En rose et bleu, j’ferai des reprises.

Résumé des épisodes précédents : Ivre, Fanette a décidé d’aller voir de l’intérieur à quoi ressemble une sauterie de La Manif Pour Tous elle y a vite constaté que la radicalisation c’était aussi en rose et bleu, puis a pu voir un sketch exclusif d’Albé et Ludo qui faisaient la première partie de Wall, Val et Nico. Que du fun donc.

Pour la fin de ce rendez-vous en terre inconnue (et je réalise que j’ai oublié de vous parler de Pécresse qui est contre le suicide assisté parce que son Papounet est psy et qu’il a déjà eu des suicidaires qui ont repris goût à la vie … Qui sait, peut-être les cancéreux reprendront goût à leur cancer et décideront finalement d’en profiter jusqu’à la dernière seconde), c’est Ludo elle-même qui a fait les rappels. Avec un succès beaucoup plus mitigé qu’au début. En effet, une partie de son fan club, s’était déjà barrée (comme dans les vrais concerts donc, y’a toujours des mecs qui partent avant les rappels, je ne comprends pas).

Ce débat s’était ouvert par un « bouuuuh la gauche qui vient pas répondre à nos questions et refuse le débat démocratique ! » Il s’est terminé par un petit récapitulatif des « victoires » de La Manif Pour Tous1 dont une loi mise en stand-by, d’après Ludo « grâce » à eux : « tant nous avons soumis et fait soumettre d’amendements et des dizaines et des centaines d’amendements pour empêcher le débat parlementaire. »

Attendez une seconde… Les parlementaires, ils sont élus, au suffrage universel. Direct pour l’Assemblée Nationale (qui a le dernier mot, le Sénat faisant quand même surtout décoration). Il n’y a pas plus démocratique et légitime que l’élection de nos députés (à part peut-être l’élection de nos autres représentants, mais le côté collégial de l’Assemblée Nationale évite davantage de dérives). Dites donc les « mon cul sur la commode » là, qui gueulez que bouh la méchante gauche qui vient pas débattre avec nous qu’elle est pas démocratique la salope, vous viendriez pas d’avouer que la démocratie vous vous la taillez en biseau et vous vous la carrez bien profond (faites gaffe quand même, ça peut faire mal) ? Vous le savez que la démocratie c’est pas seulement pour les gens qui sont d’accord avec vous ? Vous nous prendriez pas un tout petit peu pour des cons ? (Indice chez vous, la réponse est oui).

Après ce petit aveu de déni de démocratie, Ludo nous a parlé de la « campagne de Gay-Prides » et de la « semaine LGBT militante » d’octobre. C’est rigolo parce que la description de leur groupe c’est ça :

La Manif Pour Tous est un mouvement spontané, populaire et divers qui s’oppose à la généralisation de la PMA, à la GPA (mères porteuses), à l’enseignement du concept de genre tout en condamnant toute forme d’homophobie.

Alors visiblement, l’homophobie ils condamnent, mais pas au point de trouver qu’il est légitime de descendre dans la rue pour lutter contre. Je pense qu’à chaque agression homophobe, on devrait tous leur demander de se désolidariser. Comme les sympathisants de La Manif Pour Tous se superposent à peu près avec les tarés qui demandent aux musulmans de se désolidariser des attentats, ça fera d’une pierre deux coups et ça sera d’autant plus rigolo.

Puis, quand Ludo a eu fini de faire du bruit avec sa bouche, ils ont chanté la Marseillaise (à laquelle ils n’ont visiblement rien compris, puisque le sang impur est celui des abominables pervertis et pas celui du club des balais dans le cul, mais ma foi s’ils pensent que ce sang impur qui abreuvera nos sillons est le leur, qu’ils le versent pour leur cause, on les regarde2) et une reprise d’Edith Piaf3 qu’ils avaient sur leurs écrans géants en version Karaoké (et qui a dû faire se retourner la pauvre femme dans sa tombe) :

A la sortie, des bénévoles faisaient la manche, il faut bien rentabiliser la location de la salle, et je me suis retenue de cracher dans leurs paniers de quête (ok en vrai j’étais trop pressée de rejoindre le monde civilisé). A la place et pour me remettre de mes émotions, j’ai bu de la bière, dormi 12h d’affilée puis bu un peu de vin pour faire bonne mesure. Il faut ce qu’il faut.

Voilà, c’est tout pour cette petite (…) pérégrination. J’espère que vous ressortez de ce « là où je t’emmènerai » divertis (et même, soyons fous c’est vendredi, informés !), si c’est le cas … bah déjà, ne soyez pas timides, dites le parce que ça fait toujours plaisir les compliments et surtout n’hésitez pas à partager (y’a plein de boutons tout exprès en dessous).

  1. Quand Colin aura à nouveau un pc en état de marche (envoyez vos dons) je l’enverrai vous faire un petit fact checking sur certaines intox de la Manif Pour Tous, ça sera rigolo.
  2. Un jour, Colin vous parlera aussi de la fois où une ou deux d’entre eux ont tenté une grève de la faim.
  3. Bon en vrai là il restait trois gugus, dont un quand même qui chantait la main sur le coeur et qui m’a un peu fait flipper.

« Le genre, c’est caca boudin ! »

Episodes 1, 2 et 3

Nous arrivons donc au moment crucial de ces questions pour un … Président de région. Qui a dit « Champion ? » Notez que, ça ne m’étonnerait pas que ce soit effectivement une référence vu qu’ils ont tous l’air d’habiter le salon de ma grand-mère, mais passons. Les questions étaient « posées » par Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef à Valeurs Actuelles, le journal tout juste bon à remplacer le moltonel en cas de détresse, et fanboy ultime d’Eric Zemmour. Sans rire, je pense qu’il a les posters dans sa chambre. Et là, vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai mis des guillemets à « posées » eh bien c’est parce que dans la mesure où les candidats avaient manifestement les questions à l’avance, un stagiaire avec une fiche aurait aussi bien pu faire l’affaire ou alors ils auraient pu fournir aux candidats un plan de discours construit autour de ces questions, on aurait à peine perdu en dynamisme. Car Geoffroy Lejeune, en plus d’être moins impertinent qu’un caniche abricot neurasthénique n’est pas non plus hyper rock’n’roll. Bref, il sert à rien à part à écrire des livres à la gloire de Zemmour. Il sert à rien donc.

Je ne parlerai pas du contenu des discours (peut-on vraiment parler de débat ou même juste d’échange quand on discute avec une plante verte ?), parce que, soyons honnête, on s’en fout. Enfin… ils ont quand même dit quelques conneries grosses comme eux et ce serait dommage de passer à côté.

Wallerand de Saint-Just, par exemple, a déclaré : « Mon programme fait 84 pages. C’est pas parce que mon programme fait 84 pages qu’il est bon mais néanmoins vous pouvez constater que j’ai travaillé. » Voilà donc je pense que la prochaine fois que j’envoie mon CV, je fais une lettre de motivation de 84 pages que je conclus par « constatez que j’ai travaillé ». C’est obligé, ça va marcher.

Notons également que Wallerand de Saint-Just1 est passé pour un mec modéré. En effet, il s’est fait hué par les militants car il refusait… de supprimer les subventions du planning familial à l’instar de Marion Maréchal nous voilà Le Pen. Pour ceux qui seraient pris d’un moment de doute, je vous confirme : nous sommes bien en 2015.

Valérie Pécresse n’était pas en reste sur la connerie. On peut même dire qu’elle a sorti un nouveau tube en évoquant « le choix de Sophie » sur la scolarisation des enfants. En effet, certaines familles n’ont pas assez d’argent pour placer tous leurs rejetons dans le privé (quand t’en a 8, ça chiffre vite, faut admettre) et se retrouvent donc à faire des « choix de Sophie » pour décider qui ira dans le privé et qui ira dans le public. Mais enfin, qu’est ce qu’on fait de si horrible de nous jours aux enfants dans l’école publique ? C’est quand même pas cette histoire de « théorie du genre » qui lui fait comparer l’école publique aux chambres à gaz ?

ca va pas du tout ma cherie

C’est trop grand pour toi ce point Godwin voyons !

Petite parenthèse en parlant de cette théorie du genre2 c’est une telle obsession chez eux que j’ai eu l’impression que tu pouvais récolter une standing ovation juste en criant « Le genre c’est caca boudin ! ». Pensez-y si jamais un jour vous avez besoin d’un gros boost d’égo. Ne me remerciez pas pour le conseil, c’est cadeau pour les fêtes, ça me fait plaisir.

Notons tout de même qu’au grand jeu de « qui veut gagner des électeurs », Nicolas Dupont-Aignan est sorti vainqueur. Parti derrière Valoche à l’applaudimètre au début de cette petite sauterie, il terminera bon premier. Je ne sais pas s’il a raflé des électeurs à ses concurrents ou s’il a juste convaincu les indécis, mais le fait est que c’est bien le seul à ne pas avoir perdu son samedi après-midi, je l’applaudirai bien moi-même, mais j’ai froid là j’ai mis des moufles. Et tout ça en disant les mêmes conneries que les autres (à savoir « aidons les écoles privées » et « le genre c’est caca » donc). De là à dire que mes nouveaux amis ne font pas des masses usage de la matière gélatineuse qu’ils ont entre les deux oreilles, il n’y a qu’un pas, que je franchis allègrement, c’est bientôt le week-end, j’ai le droit de faire du mauvais esprit et en plus ce meeting m’a sérieusement attaqué le moral. Mais, courage mes braves, c’est presque fini, demain je vous debrief le discours de clôture de Ludo, et en prime, y’aura une chanson !

  1. Le candidat FN, pour ceux qui ne sont pas franciliens (vous avez vu, j’ai pas dit « pour les provinciaux ! »)
  2. Qu’ils prononcent « jore » parce qu’en plus de ne pas savoir ce que c’est, ils ne savent pas le prononcer, chantons donc un peu de Brassens tous ensemble si vous le voulez bien.

Le facho comedy club.

Si vous avez raté le début de cette magnifique épopée :
Episode 1
Episode 2

Nous arrivons donc au moment le plus … Je dirais bien le plus bizarre, mais Valérie Pécresse ayant atteint le point Godwin à propos du coût de l’école publique (nous y reviendrons), je ne crois pas que le mot soit bien choisi. Disons qu’à ce moment là, je pense, naïve que je suis, que le point d’orgue sera ce discours. Et de fait, il a son lot de perles.

Ludo est donc sur scène, elle a son micro, elle va ouvrir sa bouche et des mots vont en sortir, le suspense est à son comble, quelle énormité va-t-elle bien pouvoir nous sortir ? Vas-y Ludo ! Donne tout !

singing-ludo

« La nation est une famille de familles ».

OH PUTAIN ELLE Y VA FORT ! Rappel : pour eux la famille c’est « Papa, Maman et leurs enfants ». Donc si tu es célibataire, en couple hétéro sans enfants ou en couple gay (avec ou sans progéniture), tu ne fais pas partie de la nation. Et comme ça, d’un seul coup, Ludo renvoie la moitié de la population (à la louche mais vu le nombre de divorces, je pense que ça fait à peu près ça qui ne rentre pas dans les clous) à une catégorie « citoyens de seconde zone ». Enfin, de seconde zone, même pas étant donné qu’ils ne font carrément pas partie de la nation.

Et ce n’est pas une maladresse ni rien : elle nous expliquera plus tard dans ce discours que « la famille c’est la cellule de base de la société ». Bon bah les gars, en tant que célibataire sans enfant, je vous annonce que je ne fais pas partie de la société. A ce titre, je demande à ce que me soient rendus tous mes impôts (y compris la TVA) et toutes mes cotisations. Je ne vois pas pourquoi je contribuerais à un truc dont je ne fais pas partie. Enfin je ne fais pas partie de sa cellule de base, peut-être puis-je prétendre à celui d’atome, il faudra que je pense à me renseigner.

Sinon un moment j’ai eu une petite lueur d’espoir, j’ai cru que Ludo était en train de faire une vanne. Elle a commencé par « Monsieur Hollande ne sait pas ce qu’est le mariage… » Et là j’ai vraiment vraiment pensé que ça allait s’enchainer par une blague sur Julie Gayet « … puisqu’il a voulu le transformer pour l’ouvrir à des couples qui ne peuvent pas fonder une famille. » Merde, raté.

Donc on en revient à ce point où on annule les mariages des couples stériles ou pas ? Puis d’ailleurs, puisqu’elle fait référence au mariage entre couples de même sexe que c’est contre nature-han non seulement François Hollande a voulu le leur ouvrir, mais en plus, il a réussi. Je suis très inquiète, je crois que Ludo vit dans le déni. Se rend-elle seulement compte que toutes les promesses d’abrogation qui peuvent être faites par la droite et l’extrême droite ne sont que des promesses creuses pour sucer les voix de son fan club ?1 C’est une chose d’être naïf mais à ce stade on frôle la pathologie.

Mais la star de nos manifestants, contrairement à ce que je croyais, n’était pas Ludo. Non, c’était Albé. Vous connaissez Albé ? Albéric Dumont ! C’est lui :

alberic_dumont_iafrate

Oui, je sais, il est beau, moi aussi j’ai des vapeurs là.

Et quand il arrive, le public est chaud comme une baraque à frites à Molenbeek2. J’en viens à me demander si les nanas que j’ai croisées avec un T-shirt « I <3 Albé » se touchent en pensant à lui. Et il fait du stand-up ce con ! C’est le Kev Adams des homophobes néo-réacs ! Je voulais vous mettre un lien vers son sketch, mais il est hébergé sur la chaine de « TV Patriote » avec un bandeau publicitaire et je refuse de générer du trafic chez ce genre d’individus, à plus forte raison si ça leur rapporte du pognon. Il va falloir vous débrouiller seul. Je vous aide un peu : essayez-donc de vous imaginer ce mec, faisant des vannes sur Claude Bartolone et encourageant son public à le huer (Bartolone hein, pas lui même, le masochisme c’est sans doute péché) puis introduire (au sens figuré parce qu’au sens propre, c’est sûr c’est péché) les participants au débat, à savoir Walleyrend de Saint-Just (youpi.), Valérie Pécresse (la joie m’étouffe.) et Nicolas Dupont-Aignan (debout la France qui est en couple hétéro et qui a des enfants). Vous y êtes ? Ça fait rêver hein ? Et encore, vous n’avez pas encore entendu les candidats ! Mais ça, je vous le garde pour demain.

  1. Un carambar à celui qui devine à quel dessin de Charb je pense.
  2. Expression trouvée telle quelle dans mes notes, je crois qu’à un moment et pour mesures évidentes de sécurité évidentes, mon cerveau s’est mis en alerte niveau 4.

La radicalisation en rose et bleu.

Si vous avez raté l’épisode 1 de cette expédition, c’est ici.

Après une attente trop longue et surréaliste dans le froid, puis une double fouille (d’ailleurs les hommes qui fouillent les hommes et les femmes qui fouillent les femmes ils ont pas peur que ça réveille quelque exotisme enfoui ?) et un passage au détecteur de métaux qui a dû sonner une paire de fois vu que plusieurs participants étaient en âge d’avoir des hanches en titane, j’ai enfin pu pénétrer sur le théâtre des opérations. Et la première chose que j’ai pensé en rentrant dans la salle c’est « mais ces gens sont en train de se radicaliser ! ». J’ai rapidement pu me rendre compte que la plupart n’étaient en train de rien du tout dans la mesure où le travail était déjà achevé.

Pour vous donner un idée du tableau : des drapeaux posés sur les chaises, une musique trop forte pour réfléchir, des vidéos à leur gloire (des extraits du JT de France 2, c’est bien la seule chose qui m’empêche d’appeler cela de la propagande, je ne suis pas sûre qu’on puisse dire que le service public fourni de la propagande pour lobby) et de désinformation sur ce qu’est la « théorie du genre » une des pierres angulaires de leur mouvement à laquelle, manifestement, personne n’a rien compris1.

Plus tard, je verrai trois (ou quatre ?) personnes fondre sur trois femmes devant moi. Sur le coup je crois que quelqu’un fait un malaise mais elles seront en fait expulsées manu militari par un service d’ordre, heureusement moins vaillant que celui en service le 1er mai à la sauterie de leurs copains du FN, sans que je ne puisse comprendre pourquoi alors que je suis juste derrière et bien plus occupée à observer mon entourage que ce qui se passe sur la scène. La dame devant moi semble tout aussi perplexe. Quelques minutes plus tard, quelqu’un viendra expliquer à leurs voisins (qui n’avaient donc rien percuté non plus) qu’elles posaient des problèmes. Lesquels ? Je ne le saurai qu’en rentrant.2.

J’avais moi même l’impression qu’ils me zonaient pas mal autour (j’avais envoyé plusieurs tweets moqueurs dont certains ont été relayés par des comptes avec lesquels ils ont l’habitude de se friter et j’étais une des rares personnes à ne pas lâcher son portable). Après l’expulsion des demoiselles, j’ai coupé Twitter (espérant que, si j’étais en effet repérée, ils penseraient que les tweets venaient de l’une d’elle) et de fait après un quart d’heure, la sécurité s’est éloignée de moi pour reprendre une place plus naturelle. Hasard et parano ou pas, je ne le saurai probablement jamais.

Plus tard encore, Nicolas Dupont-Aignan remerciera La Manif Pour Tous de l’avoir invité à leur « débat ». Un jeune homme devant moi dira un peu fort (et à raison) « C’est pas un débat. » et sera vite ramené au silence par ses camarades. S’agissait-il d’un autre groupe d’infiltrés ? Avaient-ils peur de se faire chopper par le politburo ? D’autres questions qui resteront sans doute sans réponse, mais dans tous les cas ce n’est pas rassurant.

Mais reprenons le cours chronologique de ce récit. Je suis donc dans un univers en rose et bleu (drapeaux, vidéos, lumière, s’ils ne louaient pas les chaises directement auprès de la salle, je pense qu’ils les auraient assorties) quand tous à coup la foule se met à scander « Ludo ! Ludo ! Ludo ! Ludo ! » Ludo n’est ni un chanteur de rock, ni un footballer et d’ailleurs malgré son diminutif trompeur, c’est une femme : Ludovine de la Rochère.

Like a virgiiiin ♪♫

Like a virgiiiin ♪♫

Il s’agit de leur gourou qui, grande dame scandera à son tour « La famille ! La famille ! La famille ! » un leitmotiv qui ne sera repris par personne mais aura au moins le mérite de les faire taire, lui permettant de se lancer dans un discours … que je vous raconterai demain !

En attendant, si vous souhaitez aller plus loin, je ne saurai que vous conseiller ce reportage en sous-marin aux universités d’été de la Manif Pour Tous.

  1. Si vous êtes vous même dans le flou, on demandera à Colin de vous faire un topo.
  2. Contenu abonné, mais l’aperçu suffira, je pense, à éclairer votre lanterne.

Ivre, elle décide de partir en exploration sociologique à une sauterie de La Manif Pour Tous.

La question que vous vous posez sans doute à ce stade est « pourquoi ? » et je n’ai pas d’autre réponse à vous proposer que « parce que ». J’avais envie de dépaysement et j’étais trop fauchée pour partir à l’étranger (encore que la SNCF me proposait un offre plutôt pas dégueu sur le Thalys avec le slogan « Bruxelles comme vous ne l’avez jamais vue » et comme je n’ai jamais vu Bruxelles, je me suis dit que je n’avais pas envie de la découvrir en alerte niveau 4) je me suis donc rendue dans le sud de Paris (que j’ai également découvert comme je ne l’avais jamais vu, REP A SA la SNCF) et je ne sais pas s’il serait opportun de dire que je n’ai pas été déçue du voyage.

Il y a pas mal de choses qui m’ont un peu fait halluciner (tellement qu’il me faudra plusieurs articles pour en venir à bout1) mais en y repensant, j’aurais du m’y attendre. Disons que certaines choses que ma foi en l’espèce humain et ma tendance à l’ironie et au second degré quoi qu’il arrive m’incitaient à prendre pour de la caricature se sont avérées ne pas en être.

Par exemple le mocassin à glands n’est pas une légende. D’ailleurs un garçon devant moi dans la file d’attente en avait, il a marché dans une flaque, eh ben vu sa tête j’aime autant vous dire que ce n’est pas étanche ces machins (et que l’eau était froide, mais en cette saison, on s’en serait douté). La dame derrière moi, interviewée par RMC (qui sont, de ce que j’ai vu, les seuls à avoir jugé opportun de venir faire un micro trottoir, ce qui encore une fois ne surprendra probablement pas grande monde) a déclaré que les Français se détestent et que c’est la faute de Hollande et de l’adoption homo2 et s’est étonnée un bon moment de ne pas voir Marie-Chantal3 sa « copine de Manif Pour Tous ».

– Dis donc, elle est sympa Charlotte tu l’as rencontrée où ?
– A un atelier peinture. Et avec Chantal, vous vous êtes connus comment ?
– En manifestant contre le mariage pédé.

Elle finira d’ailleurs par retrouver Marie-Chantal à l’intérieur. Elle était arrivée bien avant et quand même, ça l’étonnait aussi « Marie-Chantal : rater La Manif Pour Tous, c’est pas son genre4.

Notez que je ne devrais pas être trop dure avec cette dame, elle a aussi déclaré que ces meetings c’est l’endroit où « on se marre le plus ». Bon j’avoue, j’ai moi même pas mal rigolé dans cette file d’attente. Nerveusement surtout. Je passais mon temps à me cacher le nez dans mon écharpe en faisant semblant d’avoir froid de peur de me faire chopper en flagrant délit de fou rire nerveux/foutage de tronche. Faut dire que j’ai fait la queue presque une heure (en comptant la fouille qui ne servait à rien vu que sur les quatre poches que comptaient mes sacs, seules deux ont été fouillées et encore pas jusqu’au fond) et que pendant ce temps là j’ai eu le temps d’assister aux scènes et dialogues sus-mentionnée, de voir un mec, me rappelant vaguement cette dame qui vendait des glaces et du pop corn au cinéma quand j’étais môme, essayer de fourguer des goodies LMPT et le monsieur devant moi lui demander s’il avait des images pieuses (pour les curieux, la réponse est « non, les associations religieuses font ça mieux que nous »), d’entendre la dame de derrière déclaré qu’à LMPT « on est tous de la même famille » (je le savais qu’ils étaient consanguins !), de voir Frigide Barjot dédicacer un bouquin et de croiser une meuf avec un tshirt « I <3 Albé »5  et tout ça AVANT de rentrer.

Et ce que je ne savais pas encore, c’est que ce serait pire à l’intérieur. Mais la suite demain, si vous le voulez bien, il faut savoir ménager ses effets.

  1. Ce teasing de ouf !
  2. En y réfléchissant je ne suis pas sûre qu’elle ait dit ça au mec de RMC, mais enfin, elle l’a dit quand même.
  3. Les noms ont été changés, principalement parce que je ne m’en souviens pas et que ça n’a aucune espèce d’importance.
  4. Rappelons d’ailleurs que le genre c’est caca boudin mais cela fera l’objet d’un autre billet.
  5. Ce qui fera aussi l’objet d’un autre billet, car celui-ci commence déjà à s’éterniser.

Guide de survie si vous vivez sous le joug d’un tyran.

« Les hommes naissent libres et égaux en droit. Après ils se démerdent » disait Jean Yanne. Visiblement, soit vous vous êtes mal démerdés, soit vous n’avez vraiment pas de bol, toujours est-il que vous vivez à présent sous le joug d’un tyran. Alors que faire ? Résister ? C’est risqué. Fuir ? On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on trouve, la route de l’exil peut être longue et dangereuse et après tout vous n’êtes pas si mal ici, si vous faites profil bas, il se peut que l’épée de Damoclès ne s’abatte pas sur votre petite nuque. Il ne vous reste qu’une seule solution : servir.

Bien que notre rédaction soit située en zone libre, nous ne sommes pas dénués d’empathie et nous savons que la notion même de service peut-être douloureuse pour l’égo. Rassurez-vous, notre zone libre et humaniste est aussi dénuée de mépris de classe. Après tout, Mary Poppins était domestique pour les Banks et Tony Micelli faisait le ménage pour Angela Bower. Qui songerait à mépriser ces figures emblématiques de nos enfances1 ? Servez donc et allez-y à fond et de bon coeur, car c’est à cette seule condition qu’un esprit de camaraderie2 entre compagnons d’infortune pourra s’installer. Et à partir de là, c’est que du bonheur.

Vous pourrez ensemble vous appliquer à dégommer ces charlots de journalistes qui font rien qu’à utiliser leur liberté d’expression pour vous opprimer, vous et vos frères. Et je ne vous parle même pas de ces salauds (parfois les mêmes !) qui tournent tout en dérision, et soutiennent que « rien ne doit entraver le droit à la caricature, fut-elle excessive » ? Non mais c’est vrai quoi, tous les jours3 c’est pour votre pomme ! Ils en ont pas marre ? Ils ont pas d’autres chats à fouetter ? Allez, faites-vous plaisir, tapez leur donc dessus, rien ne fédère tant qu’un ennemi commun, et puis de toute façon, c’est eux qui ont commencé, ils n’avaient qu’à ne pas écorner l’image de votre envoyé de Dieu sur Terre.

Si jamais vous vous essoufflez à taper sur de pauvres journalistes sans défense4, attaquez un peu leur public. Comment peut-il trouver ça drôle ? Vous-même n’avez jamais esquissé ne serait-ce que l’ombre d’un sourire face à leurs prétendues vannes. Ni votre intelligence, ni votre capacité à remettre les choses dans leur contexte, à comprendre la satire et l’humour doux amer, ni même votre manque total de référence culturelle pour comprendre certains traits d’esprit un peu poussés ne sauraient être remis en cause. Si des gens rient (ou apprécient, la satire ayant souvent pour but de provoquer davantage la réflexion que le rire, rappelons-le, c’est pas pour le temps que ça prend) c’est forcément que ces gens sont idiots.

Alors face à l’adversité, gardez donc la foi, oubliez les gens abandonnés en route, débranchez votre cerveau, ne remettez rien en question et suivez aveuglément le chemin qu’on vous indique. Après tout, pour 250 millions, c’est bien le moins qu’on puisse vous demander5.

  1. Mais peut être que je vous parle là d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.
  2. Et le syndrome de Stockholm
  3. Ok une fois de temps en temps et encore, quand ça a du sens dans l’actualité du moment, mais on va pas chipoter.
  4. Attention aux lunettes quand même, ça casse.
  5. Je parle bien évidemment de ça. Qu’est-ce-que vous aviez compris ?

Guide de survie si vous êtes manifestant pour tous dans une société décadente.

La décadence est en marche. Vous en voulez pour preuve que le lobby LGBT est à nos portes, que dis-je, il est entré chez nous, dans nos écoles, dans la tête de nos enfants, dans nos femmes ! Tout ça s’est amplifié depuis que le pays est passé sous le joug d’une dictature socialiste1, mais, comme vous en discutiez avec votre ami Eric Z. pas plus tard que la semaine dernière, la machine est en marche depuis longtemps. Vous n’avez pas le choix, il va vous falloir entrer en résistance et descendre dans la rue crier votre mécontentement tel un vulgaire prolétaire.

Alors allez-y, camarades ! Non, pas « camarade », ça fait coco. Je reprends. Allez-y, mes frères ! Non, pas « frères », ça fait musulman. Merde. Allez-y, culs-bénis ! Non plus. Bon, on trouvera un terme fédérateur plus tard. Reprenons.

Il vous faut donc apprendre à manifester. Mais comment faire ? Vous qui êtes nés avec une petite cuillère en argent dans la bouge et n’avez rien eu à réclamer, à part, quelque fois, en vous mettant à genoux pour prier le seigneur, comment pouvez-vous maitriser en peu de temps l’art populaire de la manifestation ? Ne craignez rien, je suis là pour vous.

1. Truquer les chiffres.

Vous ne serez pas les premiers à dire que vous êtes 450.000 alors que la police ne compte que 375.000 d’entre vous. Faites gaffe quand même, si vous soutenez que vous étiez un million et que la police compte 12 personnes, ça va finir par se voir. Rappelons que dans l’histoire du comptage de manifestants, seul le 11 janvier a mis tout le monde d’accord. Mais n’évoquons pas ce souvenir douloureux, vous n’avez toujours pas réussi à décider à quel camp vous deviez vous rallier quand des journalistes athées blasphémateurs sont assassinés au nom d’une religion qui n’est pas la votre. Ne signalons pas non plus cette étude qui tend à dire qu’entre police et organisateur, c’est la police qui a la méthode de comptage la plus efficace.

2. Apprendre des chansons fortes en engagées.

Mon collègue s’étant penché avec plus de brio que moi sur ce sujet hier, je n’y reviendrai pas.

3. Se rassembler derrière des portes paroles charismatiques.

Like a virgiiiin ♪♫

Like a virgiiiin. Wouh ! ♪♫

4. Des slogans, des slogans, des slogans.

veaux

De là à dire que les Limousins sont des veaux, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas étant moi-même d’origine limousine. Pas d’amalgame.

5. Et des affiches aussi.

De quoi tu te plains ? Y’en a, leur mère s’appelle Frigide !

6. Et surtout, de la dignité.

Ceci n'est pas une gay pride.

Ceci n’est pas une gay pride.

Voilà, vous êtes parés, ne me remerciez pas. Et surtout, n’oubliez pas, on ne lâche rien, pas même la bite de son voisin.

  1. Voir le Guide de survie à ce sujet.

Guide de survie quand tu demandes l’asile en France parce que ton pays est ravagé par la guerre.

Nous ne le dirons jamais assez : un asile politique, ça se prépare. Combien sont-ils à arriver les mains dans les poches et les poches vides ? Trop, beaucoup trop. S’ils étaient préparés, on n’en serait pas là. Voici donc quelques petites étapes simples (franchement, faut tout vous dire, c’est un scandale) pour être un bon réfugié politique en France.

1. Ne pas être confondu avec un migrant économique.

Pour cela vous avez deux options, soit vous vous constituez un petit capital de quelques dizaines de milliers d’euros avant de partir, soit vous emportez une preuve que votre pays est bien en guerre. Ce peut être, au choix, le fémur de votre petit frère mort dans un bombardement, le radius de votre mère gazée par le régime politique en place ou votre propre tibias après que ayez perdu votre jambe sur une mine antipersonnel.

2. Ne pas aller à Béziers.

Vous y seriez extrêmement mal reçus. On a dit à Monsieur Ménard, le maire, qu’il devait accueillir la famille Bienvenu, et comme il est un peu psycho-rigide, il refuse de recevoir qui que ce soit d’autre dans le logement qu’il leur a réservé. J’insiste particulièrement sur ce point : n’allez pas à Béziers si vous n’êtes pas les Bienvenus !

3. Ne pas être un djihadiste infiltré.

Ça parait évident, mais si l’on en croit certains politiques, ce n’est pas l’évidence pour tout le monde. Si vous êtes un djihadiste, préférez l’utilisation des réseaux de votre califat et renoncez à traverser l’Europe à pied. Vous économiserez du temps, de l’argent, de l’énergie, et pas mal de contrariétés.

Voilà, je sais bien que vous galérez, mais si vous respectez ces trois petites étapes toutes simples, on devrait pouvoir s’en sortir. Bonne chance les gars !

Guide survie pour remporter une élection Républicaine(TM)

En politique française, où quand bien même les mecs ont tendance à vivre (trop) vieux, les générations se succèdent avec les décennies, mais il semble que les pommes tendent à ne jamais tomber très loin de l’arbre. (Il parait que dans certains cas, extrêmes, les têtes successives d’un parti ont jusqu’au même nom de famille, c’est vous dire.)

Dans le cas qui nous intéresse cette semaine, celui des RépublicainsTM, on pourrait plutôt dire que la casserole ne tombe jamais très loin de la batterie de cuisine : les jeunes RépublicainsTM ont en effet déjà tous de leurs modèles plus vieux. Vous allez me dire quand ils prennent des initiatives le résultat manque un peu de tenue (de bon sens aussi : s’ils avaient fait chanter Carla Bruni, on se serait au moins épargné les paroles). Alors autant copier directement sur les grands, par exemple, en foirant totalement ton élection *interne* et RépublicaineTM  ! Si les RépuSeniors avaient fait dans le symbolisme de bon aloi en oubliant de compter les DOM-TOM (notez moi aussi des fois je pars du principe qu’il n’y a que des blancs à l’UMP), les RépuJuniors ont préféré merder l’application de leur *propre règlement intérieur* qu’ils ont écrit eux-mêmes quoi.

"L'âge ne compte pas plus que la taille j'vous f'rai dire"

« L’âge ne compte pas plus que la taille j’vous f’rai dire »

Alors certes  à ce niveau là, c’est de l’art et il n’est pas interdit d’applaudir la performance, mais reste que ça n’arrange pas les desiderata de réunion-familiale-tous-unis-putain-qu’est-ce-qu’on-s’aime-chez-LRTM bien compréhensibles à l’approche de Noel d’élections pas juste internes.

Aussi, dans un souci de républicanisme (le vrai, pas TM), en dépit d’une aversion toute personnelle pour les batteries de cuisine (c’est chiant à déménager), voici un petit guide pour améliorer ses performances en élection interne chez LRTM :

  • Être le seul candid… ah merde.

On reprend. J’allais commencer par « Être le seul candidat ! » parce qu’entre nous ça simplifie quand même beaucoup le truc (surtout quand tu connais les compétences comptables de l’UMP-LR) et que ça reste bien bien dans l’esprit du Parti (coucou Nico) sauf que Marine Brenier, actuelle – insistons sur le « actuelle » – présidente des Jeunes LR était déjà la seule candidate.  De la performance on vous dit. Allez, on s’adapte :

  • Être le seul candidat propre. Quand tous vos concurrents ont déjà leur avocat sur la touche 1 du speed dial, c’est pas un 2ème portable secret qui va faire peur aux électeurs.  Je vous entends déjà : « mais le casier des copains, ça dépend pas de moi ça, c’est pas gérable comme paramètre ».  Chut, chut. Tout va bien. Parce qu’avec un peu de bonne volonté, franchement, ça peut tout à fait dépendre de vous (cf chapitre « Fusibles » de votre manuel républicain). Puis vous allez vite vous rendre compte que chez LR, les potes font le boulot eux-mêmes de toute façon.

     

  • Opter pour le vote électronique. C’est écolo (une grande préoccupation républicaine) les machines font le compte pour vous et un développeur coûte moins cher qu’un procès expert comptable non ? En plus ça avait su-per-bien marché pour les parents !

     

  • Financer proprement la campagne. Genre avec les sous des adhérents. Franchement faire payer les mecs qui payent pour être adhérents chez toi pour financer ton élection à la tête du parti où ils adhérent (en payant) pour que tu décides après comment tu vas dépenser les sous qu’ils t’ont donné (pour être élu), tu peux pas faire plus interne.

     

  • Pour l’improbable cas où on aurait malgré tout à redire à vos méthodes de financement…. Perdre la documentation compromettante : putain qu’est-ce qu’elle consomme, cette déchiqueteuse !

    "Moi les comptes de campagne ça me reste sur l'estomac"

    « Moi les comptes de campagne ça me reste sur l’estomac »

     

  • Nouer de saines amitiés. Alors certes il y a un choix un faire entre amitié du genre à financer ta campagne, et amitié du genre à te servir de caution morale à ton procès, les deux s’avérant souvent mutuellement exclusif.  Ce pendant le pro LR, rôdé à l’exercice, peut avoir les deux, saura choisir le copain qui finance ta campagne, et dont les méthodes de gestion personnelle sont du genre à ne pas s’encombrer de procès en premier lieu.
    "Ben moi je dis qu'on peut avoir les 2 !"(En bonus c’est réversible :  si le pote lui-même devenait un peu encombrant, on peut aussi s’en débarrasser sans procès.)

  • Dernier conseil mais pas des moindres : rester digne !


    M’enfin ça c’est de base dans ton ADN de républicain.

Guide de survie pour tenir le coup jusqu’à l’été prochain.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que cette année s’annonce mal. Les plus optimistes auront sûrement espérer que la coupure des grandes vacances nous permettrait de laisser derrière nous la cascade de catastrophes qui fait rage depuis janvier mais il a bien fallu se rendre à l’évidence, ce n’est pas parce que c’est la rentrée des classes et qu’on a des cartables neufs que la roue va tourner, pas plus qu’elle ne tournera le 31 décembre au douzième coup de minuit.

Plutôt que de continuer d’y croire vainement et d’être perpétuellement déçu, mieux vaut s’armer, psychologiquement j’entends, posez ce couteau à beurre, vous êtes ridicules. Mais comment faire ? Comment résister à l’envie de hurler face aux horreurs de Daesh, aux réfugiés que l’on laisse venir s’échouer sur nos cotes, à la récupération politique honteuse qui en est faite de notre côté de la Méditerrané ? Comment résister à l’envie de tout envoyer valser pour partir élever des pingouins au pôle Nord ou des manchots au pôle Sud (à moins que ce ne soit l’inverse) ? Ne vous inquiétez plus, chers lecteurs, je suis là pour vous.

Conseil numéro 1 : Riez

Il va falloir tenir des statistiques sur le nombre de fois où j’ai utilisé cette citation du Nom de la Rose mais tant pis :

« Le rire tue la peur, et sans la peur il n’est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n’y a plus besoin de Dieu. »

Même sans être athée, qui veut d’un Dieu qui n’existe qu’en creux du Diable ? Franchement ? Si vous croyez en un Dieu qui est amour, très bien, mais si vous croyez en un Dieu qui va vous envoyer en enfer si vous mangez des bananes flambées et si vous laissez le voisin manger des bananes flambées, lâchez l’affaire les gars. Et accessoirement, occupez-vous de vos miches, qu’est ce que ça peut vous foutre ce que Michel prend au dessert ?

Donc, face à l’obscurantisme, qui est quand même responsable d’une solide partie (sinon de la totalité par effet domino) du potentiel plombant de l’année qui s’annonce, rions. Comment ? Achetez un journal satirique, aucun marasme ne peut résister à un dessin de Sarkozy en slip de bain.

untitled

Conseil numéro 2 : Rigolez

Je ne vous refais pas le topo sur le Nom de la Rose. Mais franchement, quand on entend ce qu’on entend sur … au hasard, les fuites d’eau, il est facile de perdre tout espoir. Alors ayons au moins le désespoir poli, et rigolons un bon coup, ça ira mieux, peut-être.

Pour cela, toutes les radios généralistes proposent une tranche rigolade aux alentours de 17h (il parait que certains commencent même plus tôt, mais préférez la qualité à la quantité). Même en étant très grognon suite à une semaine particulièrement pourrie, il est impossible de résister à une vanne chantée sur l’inculture de Sarkozy.

Conseil numéro 3 : Marrez-vous

<Paragraphe en attente pour cause d’absence de Guignols dans mon écran. Nous nous excusons pour la gène occasionnée et vous invitons à adresser vos lettres de reproches et autres réclamations à Vincent Bolloré>

Et surtout chers lecteurs, n’oubliez pas, les cons n’ont sur vous que le pouvoir que vous voulez bien leur donner. Alors le prochain qui vous dit que vous êtes contre nature, que vous irez en enfer, que Satan vous habite, que vous êtes un infidèle, que Dieu ne vous a pas créé comme ça, que vous vivez dans le péché, que les migrants viennent jusque dans nos bras égorgez nos fils et nos compagnes1, que blabla dictature socialiste blabla on va apprendre à nos enfants à se masturber à l’école c’est un scandale ou que sais-je encore, rigolez lui à la gueule. Ça lui fera les pieds.

  1. Oui parce qu’il faudrait voir à ne pas oublier l’obscurantisme politique