« Entre haut et bas souvent femme varie, si elle se débat c’est pour mieux dire oui »

(Les sublimes paroles qui ornent le titre de cette chronique sont signées Jeanne Cherhal.)

Je passais par là, et justement j’étais en train de me dire que ce serait bien que certains gros cons arrêtent de penser qu’une femme en politique a la même fonction que la plante verte se languissant dans votre salon.

« Ce qui n’est pas français, c’est de donner l’autorité aux femmes », avait déclaré Napoléon en 1804. En l’an de grâce 2015, certains sont encore à ce stade. D’autres ont évolué, en découvrant que finalement, les femmes en politique, ça pouvait être une bonne idée. Bah oui parce que vous voyez, une femme, ça a des seins. Et des jambes. Bien vu, trouducul !

Nul besoin d’être abonné au Point (quelle idée de toute façon) pour lire les premières lignes de l’article délicieusement sexiste de Jean-Paul Brighelli (un pote à Dupont-Aignan) : « C’est dans Annie Hall que Woody Allen développe le concept californien de LVS – la ligne visible du slip. Mercredi, Najat Vallaud-Belkacem l’a réactualisé en LVS 2 – ligne visible du soutif ». Plutôt marrant ce Jipé, il fait une habile entrée en matière avec Woody Allen, et glisse lentement mais sûrement vers la poitrine de notre ministre de l’éducation nationale, à qui nous avons déjà écrit une déclaration d’amour ici. Vous avez le droit d’imaginer Jipé en train d’écrire ces premières lignes consacrées au soutien-gorge de Najat Vallaud-Belkacem, tandis que s’animent des parties encore trop peu connues de sa propre anatomie.

Et oui, en 2015, si une femme fait de la politique, c’est parce qu’elle a un soutien-gorge qu’elle peut fièrement exhiber à l’Assemblée Nationale, dans le but de servir ses intérêts politiques. Merde alors, si on avait su.

Mais pensez-vous que l’Assemblée Nationale est dupe ? Bien sûr que non ! Ils ont bien compris le petit jeu mesquin de ces femmes politique. Et heureusement que Brighelli est là pour nous montrer que le rouge à lèvres et les boucles d’oreille de Najat Vallaud-Belkacem n’étaient qu’un « écran de fumée ». Et même si au fond d’eux, ça ne les dérange pas d’observer quelques belles formes féminines (*insérer un rire de beauf ici*), nos députés ne vont certainement pas se laisser faire face au pouvoir d’une paire de seins. D’où ce grand moment politique.

https://www.youtube.com/watch?v=BAG1MrLtAEs

Bouh, Duflot qui se ramène avec une robe à fleurs, bouh ! Ci-dessus, l’assemblée phallocratique qui a refusé l’amendement sur la taxe tampon, et qui a apparemment un peu de mal à comprendre que toutes les femmes ne sont pas particulièrement heureuses d’être traitées comme des objets.

Donc voilà, les femmes sont nommées parce qu’elles sont séductrices, elles jouent de leurs charmes pour servir leurs desseins1 politiques, et quand elles ne savent pas quoi faire elles « sucent leur stylo très érotiquement ».

La bonne femme politique est donc la femme laide qu’on ne soupçonnera pas d’avoir été choisie pour son physique, la femme blanche qu’on ne soupçonnera pas d’avoir été choisie pour sa couleur de peau, et qui si possible ne se fait pas trop remarquer puisque de toute façon, la femme politique ne peut par définition ne gagner aucun combat politique, ce domaine étant réservé strictement aux hommes. Et qu’elle n’essaie pas de l’imiter en apprenant – mal, fatalement – le code du travail par cœur, Bourdin l’attendra au tournant.

En fait, une bonne femme politique se plante. Elle est moche et elle rate ce qu’elle entreprend. En fait, la bonne femme politique, c’est Nadine Morano. Heureusement que Brighelli était là pour nous le rappeler.

Pourquoi il faut toujours que ça retombe sur moi ?

Pourquoi il faut toujours que ça retombe sur moi ?

  1. Ce jeu de mot est involontaire.

Mon sang n’a pas d’orientation sexuelle. Mon sang est abstinent.

(L’image d’en-tête est tirée du site internet de Stop Homophobie, qu’on embrasse chaleureusement et à qui on envoie des licornes ♥.)

Le don du sang pour tous, ou l’art de ne faire que des mécontents même en faisait des trucs bien. Marisol Touraine proclamait récemment, comme si elle annonçait l’abolition de l’esclavage, l’abolition d’une discrimination subsistant les hétérosexuels sains d’esprit et les homosexuels contre-nature, en autorisant le don du sang pour tous. Oui, bon, à certaines conditions. Il sera surtout ouvert à certaines personnes dont voici une liste à peu près exhaustive :
– Philippe Ariño, homosexuel catholique opposé au mariage pour tous et qui démontre que « l’amour homosexuel n’existe pas », dont nous vous reparlerons bientôt ;
– Le personnage principal de Toute Première fois, qui finalement préfère les femmes, c’est ballot ;
– Les homosexuels moches et/ou puceaux majeurs.

Enfin bref, si on veut donner son sang, il ne faut pas donner son sperme, et ce pendant un an. Pourquoi ? Parce que les homosexuels sont considérés comme des gros dégueux aux pratiques aussi contre-nature que dangereuses qui ont tous le sida à force de faire des choses très sales.

Face à cela, plusieurs réactions. Celui du facho qui dénonce l’idéologie socialiste, et qui, entre un twitt négationniste et un autre anti-kébab, va se plaindre que les pédés ont de nouveaux droits.

De toute façon, les homosexuels, qui sont des gens très sales, ne vont pas réussir à être abstinents pendant un an, ils vont forcément vouloir coucher à droite à gauche sans pouvoir refouler leurs malsaines passions, tandis que les gentils hétérosexuels savent se montrer beaucoup plus continents et sages, heureusement qu’ils sont là.

Le site internet Christ News, dont le nom-même nous montre à quel point il est inspiré par la lumière divine, nous met en garde : « selon un sondage du fabriquant de préservatif Durex, la moyenne de relations sexuelles d’un gay est de 108 ». L’histoire ne dit pas si c’est 108 sur toute sa vie, 108 par an ou 108 par semaine, personnellement, j’en suis à peu près à 108 par jours, avec 108 compagnons différents, et je suis sans aucun doute sous la moyenne.

Toujours aussi éclairé, le site internet, qui n’hésite pas à ajouter un « e » à Marisol, parce que sans « e » ça pose sans doute un problème de genre, prend en référence l’institut russe de Pathologies, la Russie étant un pays très connu pour sa grande ouverture d’esprit vis-à-vis des orientations sexuelles exotiques, assurant que non seulement le sang homosexuel (opposé au « sang classique ») permet la propagation du sida, puisque je rappelle que nous sommes TOUS atteints à cause de nos pratiques déviantes, mais aussi et surtout permet la propagation de l’homosexualité elle-même. Le sang gay rend gay. Tout cela est très logique. Manger un kébab rend arabe, se priver de charcuterie rend musulman, cuire du riz bride les yeux. Et pour rester dans le domaine scientifique, se faire greffer le cœur d’une personne décédée nous conduit irrémédiablement à notre tour vers la mort. Comme quoi, hein !

Soucieux de vérifier les sources de cet article fort instructif, j’ai cherché ce qu’était exactement l’Institut Russe de Pathologies, histoire d’être certain que ce n’était pas l’autre nom du Ku Klux Klan. Google n’en a pas trouvé la moindre trace (à part sur le site parodique Nordpresse).

Mais ce qui m’énerve le plus finalement dans cette histoire, ce ne sont surtout pas ces néo-nazis qui ne déclenchent chez moi rien de plus qu’un petit rictus amusé, et à qui on apprendrait sans doute quelque chose en leur disant que nous aussi, homosexuels de notre état, on a des globules de race blanche.

Non, ce qui m’énerve, c’est toi, toi et toi, qui ne lit que ce que les journaux ont mis en gros titre, qui réagit à chaud sur un sujet dont tu n’as pas lu trois lignes.

Parce que oui, nous demander d’arrêter de coucher pendant un an afin de pouvoir prétendre à donner notre sang, c’est pas vraiment ce qu’on appelle « l’abolition de la discrimination ». Mais ce n’est pas, comme j’ai pu le lire à travers les 140 caractères de messages énervés, « pire » que l’interdiction totale. C’est dans cette interdiction que résidait la vraie discrimination. Pas dans ce premier pas vers l’égalité des droits.

Et puis plutôt que de réagir à chaud sur des gros titres, sur des hashtags, est-ce qu’on ne pourrait pas se taire et écouter Marisol parler ?

L’abolition totale de la discrimination est prévue pour 2017. Une véritable avancée est promise, et ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une « nouvelle stigmatisation ». Alors on a le droit de ne pas croire à ces promesses de la ministre de la Santé, mais en attendant, le débat sur le don du sang pour tous avance plus, et connaît des réalisations bien plus concrètes que ceux sur la PMA et la GPA qui sont lentement repoussés vers l’abîme de l’oubli. Oui, nous demander d’être abstinents pendant un an pour donner notre sang est encore discriminant, mais cette situation est appelée à changer. C’est un premier pas vers l’égalité, une période de test qui rassure les demandeurs de sang face au risque du sida et contribue à construire, lentement, le majestueux tombeau de la discrimination.

En résumé, ce qui est grave, ce n’est pas d’ouvrir de façon temporairement limitée le don du sang aux homosexuels. Ce qui est grave, c’est de penser que les pratiques homosexuelles sont forcément liées au sida, et de jouer sur cette peur en faisant parler les chiffres qui jouent contre nous. Les chiffres, parce que rien de plus solide ne peut justifier notre exclusion totale du don du sang. La vraie discrimination, la vraie stigmatisation, elle est là. Mon orientation sexuelle n’est pas dangereuse. Mon sang n’a pas d’orientation sexuelle. Mon sang est abstinent.

Que ceux qui trouvent cette loi stigmatisante cessent de se plaindre, qu’ils désobéissent. Quand on veut donner son sang, ce n’est pas vraiment compliqué de se faire passer pour hétérosexuel, même si c’est encore plus facile de cracher sa colère en 140 caractères sans agir. En attendant 2017 et l’égalité des droits, si on pouvait se montrer un peu plus sympathique avec le gouvernement qui nous a permis de nous marier, d’adopter, et bientôt de donner notre sang, ça serait sans doute une bonne idée. Après, si vous voulez vraiment vous indigner, il y a Robert Ménard et Nadine Morano, voire notre ami le 49-3.

Puisque c’est comme ça, tu seras privé de Synode !

(L’image d’en-tête est utilisée de manière extrêmement illégale et provient du Refuge)

Dans la liste des gens qui ne sont pas vraiment susceptibles de chanter I kissed a girl and I liked it, on a :
– Alain Finkielkraut, il préfère invoquer Booba. Et de toute façon, sans doute a-t-il assez peu eu d’occasions d’embrasser une fille.
– Frigide Barjot, elle, elle fait directement l’amour avec deux doigts.
– Ludovine de la Rochère, elle préfère Sardou1 (on pense).
– Krzysztof Charamsa, prêtre polonais gay.

Alors ouais, dans la vie, y a des gens qui cumulent les trucs improbables. Ils sont gays, ET EN MÊME TEMPS ils sont prêtres, ET EN MÊME TEMPS ils s’appellent Krzysztof. On peut se demander ce qui est le plus improbable. Être Alain Finkielkraut et citer Booba OU être un prêtre gay ? Avoir une orientation sexuelle exotique OU avoit un prénom avec une majorité de z ? Ou alors être au XXIè siècle, et être démis de ses fonctions de prêtre à cause de son orientation sexuelle ?

Surtout que bon, c’est pas comme si Krzysztof était le very first one ever homosexuel à l’Église, hein. Je suis pas en train de dire que le lobby gay est aussi arrivé jusqu’ici2, mais bon … Voilà un exemple parmi d’autres de lèche-cul qui montre bien que certains abbés ne sont pas totalement indifférents lorsqu’ils sont face au Pape François. N’est-ce pas, Abbé Grosjean ?

Je ne reviendrai pas sur la légitimité à accorder au Pape un prix Nobel de la paix, vue l’évolution de la paix dans le monde ces derniers temps, c’est plutôt un ratage complet et général, mais … Aaaaah, en même temps je vous comprends les mecs. Qu’est-ce qu’il est beau ce pape quand sa magnifique robe soutane virile blanche vole au vent avec grâce et volupté. Ce bel habit blanc, couleur d’une virginité qu’il serait si tentant de dérober. Et sa magnifique calotte, posée sur son crâne d’homme mûr, qui n’aurait pas envie de la décalotter ? HUM.

Toujours est-il que le coming-out fracassant de notre cher Krzysztof, qui partage maintenant avec un membre de l’équipe l’orientation sexuelle inhabituelle, mais aussi avec plusieurs autres le fait d’avoir un patronyme à coucher dehors avec un billet de logement, a dû remuer chez nos chers abbés, nos chers cardinaux, nos chers prêtres et nos chers évêques quelque chose qui fait mal, qui fait mal, et qu’il serait légitime – et en tous cas plutôt marrant – d’interpréter comme le refoulement de leur propre homosexualité. Ça les a tellement remués que Krzysztof s’est fait priver de Synode, à la manière de Jojo qui s’est fait priver de ciné. L’histoire ne dit pas si Jojo était homo.

Bref, tout ça ne va certainement pas participer à véhiculer l’image d’une Église tolérante, et ouverte sur le XXIè siècle. En même temps, réunir 253 hommes pour faire une grande réunion, ça a jamais été une idée fabuleuse. La dernière fois c’était pour l’Université d’été du MEDEF3, et tout ce qui en est ressorti, c’est une remise en cause des 35 heures, entre deux chips triangulaires plantées dans du guacamole anti-cholestérol. Mais cette histoire, c’est quand même une super bonne nouvelle pour l’image de la Pologne. Je vous rappelle que la dernière fois que le nom de ce pays a été évoqué dans la presse, c’était quand Michał Kwiatkowski, polonais de son état, a fait un featuring sur le premier album d’Élodie Frégé, alors grande gagnante de la Star Academy. Il avait chanté en français avec un accent plus que discutable, genre de mec qui doit pas trop partager nos racines chrétiennes, donc sans doute un ami à Nadine. Et puis l’autre fois où la Pologne a présenté un semblant d’intérêt médiatique, c’était pour son annexion par l’Allemagne. Grosse ambiance.

Alors on dit merci qui ? MERCI KRZYSZTOF !

  1. Message subliminal : suivez-nous !
  2. Oui, on ne met pas les pieds n’importe où, hein. Donc ne nous cherchez pas au FN, et il fait trop froid dans les églises.
  3. Le contenu de cette phrase n’a pas été vérifié par notre stagiaire, mais en gros, je crois que c’est ça.

Des noisettes, du lait écrémé, on ne ment pas aux enfants

Mes chers lecteurs, mes chers amis, mes chers amis de Facebook, mes chers followers de Twitter, mes chers collègues activistes du lobby LGBTQIFAZERTYUIOP-rayez-les-mentions-inutiles1, mes chers douze lecteurs et demi, mes chères Muses2, ma chère rédactrice en chef <3, mon cher toi.

Cher toi, tu trouves pas qu’il serait grand temps d’arrêter ce carnaval ? Ah non, je ne suis pas en train de parler de la gay pride, tu y seras d’ailleurs le bienvenu quand tu auras cessé de refouler l’exotisme de ta propre orientation sexuelle, ce qui se produira peut-être que tu auras cessé d’aller occuper l’espace public pour aller gueuler contre la ministre que tu te retiens (ou même pas, d’ailleurs) de comparer à un singe, et puis contre le Président, et puis contre le gouvernement, et puis contre la France ce pays où tout fout le camp, juste parce que des tapettes et des gouines ont désormais autant le droit que toi de fonder leur famille. Déjà, rassure-toi, si vous avez les mêmes droits si vous pouvez tous deux avoir des enfants, c’est quand même plus simple pour toi. Oui, c’est plus simple pour Elisabeth et Pierre-Marie que pour Camille et Dominique, c’est beaucoup plus simple pour Gérard et Léopoldine que pour Claude et Élie, quelque soit le genre de ces respectables personnes.

Mais je m’égare.

Alors, cher toi, ça va bien, dans ta tête, sinon ? Ça t’émancipe de marcher dans la rue en criant des slogans à la con sur des musiques de merde (en tous cas un peu trop mainstream pour le hipster qui sommeille en moi, tu peux pas comprendre t’es trop vieux) ? C’est enrichissant physiquement de rester planté debout devant le ministère de la Justice ? C’est enrichissant intellectuellement d’écrire des chansons dénuées de sens sur le diktat des socialistes ? Tu trouves pas ça un peu so 1695 de vouloir que le mariage à l’église soit le seul valable ? Tu penses pas que c’est so 1431 de vouloir brûler des sorcières ?

Oui, bon, je suis peut-être un peu violent avec toi, cher toi. Tu m’en excuseras, mais après bientôt 3 ans à supporter ton intolérance, à te regarder déambuler dans les rues quand tu ne sais pas compter combien tu es, à voir tes affiches mensongères, tes slogans qui vomissent une intolérance dont la dissimulation est toute relative et assez discutable.

Enfin voilà, tu trouves pas que c’est un peu passé de mode, La Manif Pour Tous ? C’est quand même teeeeellement 2014. Et encore, je crois qu’en 2014, on disait déjà que c’était tellement 2013, mais on a toujours un (petit ?) train de retard quand on est réac, donc tout cela reste relativement cohérent
Bref, ça vous dirait pas de changer d’air, un peu ? De passer à autre chose ? De lâcher un peu vos drapeaux immondes pour du chocolat ? Allez, on arrête la manif pour tous et on passe au « Chocolat noir 70% pour tous ». Voire au Nutella pour tous. Des noisettes, du lait écrémé, Nutella, on ne ment pas aux enfants. Vous gagnerez sans doute en adhérents (surtout si vous ajoutez les noisettes), et on vous gueulera moins dessus si vous tentez de devenir un parti politique. Je veux bien vous subventionner, moi ! Et puis mieux, vous aurez le droit d’être intolérants. Avec ceux qui aiment le chocolat blanc. Oui, paradoxe cruel pour les plus racistes d’entre vous, mais vous vous y ferez.

En plus le chocolat, et a fortiori le noir, c’est aphrodisiaque. Et à mon avis, c’est une sacré bonne nouvelle pour la plupart d’entre vous. Bah oui, Jean-Yves. À force de pas vouloir utiliser de capote pour éviter un génocide à chaque rapport sexuel (comprendre ici : à force de ne pas du tout baiser), la dernière fois que tu as eu une partie de jambes en l’air avec Monique, c’était pour donner naissance à Pierre-Marie, et Pierre-Marie fête ses 25 ans aujourd’hui. Alors une fois que tu l’auras appelé pour le lui souhaiter (je suis sympa, je te le rappelle), tu pourras faire un calcul tout simple et te poser quelques questions…

Bon, voilà, je vous laisse réfléchir. Ou bien vous ne lâchez rien, ou bien vous continuez à vivre votre vie ne vous apportant que décrépitude et aigreur. En attendant merci de laisser les zomosexuels vivre tranquilou leur sexualité qui ne concerne qu’eux, eux qui au moins ont eu le mérite de comprendre l’exotisme de leur orientation sexuelle. Rassurez-vous, il n’est pas encore trop tard pour les quelques quinquagénaires d’entre vous.

Je vous embrasse avec passion et volupté, vous allez en avoir besoin. Bon courage pour la suite et sortez couverts.

  1. Petite mise au point à ce sujet. LGBTQIFA signifie Lesbiennes – Gays – Bisexuels – Transgenres – Queers – Intersexes – Féministes – Alliés. On ajoutera bientôt le N de noirs, le J de juifs et le M de musulmans, parce que le lobby est sur tous les fronts et de tous les combats. Wesh.
  2. Pour rappel, je parle bien ici de Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, et Nadine Morano

Le gender aussi fait sa rentrée, pour le meilleur et pour de rire

Alors cette semaine, c’est la rentrée. Et la rentrée, c’est un thème choc, un concept phare, un sujet polémique, qui nous concerne tous individuellement. J’irai même jusqu’à dire que je suis le premier concerné. Je vous explique.
Un peu fatigué entre un passage de permis foireux et un déménagement chaotique, j’avais décidé de me reposer sur Twitter. Sauf que Twitter était, comme souvent, infesté de hashtags portés par un lobby encore plus puissant que celui que je représente au sein de ce blog (à savoir le lobby gay), le terrifiant lobby des One Direction. Mais si, les 1D, les garçons qui couchent ensemble et qui se séparent, on sait plus bien. Je quittais donc mon navigateur Internet, dépité. Vous ne voyez pas le rapport avec la rentrée ? Moi non plus, attendez la suite.

Je quittais donc mon navigateur, désœuvré, conséquence de quoi je m’installais sur le canapé de mon salon pour parcourir les pages du Ouest-France (quotidien du grand ouest, pour les gens bizarres qui ne vivraient pas du bon côté de la France) acheté au Super U en même temps qu’une pâte feuilletée premier prix et des filets de poulet, quand mon attention fut captée par un article sur la rentrée, annonçant vaguement de grands bouleversements pour les enfants entrant en maternelle en septembre 2015. J’avoue que du côté des grands changements pour la rentrée, j’étais resté sur la très décriée réforme du collège.

Mais si, vous vous souvenez, cette réforme qui permettait l’accès au grec et au latin à tous les élèves tout en supprimant ces options (?), ce bouleversement qui allait tuer aussi l’apprentissage des langues vivantes tout en permettant son accès à tous les élèves de cinquième (??), et qui allait évacuer les racines catholiques fraaaaaançaises des programmes d’histoire1. Bref, l’anarchie la plus totale pour ce projet qui avait l’air plein de paradoxes, et qui n’était pas vraiment clair dans ma petite tête.

French Minister for Women's Rights and Government Spokesperson Najat Vallaud-Belkacem looks on during a weekly session of questions to the government on October 9, 2013 at the National Assembly in Paris. AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Ci-dessus, les yeux de la perverse Najat qui est en train de s’infilter dans vos esprits pour y glisser le gender, mwahaha.

Partant de là, on avait de quoi s’inquiéter. Qu’est-ce que cette sorcière de Najat Vallaud-Belkacem (que nous nommerons NVB pour le reste de cet article, parce que ça va plus vite) a encore fait à la maternelle ? Aurait-elle commis l’affront de remplacer l’apprentissage des chiffres romains par la numération arabe ? Aurait-elle supprimé les cinq heures hebdomadaires de lecture de la Bible ? PIRE, aurait-elle pu rendre les classes de maternelle MIXTES ? Et par mixte, je ne parle pas d’un mélange filles-garçons, bien qu’il soit déjà condamnables. Imaginez qu’on accepte que nos enfants, nos enfants fraaaaaaançais, cohabitent avec des noirs et des arabes ?

J’ai donc fait quelques recherches, et je me suis rendu compte que NVB n’avait rien fait de tout cela, pour la bonne raison que ces réformes avaient déjà été prises. J’ai failli faire un AVC, je me suis dit qu’il y avait que les communistes pour promulguer ce genre de lois, j’ai regardé quand est-ce que les communistes avaient été au pouvoir pour la dernière fois, j’ai pas eu de résultats, et je me suis dit que taper « communistes au pouvoir » dans Google allait sans doute mettre la NSA sur ma piste, j’ai quitté l’Internet.

Reprenant mes esprits, je me suis mis de nouveau à imaginer le pire. Et si, en 2015, c’était le gender qui allait faire sa rentrée. Alors le gender, ne me demandez pas ce que c’est exactement, je sais pas non plus, je sais juste qu’il faut se méfier. Non parce qu’avec tout ça, les garçons vont devenir des filles et les filles vont devenir des garçons. Après avoir tenté d’instaurer des cours de masturbation, NVB aurait-elle de nouveaux plans macabres ? Déguiser les garçons en fille, faire porter des jeans aux jeunes filles, donner des cours de cuisine aux garçons, accepter que les filles viennent à l’école à vélo, tout cela dans le but de servir la dictature socialiste… Je me disais que le champ des possibles était plutôt vaste pour NVB, nouvelle plutôt mauvaise pour quelqu’un d’aussi mauvais et malintentionné.

Et puis je suis allé un peu plus me renseigner, parce que mon sang ne faisait plus qu’un tour dans son sac (je crois…), et je suis tombé sur un article du Monde, qui disait « Moins de pression en grande section de maternelle », et aussi des trucs comme « nouveaux programmes, qui insistent sur le langage, la socialisation et le jeu », et du coup j’arrivais plus à m’inquiéter.

Pfiouh, il faut vraiment que je me repose, moi. Je ne sais plus quoi penser.

  1. Le rédacteur de cet article aimerait préciser qu’il se souvient encore du traumatisant chapitre sur les racines du christianisme qui fut l’un des plus inintéressants de l’année, et salue donc cette réforme.

Christiane, laissez-moi être votre première dame

Bonjour à tous, et bonjour à madame Taubira qui, je le sais, me lit avec un sourire aussi ému qu’amusé depuis le ministère de la Justice.

Je suis très heureux que vous me lisiez madame Taubira, parce que voilà, je dois vous le dire, je vous aime. J’en parlais justement avec des potes à la terrasse d’un café un jour où il ne pleuvait pas (ça commence à remonter), et ils parlaient des filles qui leur plaisaient. Et là, au moment où tout le monde s’attendait à mon (vibrant) coming-out, je lâche, d’une voix à mi-chemin entre la fermeté et l’innocence, « Christiane Taubira ».

J’eus au moins le mérite de clore la conversation. J’imagine que la stupeur aurait été moindre si j’avais annoncé ma préférence pour Emmanuel Macron, mais c’est une autre histoire.
Mais du coup, je vous le dis, vous êtes vraiment le genre de femme qui me plaît. Pas seulement parce que vous êtes ministre, non, mais simplement, vous êtes toujours cet ange brillant dans l’obscurité glaciale, cette lueur d’espoir qui me rappelle que j’ai bien fait de voter Hollande en 2012. Enfin non, plutôt que j’aurais bien fait de voter Hollande si j’avais été en âge de voter en 2012, on s’est compris.

Le jour où vous invoquez Léon-Gontran Damas pour comparer avec talent la beauté du projet de loi sur le mariage pour tous (j’ai bien compris ce jour-là que je vous intéressais aussi, avouez-le) à celle de la rose dont la Tour Eiffel assiégée à l’aube voit enfin s’épanouir les pétales, sa grandeur à celle d’un besoin de changer d’air, et sa force à celle d’un cri aigu d’un accent dans la nuit longue, vous libérez chez moi un tel sentiment d’amour et d’émerveillement, dont l’immensité serait comparable aux comptes de campagne de l’UMP.

Lorsque, sur iTélé, on vous interroge sur Marine Le Pen, vous répondez « c’est qui, ça ? ». J’oublie alors le tout aussi mythique « Bonjour vous n’avez pas honte » prononcé par un inconnu sur une radio tout aussi inconnue et je ne vois que vous, vous qui maniez aussi bien l’aphorisme que la joute verbale, le long discours et la discrète plaisanterie. J’aime tellement vous entendre et vous voir parler que je me repasse en boucle vos réponses aux « Questions au gouvernement ». A vous toute seule, vous pourriez me divertir et m’émerveiller davantage qu’une animation du Futuroscope, ou qu’un one woman show de Sophia Aram.

Christiane belle
Elle est bonne celle-là !

Quand, dans la revue Society, vous ne vous gênez pas pour critiquer les paroles d’un ministre socialiste étant sans doute à l’heure actuelle en train de planter ses chips triangulaires dans le guacamole offert gracieusement par l’Université d’été du MEDEF (en tous cas pas celle du PS), quand vous dîtes des paroles d’Emmanuel Macron sur le rêve des jeunes français de devenir milliairdaires qu’elles ne peuvent en aucun cas refléter l’évolution de la parole de gauche, malgré l’appartenance de cet homme au gouvernement actuel, je continue de vous admirer, je continue d’être sous le charme, épris de vos belles paroles, amoureux de votre langage. J’ai envie d’être votre homme, votre marié pour tous, votre rose du PS, votre projet de Loi, votre Sceau, voire l’une de vos Queens1.

A l’Assemblée Nationale, le jour où Éric Ciotti vient vous apostropher, ayant cru déceler en vous une cible facile, vous qui avez longtemps été accusée d’avoir fait perdre la gauche en 2002, comme si toute la colère et tout le dénuement dans lesquels se retrouva plongée la gauche républicaine lors de ces sinistres élections devaient irrémédiablement se retourner contre vous, lorsque vous accusez en retour ce pauvre individu de ne pas réussir à réprimer à votre égard un « sentiment contrarié », cette répartie discrète, cette emphase sur ces deux mots prononcés avec votre grâce et votre élégance naturelles me laissent béat. Quelle style, quelle audace, quelle classe !

Je ne vois franchement pas ce qui pourrait s’opposer à la rencontre de nos destins. L’âge ? Quelle importance ? Bon, c’est vrai que vous pourriez être ma grand-mère, bien que vous soyiez beaucoup moins ridée. Mais vu que ma grand-mère maternelle est morte, ça me dérangerait pas que vous puissiez la remplacer, du coup. Après, c’est vrai que je n’ai jamais couché avec ma grand-mère, et pas seulement parce que je n’en n’ai pas eu le temps. Mais à la limite, pour ce domaine, cette fois je l’avoue, le beau et ténébreux Emmanuel Macron me tente plus, donc la question ne se posera pas. Ne vous en offusquez pas, vous êtes toujours ma préférée. Vous vous attirerez sans doute des jugements déplacés de quelques couards de l’UMP face auxquels vous saurez faire face avec force et détermination !

Oui, notre union mettrait un terme à mes ambitions de devenir un jour un grand journaliste. Mais quelle importance ! Carla Bruni a bien réussi à sortir des albums, Valérie Trierweiler s’est mise à écrire des bouquins… Pourquoi ne pourrais-je donc pas être votre première dame en 2017 ? Je suis d’accord pour qu’on fasse notre lune de miel à Cayenne, si vous voulez. Je suis prêt à tout pour vous, à lire tout Césaire et tout Senghor, à oublier les 49-3, et à apprendre le code civil par cœur, mieux que le code de la route. Je vous demanderai juste un autographe pour ma maman, s’il vous plaît.

Je nous vois bien finir notre vie dans une grande bibliothèque avec les sous que vous aurez économisé (garde des sous, c’est plus ou moins votre boulot, non ?), nous pourrions nous lire des poèmes et des extraits de roman à longueur de journée. Je serais votre Guillaume Galienne, vous seriez ma Kathleen Evin, nous aurions l’humeur vagabonde, parce qu’après tout, ça peut pas faire de mal.

Oui, sans doute devez-vous me trouver bien sot à poster mes vulgaires chroniques lues par douze personnes et demi, sans doute devez-vous trouver cette déclaration bien maigre et sans vraie valeur alors que doivent sans doute fleurir sur votre bureau, des courriers bien plus beaux (et sans doute moins sincères). Eh bien oui, sans doute, je suis sot. Alors gardez-moi !2

Ne refusez pas, je suis tout à vous.

  1. Parce que Christiane and the Queens. Pour ce jeu de mots, merci de vous adresser à notre stagiaire : machineacafe@trollsalunettes.fr
  2. Pour ce jeu de mots de trop, merci de vous adresser à notre autre stagiaire : photocopieuse@trollsalunettes.fr