Tous au bistrot !

Dis voir Daesh1 tu serais pas un peu con ? Non, ne répond pas, c’est une question rhétorique.

Passons sur le fait que tu essayes de nous faire renoncer à nos soirées entre amis à boire tranquillement en terrasse à refaire le monde, ce qui est déjà très con en soi pour nous attarder sur les paramètres que tu n’as manifestement pas pris en compte.

Déjà, le Français est têtu. Comme une vieille mule. Tu aurais mis France 2 de temps en temps pour nous regarder, tu t’en serais rendu compte tout seul. On lâche rien. On est tellement borné qu’il y en a même qui lâchent rien pour refuser des droits aux autres, mais selon le consensus global, ceux-là sont des connards. Il n’empêche que connards ou pas, on est tout aussi têtus qu’eux. Et en plus de ça, on a un esprit de contradiction terrible. Il nous faut quelqu’un avec qui ne pas être d’accord. Je ne sais pas d’où ça nous vient. Je me garderai bien d’utiliser l’expression un peu galvaudée de « c’est dans notre ADN » dans la mesure où nos racines gauloises judéo-chrétiennes (oui, je sais, c’est contradictoire, on était en train d’essayer de leur expliquer puis tu nous as interrompu) ont été maintes et maintes fois mélangées sans qu’on ne perde jamais ce petit côté casse-noix. Bref, nous devons donc, ne pas être d’accord avec quelqu’un, c’est comme ça, c’est obligatoire. En général, on se débrouille assez bien entre nous, mais là du coup nous sommes globalement tous d’accord pour dire qu’on n’est pas d’accord avec toi. Ça fait des vacances à Christine Boutin, mais pas à Gilbert Collard qui n’a pas su saisir l’occasion de fermer sa gueule, à croire que cet homme tweete avec son cul.

Et comme nous sommes tous d’accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord, nous manifestons tous ensemble notre désaccord. Et comment on fait ça ? Eh ben on sort, on boit, on mange, on achète des fleurs et des bougies pour nos disparus, on achète des livres et des disques pour nous cultiver toujours plus, on va au théâtre, au concert et au ciné. Alors, je n’ai pas pu vérifié auprès de Bernard Maris pour raison d’ignorance crasse d’abominations de ton espèce, mais je crois que si on continue comme ça à ne pas être d’accord avec toi, non seulement on va tellement s’aimer qu’on va se taper un pic de natalité pas possible et il va bien falloir leur acheter de quoi manger, jouer et s’habiller à nos futurs abominables pervertis, mais en plus on va résister à en redresser notre économie.

Alors je veux pas paraitre optimiste (de toute façon, à la vitesse où on remplit et vide nos verres, personne n’a plus le temps de se demander s’il est à moitié plein ou à moitié vide, c’est à peine si on voit encore le verre), mais, Daesh, je crois que ça sent un petit peu l’epic fail pour ta gueule.

Je ne t’embrasse pas.

PS : Faudra que tu m’expliques cette histoire de vierges. Si c’est le fait qu’elles soient vierges qui te fait kiffer, dans la mesure où du coup elles sont à usage unique, 72 ça fait pas un peu short pour l’éternité ? Je crois qu’Allah t’a un peu fait une promo pourrie sur ce coup. T’aurais peut-être mieux fait de profiter un peu sur Terre.

  1. Non, je ne t’appellerai pas « Etat Islamique » parce que tu n’as pas plus à voir avec un état qu’avec l’Islam. Je sais que c’est ce que Daesh veut dire dans ta langue, mais dans la mienne, c’est à mi chemin entre une marque de lessive et l’état de mes finances après trois soirées en terrasse à Paris.

Marronniers, tongs et pins parasols.

Pas de repos pour les braves, c’est vite dit. Ecrire sur l’actu au mois d’août quand la seule actu qui nous arrive parle d’incendies (c’est l’été, il fait chaud, les forêts brûlent), d’autoroutes encombrées (c’est l’été, il fait chaud, les gens quittent Paris), de plages (c’est l’été, il fait chaud, les gens vont à la plage), et qu’on nous balance des dossiers sexe en veux-tu en voilà (c’est l’été, il fait chaud, les gens baisent) relève un peu de la gageure. Le mois d’août est à ce point infesté de marronniers journalistiques qu’on en vient à se demander pourquoi on n’appelle pas plutôt ça des parasols journalistiques. Ne perdons pas espoir, ça devrait recommencer à s’agiter dans les semaines qui viennent avec les universités d’été qui vont fleurir un peu partout. Ça donnera aux politiques l’occasion de dire plein de conneries grosses comme eux et on pourra enfin rigoler.

Mais en attendant, puisque tout le monde part en micro trottoir en tong, je ne vois pas pourquoi on se fatiguerait plus. Et comme je ne vis pas au bord de la plage, j’ai réalisé un micro-trottoir dans ma piscine. Enfin la piscine gonflable qui est dans le jardin. Avec 40cm d’eau, et une unique baigneuse de cinq ans et demi. D’ailleurs dans la mesure où il n’y a pas de trottoir, devrait-on appeler ça un micro-piscine ? Ou un micro-boudin-gonflable ?

piscine-autoportante-big-10059084

Q : Bonjour Mademoiselle, vous êtes en vacances ?
R : Ben oui, je suis dans la piscine !
Q : Et alors racontez-moi comment se passent ces vacances ?
R : Je suis dans la piscine !
Q : Je vois ça, et il fait beau ?
R : Ben oui, je suis dans la piscine !
Q : Et quand il fait pas beau vous faites quoi ?
R : Je vais pas dans la piscine.

Voilà. sur ce, je vous laisse, après une enquête aussi rondement menée, faut que j’aille demander une carte de presse et postuler pour bosser au JT de France 2, je pense que j’ai toutes mes chances.

Steisand effect !

Aujourd’hui, plutôt qu’écrire quelque chose moi-même, je vous invite à aller lire cette fausse interview d’Anne Lorne. Pourquoi me demandez-vous. Eh bien pour ça :

On ne comprend pas bien en quoi une fausse interview serait une honte journalistique dans la mesure où il s’agit de satire et pas de journalisme à proprement parler. Si encore l’auteur tentait de la faire passer pour vraie, je ne dis pas, mais là les intentions sont très claires. Rappelons qu’Anne Lorne est vivement opposée au Mariage Pour Tous et vient d’être nommée « secrétaire nationale en charge de la petite enfance » chez Les Républicains©®™, il n’est donc pas bien surprenant (et même plutôt attendu) qu’un média LGBT fasse tout pour en rire. On peut s’interroger sur le choix de coller dans la fausse interview une vraie journaliste, mais quand on voit les réactions de l’intéressée, on arrêter de se poser des questions. Parce que, non, c’est pas fini, y’a encore ça :

C’est classe hein ? Allez, un dernier pour la route :

Means you're an ass...

Means you’re an ass…

Sarkozy et le complexe de Superman épisode pfiou-tout-ça

Je sais bien que j’ai l’air de m’acharner, mais en matière de mec qui ne prend pas de repos, Sarkozy, il se pose là. Non content de faire 60 bornes à vélo tous les jours1 voilà pas qu’il est à deux doigts de nous sortir que ce serait mieux pour le monde qu’on recolonise le Maghreb2 !

Dans un discours abracadabrant de conneries3 il alterne entre martelage d’évidences telles que

La Tunisie est frontalière avec l’Algérie et avec la Libye

don't sayet conneries4 plus grosses que lui. Soulignons ce merveilleux passage :

La Libye, malheureuse Libye, qui a souffert pendant des décennies de l’un des dictateurs les plus cruels qu’on ait jamais connu : Monsieur Kadhafi

sardafi3

Mais il parle de celui-là ?

qui alors que les peuples se libéraient promettait de faire couler des rivières de sang à Benghazi

Pas de doute, c'est bien le même.

Pas de doute, c’est bien le même.

Vous l’avez pas oubliez ça ?

Non, non.

Non, non.

Après il part en canon sur les choses qui ont un sens ici, mais on ne sait pas lequel,

this way

???

évoque Lawrence d’Arabie sans qu’on ne comprenne bien pourquoi, rappelle que la Libye après les printemps arabes disait « Merci la France »5 mais qu’on (Hollande) a laissé tomber la Libye comme une vieille chaussette sale et qu’il faudrait pas qu’on fasse pareil avec la Tunisie.

Je vous ferais bien une analyse plus poussée, mais encore une fois, on atteint un stade de n’importe quoi qui met mes capacités humoristiques en échec6. Je sais pas si cet homme est en burn-out (auquel cas, mettez-le au vert, promis, on ne vous en voudra pas) ou s’il est juste con (auquel cas, mettez-le au vert, promis, on ne vous en voudra pas) mais pour ma part, et puisqu’on nous répète depuis janvier que comme disait Camus, « mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde », je me vois dans l’obligation de dire que Nicolas Sarkozy est un grand malade.

  1. J’ai d’ailleurs mis le sondage à jour en conséquence, je serais curieuse d’avoir votre avis.
  2. Mais sauver le monde devient visiblement une manie chez lui
  3. Y’a pas d’autres mots
  4. Vraiment, à ce stade, y’a pas d’autres mots
  5. Là je mettrais bien une image d’Otis le scribe, mais ça commence à être le bordel
  6. Mais ne vous inquiétez pas, je level up bientôt.

Finalement, si le monde est sauf, c’est un peu grâce à Sarkozy

Ce qu’il y a de bien avec notre cher ancien président, c’est qu’il loupe pas une occasion de la ramener, et que du coup, ça nous fait toujours quelque chose à raconter sans avoir à chercher trop loin. Quand il ne se lance pas dans un numéro de stand-up d’une qualité tellement douteuse que même le plus convaincus des athées se surprend à prier pour que ça s’arrête, c’est ses collaborateurs qui viennent nous annoncer que Nico a sauvé le monde avec sa bite1  ses dents.

Suite aux déclarations débiles d’Eric Woerth comme quoi les accords sur la Grèce c’était un peu grâce à Super Nico, Twitter c’est copieusement payé sa tronche. Bon, c’est bien gentil (et bien drôle) tout ça mais je trouve qu’on est de mauvaise foi quand même. Y’a quand même des trucs qui sont, pour de vrai, un peu grâce à Sarkozy comme … ou encore … sans oublier …

Ok, j’avoue, je sèche. J’ai beau concentrer toute la force de mes petits neurones en ce jour férié et ensoleillé de vacances (si c’est pas inhumain ça !) pour trouver quelque chose de bien qu’il aurait fait pendant son mandat ou son passage au ministère de l’intérieur, mais rien ne me vient. Je pourrais faire des recherches, mais j’en ai déjà fait samedi pour lister ses casseroles2 et c’était beaucoup plus rigolo.

Ah si, je sais ! Si on entend plus trop Carla Bruni, c’est un peu grâce à Sarkozy. Ben quoi, c’est déjà ça non ?  The.Big.Bang.Theory.S07E15.HDTV.x264-LOL.mp4_4

  1. Pardon, mais Eric Woerth est tellement suce-boule que ça en devient envahissant au niveau du champ lexical mais à sa décharge, dans ce genre, Nico a des antécédents.
  2. Oui, je sais, je mets beaucoup de lien vers mes propres articles, faut bien se filer un coup de pouce de temps en temps puis c’est férié aujourd’hui, je m’arroge le droit d’être en service minimum et de faire du recyclage.

Les fatwas des trolls à lunettes.

Ça fait déjà (ou seulement) six mois que deux sinistres crétins ont débarqué dans une rédaction pour en massacrer les membres. Nous aurions aimé leur rendre hommage à tous, malheureusement nos compétences ne nous le permettent pas ; pour vous faire une petite idée sur une échelle de 1 à Cabu nos capacités graphiques se situent entre -12 et 4. Il nous a semblé qu’en prenant la plume (enfin le clavier) on limitait les risques de voir l’hommage se transformer en insulte de par sa médiocrité (et au pire, les gens ayant plus souvent la flemme de lire que de regarder un dessin, ça se verra moins). Nous vous proposons donc chacun une petite fatwa, directement inspirées de celles de Charb dont vous pouvez vous procurer les deux tomes dans toutes les bonnes poissonneries. Amen, Allah Akbar et vive la France.

Lambegue :

Mort au café matinal.

C’est insidieusement devenu un rituel de notre vie d’adulte, s’installant dans notre programme quotidien aussi inaperçu que Bayroux dans une présidentielle. Ce moment où on est obligé de faire le point sur la journée à venir, et de s’occuper avec les premières conneries venues en attendant que le café refroidisse, parce que c’est impossible de faire ce machin sans qu’il n’atteigne instantanément une température proche de celle de la lave en fusion. Vous voila donc, un oeil torve fixé sur une tasse probablement chourée chez Joué-club, sur laquelle une vache est en train d’enculer un nuage avec un sourire que seule le LSD peut provoquer.

Vous pouvez toujours chercher à vous occuper, en lisant la presse matinale par exemple, et vous retrouver avec de quoi déprimer pour le reste de la journée avec les malheurs des autres, comme si vous aviez pas déjà assez à faire avec vos emmerdes à vous. Vous pouvez aussi essayer des concepts plus exotiques, chanter l’intégrale de la Traviata, jouer au mah-jong avec des carreaux de sucre, aller danser à poil dans le hall de votre immeuble, n’importe quoi pour donner un minimum d’intérêt à ce quart d’heure de néant (et encore, je dis quart d’heure parce que je suis optimiste), mais rien n’y fait, vous êtes otage de ce liquide dont la couleur seule aurait du vous faire comprendre qu’il ne fallait pas y toucher. Par contre, ne pensez pas que vous pourrez prendre de l’avance sur votre programme du jour. Sans café, vous êtes à peu près dans l’état d’un zombie dans un ersatz fauché de Roméro, une sorte de connard instable incapable d’aligner deux pensées cohérentes. Le mieux que vous pouvez faire, c’est d’écrire de petits articles sans queue ni tête, que même le supplément dimanche de Meurthe-et-Moselle-express ne voudrait pas publier, et j’en sais quelque chose.

C’est probablement un complot illuminati quand on y pense, une substance inventée spécialement pour conditionner le peuple, et pour créer un état de dépendance dont ils peuvent jouir à volonté. On est d’accord que c’est bâtard, comme technique, mais on domine pas le monde sans quelques petits trucs comme ça.

Je crois que vous en serez d’accord, il faut renverser une pleine cafetière de ce liquide infâme sur la tête du premier venu qui, s’il n’a rien à voir là dedans, n’avait qu’à pas passer devant vous au moment ou vous étiez de mauvaise humeur. Amen.

L’Etagère :

Mort aux cannes à selfie.

Excentricités pour hipsters hypermétropes il y a quelques saisons encore, aujourd’hui aussi banalement accrochées aux mains des touristes qu’un spray au poivre dans la paume d’une parisienne qui rentre en RER, les cannes à selfie ont en l’espace d’une année pullulé à la vitesse d’une souche de Mers dans un aéroport international.

Très vraisemblablement conçue lors d’une nuit sans lune par la copulation contre-nature du déjà diabolique iphone avec un T-Rex dont les bras trop courts le privent du plaisir (entre autres) de prendre des selfies, la canne à selfie constitue donc un prolongement naturel des membres supérieurs du touriste, créature que la nature avait pourtant déjà dotée de bien des attributs pour te faire chier.

Il faut saisir toute la portée, même pas symbolique mais bien matérielle de l’objet pour en appréhender la perversité : la canne à selfie agrandit littéralement le champ de nuisance du con. Ce type devant le Colisée de Rome qui te gâchait déjà la vue à jouer avec son téléphone de la taille d’une encyclopédie universalis ? Réjouis-toi, grâce à la canne à selfie, il peut maintenant le faire dans un rayon d’un mètre trente. Je suis d’ailleurs prête à parier que le vase de Soisson a été pété par le geste brusque d’un connard armé d’une canne à selfie. Saloperie. Le pire c’est que la chose ne fonctionne même pas, puisque sa fonction première, telle que décrite dans les forges de l’enfer où on les fabrique en série, est de te permettre d’avoir un peu de recul quand tu prends ta photo. Or soyons très clairs, cher utilisateur de  canne à selfie, si tu prenais vraiment du recul, tu réaliserais, d’abord que tu as l’air d’un con, et surtout que peu importe l’angle et la distance, les chutes du Niagara, la Vallée de la mort ou le Space Mountain de Disneyland rendent bien mieux sans ta tronche au milieu. Parce qu’avant même de crier mort aux cannes à selfies, on aurait pu gueuler mort aux selfies, ces photos égocentriques qui te donnent l’ambition artistique et poétique d’un nain de jardin dans un film de Jeunet, qui font que les plus beaux paysages du monde restent dans ton dos, et la preuve de la bêtise de la chose tient à ce qu’on compte déjà des morts *par* selfie – ces touristes, tombés d’une falaise faute de regarder du bon côté en prenant leur photo, et qui tendent à évoquer une loi darwinienne sur la sélection naturelle.

Je crois que vous en serez d’accord – trop petite pour être convertie en sculpture de Noël place Vendôme, trop fragile pour être recyclée en canne d’aveugle (pourtant les derniers mecs décents qui ne te saoulent pas avec des photos), il ne reste qu’un usage à cette excroissance cancéreuse de l’homo-emmerdarus : l’élargissement des larynx de ceux qui veulent vous la vendre. Amen.

Fanette :

Mort aux colonies de vacances qui voyagent en train.

Vous les avez forcément croisés à un moment ou à un autre de vos errances estivales. Ces groupes de cinquante gamins surexcités qui occupent toute la rame du TGV. Toute ? Non, une dizaine de places résistent encore et toujours à l’envahisseur en culottes courtes. Et parmi cette dizaine de places il y a immanquablement la votre. Ça commence dès l’embarquement, vous tentez de caser votre valise dans un des minuscules endroits prévus à cet effet pour tous les trouver remplis de bagages étiquetés. A se demander pourquoi d’aussi petites personnes ont besoin d’aussi grosses valises. Vous savez déjà que ce voyage va être un calvaire, mais le train est plein à craquer et vous n’avez aucune chance de réussir à vous recaser dans une autre voiture, d’autant que vous avez vu une autre colonie embarquer à l’autre bout du quai. Vous casez tant bien que mal votre bagage entre une valise Petit Poney et un sac Bob l’éponge. La seule chose qui vous empêche de prier à ce moment là est votre athéisme profond, qui est d’ailleurs renforcé par la situation : si Dieu était si puissant que ça, il aurait créé les enfants silencieux.

Vous rejoignez donc votre siège et vous préparez à voyager avec des braillards encadrés par un groupe d’animateurs incapables de les gérer soit parce que le groupe est sur le départ et qu’ils ne connaissent pas le nom des demi-portions et gueulent au hasard des « assieds-toi Kevin » ou des « tais-toi Augustin » selon s’ils sont face à des fils d’ouvriers ou de bobos parisiens (dans tous les cas, aucun des chiards qui courent, chantent et gueulent dans le wagon ne prendra la peine de s’assoir sans que vous puissiez dire si c’est parce qu’ils ne s’appellent ni Kevin ni Augustin ou si c’est plus simplement parce qu’ils n’en ont rien à foutre) soit parce que le groupe est sur le retour et qu’ils sont au delà de l’épuisement.
Vous pensez pouvoir survivre à la situation en vous vissant un casque sur les oreilles et en écoutant de la bonne musique mais les batteries de votre lecteur mp3 vous lâchent avant la moitié du trajet. Pour ajouter à votre détresse, un animateur imbécile sort une guitare et entame « Hugues Aufray : the greatest hits » suivi par un choeur de lardons dont la musicalité n’est pas sans rappeler celle du cochon qu’on égorge. Quand le train s’arrêtera au milieu de nulle part pour un motif qui vous semblera de toute façon complètement farfelu, vous envisagerez de vous défenestrer. Malheureusement, le train étant climatisé, les fenêtres ne s’ouvrent pas, même quand la climatisation ne fonctionne plus et que la température monte dangereusement, menaçant les enfants de déshydratation et les adultes d’un violent pétage de plomb suivi d’un infanticide. Vous finirez par arriver à destination excédé et épuisé et mettrez la première moitié de vos vacances à vous remettre du voyage et la seconde moitié à vous préparer psychologiquement au retour qui ne se passera très certainement pas mieux.
Je crois que vous en serez d’accord, il faut enfermer les mômes qui partent en colo et leurs animateurs dans une pièce sans eau ni nourriture jusqu’à ce qu’ils se bouffent entre eux. Amen.

Le bûcher, c’est tellement 1233.

C’est les vacances, oui, mais pas pour tout le monde. A Daesh par exemple, on n’a pas le temps de se reposer. Il y a des infidèles à égorger, des mosquées  chiites à brûler, des mécréants à décapiter et des sorcières à brûler1. Bref, on a autre chose à foutre que prendre l’apéro et cuisiner des tartelettes !

*
*        *

Petit point la sécurité avant tout, car oui, on se soucie de votre sécurité et de votre bien-être pendant ces vacances : si vous pratiquez la sorcellerie2 (ou plus simplement si vous êtes un être humain normalement constitué), n’allez pas passer vos vacances sur les territoires de l’Etat Islamique.

*
*        *

Blague à part, c’est des furieux les mecs. On est quand même en plein ramadan, ce qui veut dire qu’ils décapitent des gens à jeûn. Et l’odeur du sang en plein soleil et le ventre vide, faut quand même avoir l’estomac bien accroché. Encore que si ça tombe c’est pour ça qu’ils les crament pas à l’ancienne : la chaleur du brasier plus l’odeur de cochon grillé, ça serait pire.

Puis comment ça s’organise le jugement pour sorcellerie ? Ils ont ressorti la bonne vieille ordalie Inquisition-Style ou ils ont créé leurs propres règles ? A quoi on reconnait quelqu’un qui pratique la magie, qui est, rappelons-le à toutes fins utiles, quelque chose qui n’existe pas et ne peut donc pas avoir de résultats concrets permettant d’attester de la dite pratique ? A moins du surprendre quelqu’un en flagrant délit à tenter d’appeler grand-pépé au dessus d’une planche de ouija, j’arrive pas bien à me représenter.

Ils feraient quand même pas du délit de sale gueule et des contrôles au faciès ?

Ils feraient quand même pas du délit de sale gueule et des contrôles au faciès ?

Ami lecteur, si tu as des suppositions sur le pourquoi du comment, un flash de génie pour nous éclairer sur ce point entre une tranche de jambon de pays, une part de melon et un verre de rosé, n’hésite pas à nous les faire parvenir (les commentaires sont là pour ça, puis si tu fouines dans la colonne de droite, tu trouveras notre Twitter, notre Facebook et même une adresse mail si tu es trop timide pour faire ta suggestion en public !) parce qu’ici, on ne saurait pas dire si c’est la chaleur qui nous ramollit le cerveau ou la barbarie du truc qui nous coupe complètement la chique, mais on en reste (quasiment) sans voix.

 

  1. Je vous jure que c’est vrai.
  2. Chacun ses loisirs personne ne vous juge ici