. Je pense qu’à chaque agression homophobe, on devrait tous leur demander de se désolidariser. Comme les sympathisants de La Manif Pour Tous se superposent à peu près avec les tarés qui demandent aux musulmans de se désolidariser des attentats, ça fera d’une pierre deux coups et ça sera d’autant plus rigolo.

Puis, quand Ludo a eu fini de faire du bruit avec sa bouche, ils ont chanté la Marseillaise (à laquelle ils n’ont visiblement rien compris, puisque le sang impur est celui des abominables pervertis et pas celui du club des balais dans le cul, mais ma foi s’ils pensent que ce sang impur qui abreuvera nos sillons est le leur, qu’ils le versent pour leur cause, on les regarde2) et une reprise d’Edith Piaf3 qu’ils avaient sur leurs écrans géants en version Karaoké (et qui a dû faire se retourner la pauvre femme dans sa tombe) :

A la sortie, des bénévoles faisaient la manche, il faut bien rentabiliser la location de la salle, et je me suis retenue de cracher dans leurs paniers de quête (ok en vrai j’étais trop pressée de rejoindre le monde civilisé). A la place et pour me remettre de mes émotions, j’ai bu de la bière, dormi 12h d’affilée puis bu un peu de vin pour faire bonne mesure. Il faut ce qu’il faut.

Voilà, c’est tout pour cette petite (…) pérégrination. J’espère que vous ressortez de ce « là où je t’emmènerai » divertis (et même, soyons fous c’est vendredi, informés !), si c’est le cas … bah déjà, ne soyez pas timides, dites le parce que ça fait toujours plaisir les compliments et surtout n’hésitez pas à partager (y’a plein de boutons tout exprès en dessous).

  1. Quand Colin aura à nouveau un pc en état de marche (envoyez vos dons) je l’enverrai vous faire un petit fact checking sur certaines intox de la Manif Pour Tous, ça sera rigolo.
  2. Un jour, Colin vous parlera aussi de la fois où une ou deux d’entre eux ont tenté une grève de la faim.
  3. Bon en vrai là il restait trois gugus, dont un quand même qui chantait la main sur le coeur et qui m’a un peu fait flipper.

« Le genre, c’est caca boudin ! »

Episodes 1, 2 et 3

Nous arrivons donc au moment crucial de ces questions pour un … Président de région. Qui a dit « Champion ? » Notez que, ça ne m’étonnerait pas que ce soit effectivement une référence vu qu’ils ont tous l’air d’habiter le salon de ma grand-mère, mais passons. Les questions étaient « posées » par Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef à Valeurs Actuelles, le journal tout juste bon à remplacer le moltonel en cas de détresse, et fanboy ultime d’Eric Zemmour. Sans rire, je pense qu’il a les posters dans sa chambre. Et là, vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai mis des guillemets à « posées » eh bien c’est parce que dans la mesure où les candidats avaient manifestement les questions à l’avance, un stagiaire avec une fiche aurait aussi bien pu faire l’affaire ou alors ils auraient pu fournir aux candidats un plan de discours construit autour de ces questions, on aurait à peine perdu en dynamisme. Car Geoffroy Lejeune, en plus d’être moins impertinent qu’un caniche abricot neurasthénique n’est pas non plus hyper rock’n’roll. Bref, il sert à rien à part à écrire des livres à la gloire de Zemmour. Il sert à rien donc.

Je ne parlerai pas du contenu des discours (peut-on vraiment parler de débat ou même juste d’échange quand on discute avec une plante verte ?), parce que, soyons honnête, on s’en fout. Enfin… ils ont quand même dit quelques conneries grosses comme eux et ce serait dommage de passer à côté.

Wallerand de Saint-Just, par exemple, a déclaré : « Mon programme fait 84 pages. C’est pas parce que mon programme fait 84 pages qu’il est bon mais néanmoins vous pouvez constater que j’ai travaillé. » Voilà donc je pense que la prochaine fois que j’envoie mon CV, je fais une lettre de motivation de 84 pages que je conclus par « constatez que j’ai travaillé ». C’est obligé, ça va marcher.

Notons également que Wallerand de Saint-Just1 est passé pour un mec modéré. En effet, il s’est fait hué par les militants car il refusait… de supprimer les subventions du planning familial à l’instar de Marion Maréchal nous voilà Le Pen. Pour ceux qui seraient pris d’un moment de doute, je vous confirme : nous sommes bien en 2015.

Valérie Pécresse n’était pas en reste sur la connerie. On peut même dire qu’elle a sorti un nouveau tube en évoquant « le choix de Sophie » sur la scolarisation des enfants. En effet, certaines familles n’ont pas assez d’argent pour placer tous leurs rejetons dans le privé (quand t’en a 8, ça chiffre vite, faut admettre) et se retrouvent donc à faire des « choix de Sophie » pour décider qui ira dans le privé et qui ira dans le public. Mais enfin, qu’est ce qu’on fait de si horrible de nous jours aux enfants dans l’école publique ? C’est quand même pas cette histoire de « théorie du genre » qui lui fait comparer l’école publique aux chambres à gaz ?

ca va pas du tout ma cherie

C’est trop grand pour toi ce point Godwin voyons !

Petite parenthèse en parlant de cette théorie du genre2 c’est une telle obsession chez eux que j’ai eu l’impression que tu pouvais récolter une standing ovation juste en criant « Le genre c’est caca boudin ! ». Pensez-y si jamais un jour vous avez besoin d’un gros boost d’égo. Ne me remerciez pas pour le conseil, c’est cadeau pour les fêtes, ça me fait plaisir.

Notons tout de même qu’au grand jeu de « qui veut gagner des électeurs », Nicolas Dupont-Aignan est sorti vainqueur. Parti derrière Valoche à l’applaudimètre au début de cette petite sauterie, il terminera bon premier. Je ne sais pas s’il a raflé des électeurs à ses concurrents ou s’il a juste convaincu les indécis, mais le fait est que c’est bien le seul à ne pas avoir perdu son samedi après-midi, je l’applaudirai bien moi-même, mais j’ai froid là j’ai mis des moufles. Et tout ça en disant les mêmes conneries que les autres (à savoir « aidons les écoles privées » et « le genre c’est caca » donc). De là à dire que mes nouveaux amis ne font pas des masses usage de la matière gélatineuse qu’ils ont entre les deux oreilles, il n’y a qu’un pas, que je franchis allègrement, c’est bientôt le week-end, j’ai le droit de faire du mauvais esprit et en plus ce meeting m’a sérieusement attaqué le moral. Mais, courage mes braves, c’est presque fini, demain je vous debrief le discours de clôture de Ludo, et en prime, y’aura une chanson !

  1. Le candidat FN, pour ceux qui ne sont pas franciliens (vous avez vu, j’ai pas dit « pour les provinciaux ! »)
  2. Qu’ils prononcent « jore » parce qu’en plus de ne pas savoir ce que c’est, ils ne savent pas le prononcer, chantons donc un peu de Brassens tous ensemble si vous le voulez bien.

Le facho comedy club.

Si vous avez raté le début de cette magnifique épopée :
Episode 1
Episode 2

Nous arrivons donc au moment le plus … Je dirais bien le plus bizarre, mais Valérie Pécresse ayant atteint le point Godwin à propos du coût de l’école publique (nous y reviendrons), je ne crois pas que le mot soit bien choisi. Disons qu’à ce moment là, je pense, naïve que je suis, que le point d’orgue sera ce discours. Et de fait, il a son lot de perles.

Ludo est donc sur scène, elle a son micro, elle va ouvrir sa bouche et des mots vont en sortir, le suspense est à son comble, quelle énormité va-t-elle bien pouvoir nous sortir ? Vas-y Ludo ! Donne tout !

singing-ludo

« La nation est une famille de familles ».

OH PUTAIN ELLE Y VA FORT ! Rappel : pour eux la famille c’est « Papa, Maman et leurs enfants ». Donc si tu es célibataire, en couple hétéro sans enfants ou en couple gay (avec ou sans progéniture), tu ne fais pas partie de la nation. Et comme ça, d’un seul coup, Ludo renvoie la moitié de la population (à la louche mais vu le nombre de divorces, je pense que ça fait à peu près ça qui ne rentre pas dans les clous) à une catégorie « citoyens de seconde zone ». Enfin, de seconde zone, même pas étant donné qu’ils ne font carrément pas partie de la nation.

Et ce n’est pas une maladresse ni rien : elle nous expliquera plus tard dans ce discours que « la famille c’est la cellule de base de la société ». Bon bah les gars, en tant que célibataire sans enfant, je vous annonce que je ne fais pas partie de la société. A ce titre, je demande à ce que me soient rendus tous mes impôts (y compris la TVA) et toutes mes cotisations. Je ne vois pas pourquoi je contribuerais à un truc dont je ne fais pas partie. Enfin je ne fais pas partie de sa cellule de base, peut-être puis-je prétendre à celui d’atome, il faudra que je pense à me renseigner.

Sinon un moment j’ai eu une petite lueur d’espoir, j’ai cru que Ludo était en train de faire une vanne. Elle a commencé par « Monsieur Hollande ne sait pas ce qu’est le mariage… » Et là j’ai vraiment vraiment pensé que ça allait s’enchainer par une blague sur Julie Gayet « … puisqu’il a voulu le transformer pour l’ouvrir à des couples qui ne peuvent pas fonder une famille. » Merde, raté.

Donc on en revient à ce point où on annule les mariages des couples stériles ou pas ? Puis d’ailleurs, puisqu’elle fait référence au mariage entre couples de même sexe que c’est contre nature-han non seulement François Hollande a voulu le leur ouvrir, mais en plus, il a réussi. Je suis très inquiète, je crois que Ludo vit dans le déni. Se rend-elle seulement compte que toutes les promesses d’abrogation qui peuvent être faites par la droite et l’extrême droite ne sont que des promesses creuses pour sucer les voix de son fan club ?1 C’est une chose d’être naïf mais à ce stade on frôle la pathologie.

Mais la star de nos manifestants, contrairement à ce que je croyais, n’était pas Ludo. Non, c’était Albé. Vous connaissez Albé ? Albéric Dumont ! C’est lui :

alberic_dumont_iafrate

Oui, je sais, il est beau, moi aussi j’ai des vapeurs là.

Et quand il arrive, le public est chaud comme une baraque à frites à Molenbeek2. J’en viens à me demander si les nanas que j’ai croisées avec un T-shirt « I <3 Albé » se touchent en pensant à lui. Et il fait du stand-up ce con ! C’est le Kev Adams des homophobes néo-réacs ! Je voulais vous mettre un lien vers son sketch, mais il est hébergé sur la chaine de « TV Patriote » avec un bandeau publicitaire et je refuse de générer du trafic chez ce genre d’individus, à plus forte raison si ça leur rapporte du pognon. Il va falloir vous débrouiller seul. Je vous aide un peu : essayez-donc de vous imaginer ce mec, faisant des vannes sur Claude Bartolone et encourageant son public à le huer (Bartolone hein, pas lui même, le masochisme c’est sans doute péché) puis introduire (au sens figuré parce qu’au sens propre, c’est sûr c’est péché) les participants au débat, à savoir Walleyrend de Saint-Just (youpi.), Valérie Pécresse (la joie m’étouffe.) et Nicolas Dupont-Aignan (debout la France qui est en couple hétéro et qui a des enfants). Vous y êtes ? Ça fait rêver hein ? Et encore, vous n’avez pas encore entendu les candidats ! Mais ça, je vous le garde pour demain.

  1. Un carambar à celui qui devine à quel dessin de Charb je pense.
  2. Expression trouvée telle quelle dans mes notes, je crois qu’à un moment et pour mesures évidentes de sécurité évidentes, mon cerveau s’est mis en alerte niveau 4.

La radicalisation en rose et bleu.

Si vous avez raté l’épisode 1 de cette expédition, c’est ici.

Après une attente trop longue et surréaliste dans le froid, puis une double fouille (d’ailleurs les hommes qui fouillent les hommes et les femmes qui fouillent les femmes ils ont pas peur que ça réveille quelque exotisme enfoui ?) et un passage au détecteur de métaux qui a dû sonner une paire de fois vu que plusieurs participants étaient en âge d’avoir des hanches en titane, j’ai enfin pu pénétrer sur le théâtre des opérations. Et la première chose que j’ai pensé en rentrant dans la salle c’est « mais ces gens sont en train de se radicaliser ! ». J’ai rapidement pu me rendre compte que la plupart n’étaient en train de rien du tout dans la mesure où le travail était déjà achevé.

Pour vous donner un idée du tableau : des drapeaux posés sur les chaises, une musique trop forte pour réfléchir, des vidéos à leur gloire (des extraits du JT de France 2, c’est bien la seule chose qui m’empêche d’appeler cela de la propagande, je ne suis pas sûre qu’on puisse dire que le service public fourni de la propagande pour lobby) et de désinformation sur ce qu’est la « théorie du genre » une des pierres angulaires de leur mouvement à laquelle, manifestement, personne n’a rien compris1.

Plus tard, je verrai trois (ou quatre ?) personnes fondre sur trois femmes devant moi. Sur le coup je crois que quelqu’un fait un malaise mais elles seront en fait expulsées manu militari par un service d’ordre, heureusement moins vaillant que celui en service le 1er mai à la sauterie de leurs copains du FN, sans que je ne puisse comprendre pourquoi alors que je suis juste derrière et bien plus occupée à observer mon entourage que ce qui se passe sur la scène. La dame devant moi semble tout aussi perplexe. Quelques minutes plus tard, quelqu’un viendra expliquer à leurs voisins (qui n’avaient donc rien percuté non plus) qu’elles posaient des problèmes. Lesquels ? Je ne le saurai qu’en rentrant.2.

J’avais moi même l’impression qu’ils me zonaient pas mal autour (j’avais envoyé plusieurs tweets moqueurs dont certains ont été relayés par des comptes avec lesquels ils ont l’habitude de se friter et j’étais une des rares personnes à ne pas lâcher son portable). Après l’expulsion des demoiselles, j’ai coupé Twitter (espérant que, si j’étais en effet repérée, ils penseraient que les tweets venaient de l’une d’elle) et de fait après un quart d’heure, la sécurité s’est éloignée de moi pour reprendre une place plus naturelle. Hasard et parano ou pas, je ne le saurai probablement jamais.

Plus tard encore, Nicolas Dupont-Aignan remerciera La Manif Pour Tous de l’avoir invité à leur « débat ». Un jeune homme devant moi dira un peu fort (et à raison) « C’est pas un débat. » et sera vite ramené au silence par ses camarades. S’agissait-il d’un autre groupe d’infiltrés ? Avaient-ils peur de se faire chopper par le politburo ? D’autres questions qui resteront sans doute sans réponse, mais dans tous les cas ce n’est pas rassurant.

Mais reprenons le cours chronologique de ce récit. Je suis donc dans un univers en rose et bleu (drapeaux, vidéos, lumière, s’ils ne louaient pas les chaises directement auprès de la salle, je pense qu’ils les auraient assorties) quand tous à coup la foule se met à scander « Ludo ! Ludo ! Ludo ! Ludo ! » Ludo n’est ni un chanteur de rock, ni un footballer et d’ailleurs malgré son diminutif trompeur, c’est une femme : Ludovine de la Rochère.

Like a virgiiiin ♪♫

Like a virgiiiin ♪♫

Il s’agit de leur gourou qui, grande dame scandera à son tour « La famille ! La famille ! La famille ! » un leitmotiv qui ne sera repris par personne mais aura au moins le mérite de les faire taire, lui permettant de se lancer dans un discours … que je vous raconterai demain !

En attendant, si vous souhaitez aller plus loin, je ne saurai que vous conseiller ce reportage en sous-marin aux universités d’été de la Manif Pour Tous.

  1. Si vous êtes vous même dans le flou, on demandera à Colin de vous faire un topo.
  2. Contenu abonné, mais l’aperçu suffira, je pense, à éclairer votre lanterne.

Ivre, elle décide de partir en exploration sociologique à une sauterie de La Manif Pour Tous.

La question que vous vous posez sans doute à ce stade est « pourquoi ? » et je n’ai pas d’autre réponse à vous proposer que « parce que ». J’avais envie de dépaysement et j’étais trop fauchée pour partir à l’étranger (encore que la SNCF me proposait un offre plutôt pas dégueu sur le Thalys avec le slogan « Bruxelles comme vous ne l’avez jamais vue » et comme je n’ai jamais vu Bruxelles, je me suis dit que je n’avais pas envie de la découvrir en alerte niveau 4) je me suis donc rendue dans le sud de Paris (que j’ai également découvert comme je ne l’avais jamais vu, REP A SA la SNCF) et je ne sais pas s’il serait opportun de dire que je n’ai pas été déçue du voyage.

Il y a pas mal de choses qui m’ont un peu fait halluciner (tellement qu’il me faudra plusieurs articles pour en venir à bout1) mais en y repensant, j’aurais du m’y attendre. Disons que certaines choses que ma foi en l’espèce humain et ma tendance à l’ironie et au second degré quoi qu’il arrive m’incitaient à prendre pour de la caricature se sont avérées ne pas en être.

Par exemple le mocassin à glands n’est pas une légende. D’ailleurs un garçon devant moi dans la file d’attente en avait, il a marché dans une flaque, eh ben vu sa tête j’aime autant vous dire que ce n’est pas étanche ces machins (et que l’eau était froide, mais en cette saison, on s’en serait douté). La dame derrière moi, interviewée par RMC (qui sont, de ce que j’ai vu, les seuls à avoir jugé opportun de venir faire un micro trottoir, ce qui encore une fois ne surprendra probablement pas grande monde) a déclaré que les Français se détestent et que c’est la faute de Hollande et de l’adoption homo2 et s’est étonnée un bon moment de ne pas voir Marie-Chantal3 sa « copine de Manif Pour Tous ».

– Dis donc, elle est sympa Charlotte tu l’as rencontrée où ?
– A un atelier peinture. Et avec Chantal, vous vous êtes connus comment ?
– En manifestant contre le mariage pédé.

Elle finira d’ailleurs par retrouver Marie-Chantal à l’intérieur. Elle était arrivée bien avant et quand même, ça l’étonnait aussi « Marie-Chantal : rater La Manif Pour Tous, c’est pas son genre4.

Notez que je ne devrais pas être trop dure avec cette dame, elle a aussi déclaré que ces meetings c’est l’endroit où « on se marre le plus ». Bon j’avoue, j’ai moi même pas mal rigolé dans cette file d’attente. Nerveusement surtout. Je passais mon temps à me cacher le nez dans mon écharpe en faisant semblant d’avoir froid de peur de me faire chopper en flagrant délit de fou rire nerveux/foutage de tronche. Faut dire que j’ai fait la queue presque une heure (en comptant la fouille qui ne servait à rien vu que sur les quatre poches que comptaient mes sacs, seules deux ont été fouillées et encore pas jusqu’au fond) et que pendant ce temps là j’ai eu le temps d’assister aux scènes et dialogues sus-mentionnée, de voir un mec, me rappelant vaguement cette dame qui vendait des glaces et du pop corn au cinéma quand j’étais môme, essayer de fourguer des goodies LMPT et le monsieur devant moi lui demander s’il avait des images pieuses (pour les curieux, la réponse est « non, les associations religieuses font ça mieux que nous »), d’entendre la dame de derrière déclaré qu’à LMPT « on est tous de la même famille » (je le savais qu’ils étaient consanguins !), de voir Frigide Barjot dédicacer un bouquin et de croiser une meuf avec un tshirt « I <3 Albé »5  et tout ça AVANT de rentrer.

Et ce que je ne savais pas encore, c’est que ce serait pire à l’intérieur. Mais la suite demain, si vous le voulez bien, il faut savoir ménager ses effets.

  1. Ce teasing de ouf !
  2. En y réfléchissant je ne suis pas sûre qu’elle ait dit ça au mec de RMC, mais enfin, elle l’a dit quand même.
  3. Les noms ont été changés, principalement parce que je ne m’en souviens pas et que ça n’a aucune espèce d’importance.
  4. Rappelons d’ailleurs que le genre c’est caca boudin mais cela fera l’objet d’un autre billet.
  5. Ce qui fera aussi l’objet d’un autre billet, car celui-ci commence déjà à s’éterniser.

La Vérité

Aujourd’hui, je veux vous révéler la vérité.

On les prend pour de simples réseaux sociaux, des innovations technologiques, rien de bien dangereux. Oh, il y en a bien pour dire que ces sites nous surveillent, mais c’est bien là l’intelligence de leurs créateurs : dévoiler une source d’inquiétude fabriquée de toutes pièces pour ne pas qu’on s’intéresse à la Vérité.

Et pourtant…Elle est là, sous nos yeux ! Regardez le symbole de Facebook :

Facebook

Et celui de Twitter ;

twitter

Vous voyez un F et un T, n’est ce pas ? C’est aussi ce que j’ai vu pendant des années, et c’est ce que les Grands de ce monde veulent que l’on voit. Mais la Vérité, c’est qu’il s’agit de CROIX TORDUES.

Oui, mesdames et messieurs, nous sommes bien face à des symboles de BLASPHEME de la FOI CHRETIENNE !

Piers Compton, dans son livre « The Broken Cross: Hidden Hand dans la Cité du Vatican », décrit ainsi la croix tordue :

.. un sinistre symbole, utilisé par les Satanique dans le sixième siècle, qui a été relancé par le temps du Concile Vatican II. Il s’agit d’une croix tordu ou une croix cassé, qui a montré un image répulsif et une distorsion de la figure de Christ, que les praticiens de la magie noire et sorcières du Moyen Âge ont utilisé.

Il dit cela a propos de Jean Paul II, qu’il suspectait déjà d’être un païen déguisé en chrétien. Théorie VALIDEE aujourd’hui car le pape UTILISE LES RESEAUX SOCIAUX et fait du ROCK, la musique du DIABLE ! Pourquoi ne pas l’avoir écouté à l’époque ? Que faisaient nos grandes instances de pouvoir ? J’ai essayé de poser la question en envoyant un mail à François Mitterand, qui venait d’être élu président à la sortie du livre, mais il a refusé de me répondre. QUEL HASARD !!!

HASARD aussi, bien entendu, que l’inventeur de Facebook ait un nom à consonance sioniste ! Aucun lien avec l’invasion du Vatican par les illuminatis, bien entendu.

HASARD encore que Twitter soit symbolisé également par un oiseau :

twitter 2

Alors même que l’Israël a choisi un oiseau national, la huppe fasciée (je n’insisterai pas sur l’évidente racine commune entre fasciée et fascisme, encore un aveu à peine dissimulé de la complicité entre Israël et Hitler !!!)

Huppe

Un peu de chiffres, maintenant :

FACEBOOK : 8 lettres

Place des lettres dans l’alphabet : 6 1 3 5 2 15 15 11

Or :  Un six !

Puis : 1 + 5 = 6

Et 15 = 1+5 = 6, deux fois !

Et 11 – 2 – 3 = 6 !!!

Facebook peut donc être…Un 66666 !

TWITTER : 7 lettres

Place des lettres dans l’alphabet : 20 23 8 20 20 5 18

2 + 2 + 3 +8 +2 + 2 + 5 + 1 + 8 = 33, soit la moitié de 66

Et l’addition du nombre de lettres de facebook et twitter donne 15, dont j’ai déjà expliqué la symbolique.

C’est pourquoi je vous demande, mesdames et messieurs, au nom de la route Juste à suivre et au nom du bien commun, d’abandonner tout de suite ces deux réseaux sociaux qui ne sont que les vecteurs du complot judéo-siono-maçonico-nazi pour installer un nouvel ordre mondial qui règne sur nos âmes, en les condamnant à la damnation éternelle par l’utilisation d’un outil foncièrement opposé à notre Sauveur.

L’avenir du monde est dans nos mains, camarades, vivons libres…

Diable

Nom de Zeus mais c’est bien sûr !

Le vrai secret de Charlie Hebdo, celui qu’ils ne veulent pas qu’on devine, c’est que Riss n’est autre que le Doc de Retour vers le futur. Et je peux le prouver ! Regardez cette capture d’écran de l’édito de cette semaine publié hier 21 octobre 2015, faite directement sur le site de Charlie Hebdo et dites moi si elle ne parle pas d’elle-même :

edito

Clairement, Doc et Marty sont parmi nous depuis longtemps mais une autre version d’eux-même étant arrivée hier, il était important qu’ils repartent avant pour ne pas se croiser eux-même et risquer de créer un paradoxe temporel.

Si malgré tout vous avez encore quelques doutes, regardez cette couverture (à laquelle on a échappé) de cette semaine :

IMG_20151022_181453Il ne cherche même plus à se cacher ! D’ailleurs si vous avez déjà vu Riss à la télé, vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqué qu’il est systématiquement coiffé comme un savant fou. Aucun être humain normalement constitué n’accepterait d’être aussi mal peigné.

Maintenant que je vous ai convaincus, vous vous demandez sans doute qui est Marty. Eh bien je l’ai retrouvé, il était planqué à France Inter où il se faisait passer pour un humoriste journaliste, ou un journaliste humoriste, on ne comprend pas trop, c’est complètement fumeux comme affaire. Ecoutez donc sa chronique d’hier, diffusée quelques heures après la publication de l’appel que lui lançait Riss (enfin Doc).

A 1’53 il dit ceci : « y’a des inventions comme ça on se dit mais comment on faisait avant en fait ? » Il s’agit clairement d’une référence à la Delorean, invention de 1985 donc clairement d’avant, une manière de dire à Doc qu’il a reçu le message et qu’il sera au rendez-vous.

Pour être sûr que le message passe bien, il conclut d’ailleurs par « Ni Dieu, ni maître », qui est également le titre d’une chanson de Léo Ferré (nous pensons que Léo Ferré est également le Doc, mais plus tard dans sa ligne temporelle, nous rassemblons encore les preuves) mais également le titre d’un album de Maurice et Patapon, de Charb, ami de Riss donc, dont nous ne savons pas encore s’il s’agissait d’un voyageur temporel mais nous ouvrons une enquête à ce sujet.

La vérité a maintenant éclaté au grand jour, les voyageurs temporels sont parmi nous. Que veulent-ils ? Que font-ils ? Quels sont leurs réseaux ? Pour le savoir abonnez-vous sans plus tarder sur jesuisunpigeonnonconformiste.com

Guide de survie si vous vivez sous le joug d’un tyran.

« Les hommes naissent libres et égaux en droit. Après ils se démerdent » disait Jean Yanne. Visiblement, soit vous vous êtes mal démerdés, soit vous n’avez vraiment pas de bol, toujours est-il que vous vivez à présent sous le joug d’un tyran. Alors que faire ? Résister ? C’est risqué. Fuir ? On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on trouve, la route de l’exil peut être longue et dangereuse et après tout vous n’êtes pas si mal ici, si vous faites profil bas, il se peut que l’épée de Damoclès ne s’abatte pas sur votre petite nuque. Il ne vous reste qu’une seule solution : servir.

Bien que notre rédaction soit située en zone libre, nous ne sommes pas dénués d’empathie et nous savons que la notion même de service peut-être douloureuse pour l’égo. Rassurez-vous, notre zone libre et humaniste est aussi dénuée de mépris de classe. Après tout, Mary Poppins était domestique pour les Banks et Tony Micelli faisait le ménage pour Angela Bower. Qui songerait à mépriser ces figures emblématiques de nos enfances1 ? Servez donc et allez-y à fond et de bon coeur, car c’est à cette seule condition qu’un esprit de camaraderie2 entre compagnons d’infortune pourra s’installer. Et à partir de là, c’est que du bonheur.

Vous pourrez ensemble vous appliquer à dégommer ces charlots de journalistes qui font rien qu’à utiliser leur liberté d’expression pour vous opprimer, vous et vos frères. Et je ne vous parle même pas de ces salauds (parfois les mêmes !) qui tournent tout en dérision, et soutiennent que « rien ne doit entraver le droit à la caricature, fut-elle excessive » ? Non mais c’est vrai quoi, tous les jours3 c’est pour votre pomme ! Ils en ont pas marre ? Ils ont pas d’autres chats à fouetter ? Allez, faites-vous plaisir, tapez leur donc dessus, rien ne fédère tant qu’un ennemi commun, et puis de toute façon, c’est eux qui ont commencé, ils n’avaient qu’à ne pas écorner l’image de votre envoyé de Dieu sur Terre.

Si jamais vous vous essoufflez à taper sur de pauvres journalistes sans défense4, attaquez un peu leur public. Comment peut-il trouver ça drôle ? Vous-même n’avez jamais esquissé ne serait-ce que l’ombre d’un sourire face à leurs prétendues vannes. Ni votre intelligence, ni votre capacité à remettre les choses dans leur contexte, à comprendre la satire et l’humour doux amer, ni même votre manque total de référence culturelle pour comprendre certains traits d’esprit un peu poussés ne sauraient être remis en cause. Si des gens rient (ou apprécient, la satire ayant souvent pour but de provoquer davantage la réflexion que le rire, rappelons-le, c’est pas pour le temps que ça prend) c’est forcément que ces gens sont idiots.

Alors face à l’adversité, gardez donc la foi, oubliez les gens abandonnés en route, débranchez votre cerveau, ne remettez rien en question et suivez aveuglément le chemin qu’on vous indique. Après tout, pour 250 millions, c’est bien le moins qu’on puisse vous demander5.

  1. Mais peut être que je vous parle là d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
  2. Et le syndrome de Stockholm
  3. Ok une fois de temps en temps et encore, quand ça a du sens dans l’actualité du moment, mais on va pas chipoter.
  4. Attention aux lunettes quand même, ça casse.
  5. Je parle bien évidemment de ça. Qu’est-ce-que vous aviez compris ?