Casse toi pov’ con.

Dans les brumes de la fièvre provoquée par ma première crève de l’hiver (si tant est qu’on puisse parler d’hiver) et la vague gueule de bois provoquée, elle, par les résultats des régionales (putain, Pécresse et Wauquiez c’est La Manif Pour Tous les gars, vous pensiez à quoi en allant voter ?) je sirote des litres de thé, qui n’améliorent que faiblement ma condition, tout en glandouillant sur les réseaux sociaux, j’ai le droit aujourd’hui, je suis malade d’abord.

Entre deux blagues sur les départs de NKM et de Julien Lepers respectivement de LR et de Question pour un champion, je vois apparaitre un certain Robert, que je ne connais pas, qui se dit dégouté et déclare vouloir quitter la France. Naïvement, je pense qu’il s’agit d’un Francilien ou d’un habitant de la région Rhône-Alpes-Provence-Allemagne-Bretagne-Poitou-Pays-Basque (ou quelque chose comme ça, je vous avoue que je m’y perds dans ce nouveau redécoupage) qui se dit que non, décidément, cette droite dure ça ne va pas être possible. Puis je vois que Robert est apparu sur mon fil parce qu’un copain a commenté son statut. Je cherche le commentaire et là, surprise, il lui suggère la Syrie. Comme mon pote est plutôt du genre cool d’habitude, je survole le reste de la conversation et me rends rapidement compte que Robert n’est pas aussi sympathique que ce que ma foi en l’espèce humaine m’avait laissé penser.

En effet, une de ses amies lui conseille de partir en Syrie, d’y vivre six mois puis de revenir par la route des réfugiés afin d’être mieux considéré en France. Bon ça c’est à supposer qu’il survive à tout ce périple, surtout que Robert a l’air d’avoir de gros problèmes de dos alors ses chances sont très compromises pour la traversée de la Méditerranée et puis il risque de galérer pendant six mois à dormir sur des tas de cailloux parce que sa maison sera toute écroulée par les bombes. Sans compter qu’à l’arrivée il va vite déchanter en découvrant les aides réelles offertes aux réfugiés. Mais ce n’est pas grave, en dépit du bon sens et de la logique, Robert est d’accord avec son amie.

C’est là que je réalise que Robert est en fait dégouté que le FN n’ait remporté aucune région. Il ne veut pas partir au Canada comme c’est la mode en ce moment, il veut partir dans un pays où la politique serait similaire à celle proposée par le Front National. Mais attends Robert, tu serais pas complètement con par hasard ? Si un pays applique une telle politique, il ne laisse donc pas rentrer les étrangers, et toi pour eux tu es quoi ? Je te laisse réfléchir trente secondes. Non ? Tu trouves pas ? Mes suppositions sur toi se confirment, Robert. Allez, je suis charitable (mais ça ne m’empêchera pas, si je trouve une crèche dans ta mairie (oui parce qu’en plus Robert ne veut pas qu’on touche à sa crèche ok !), de kidnapper Joseph pour en faire une crèche monoparentale puis de rendre Joseph devenu Joséphine pour en faire une crèche homoparentale parce que vous me faites chier avec vos crèches toutes plus moches les unes que les autres et votre laïcité à deux vitesses bande d’hypocrites1 !) je te le dis : pour eux, tu es un étranger, Robert. Et en tant qu’étranger tu ne pourras pas rentrer. Tu es donc coincé ici, en pleine dictature socialiste. Je sais, c’est moche mais hey, personne bombarde ta maison et tes sept (oui, je sais) enfants ne meurent pas noyés sur les plages. Franchement, Robert, mon pote a raison, arrête de geindre deux minutes et de manière générale, ferme donc ta gueule.

  1. Ce coup de gueule était sponsorisé par le doliprane que je n’ai pas pris parce que j’en ai plus et la pharmacie est fermée le lundi.

Je rêve ou tu es en train de frauder ?

Valérie Pécresse a dit :

« L’un des terroristes a été filmé dans le métro en train de frauder. Cela commence par là. »

Voilà. C’est tout. Vous pouvez vaquer à vos occupations. Non mais n’insistez pas, qu’est-ce que vous voulez que je rajoute à ça ? Qui vole un oeuf vole un boeuf et qui fraude dans le métro assassine des gens à la terrasse d’un café. Mais ne vous inquiétez pas, Valérie va nous sauver.

Comment ? On ne sait pas. S’il peut être vrai (soyons honnêtes deux minutes à défaut d’être de bonne foi) que la petite délinquance peut mener à la grande et qu’il est toujours bon d’attaquer le problème à la racine (mais pas au roundup, c’est interdit), comment Valérie va-t-elle nous sauver du fraudeur/djihadiste en puissance ?

Une bonne question que je ne vous remercie pas de m’avoir posée car je n’ai pas la réponse. Elle parle juste de rétablir l’autorité, ce qui me fait pencher vers plus de répression et pour plus de répression il faut quoi ? Plus de contrôle (suivez un peu sinon on ne va pas s’en sortir). Et le premier qui me dit que je vois le mal partout, je lui ressors les supers plans de Valérie pour lutter contre la drogue dans les lycées.

Sauf que selon Valérie « les transports indignes ça suffit »1. Mais voilà le problème des transports, c’est le temps que ça prend, et qu’est ce qui peut encore rallonger ce temps (outre les colis suspect, les accidents de voyageur, la neige sur les caténaires et la pluie sur les voies) ? Des contrôles et des portiques de sécurité à n’en plus finir ! Mais à quoi a-t-elle encore pensé ? Qui a dit « à rien comme d’habitude » ? Je ne le félicite pas, on a dit qu’on arrêtait avec le mauvais esprit !

Alors avons-nous définitivement perdu Valérie ? L’avons-nous jamais trouvée, pour commencer ? Les plus étourdis d’entre vous sombreront-ils dans le djihadisme lundi parce qu’ils auront été trop étourdis pour recharger leurs cartes de transport ? Vous le saurez en suivant nos prochains épisodes des Régionales 2015.

  1. Je vous jure que c’est un vrai slogan, il est collé sur la gare de mon bled !

Ivre, il tweete n’importe quoi mais garde un langage châtié.

On a perdu Philippe De Villiers. Enfin à supposer qu’il ait jamais partagé le même espace-temps que nous, mais c’est une autre histoire. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui il nous a fait une petite crise de twitt compulsif digne de Valérie Trierweiller. La preuve :

de villiers mosco

« J’ai envie de lui mettre un coup de poing dans les parties basses » c’est du PuyDuFousien pour « Wesh, j’vais lui latter les couilles à c’bâtard ! » Néanmoins l’utilisation, pour ce faire, des mains et non des pieds ou des genoux comme le veulent l’usage, la pratique et l’ergonomie (sauf si tu essayes de broyer les parties1 d’un mec qui fait un mètre de plus que toi) m’incite à penser que Philou n’est pas uniquement animé par la violence, si vous voyez ce que je veux dire. Si vous ne voyez pas, je sous entends qu’il y a là l’expression d’une sexualité exotique refoulée (comme dirait Colin) et que De Villiers aimerait bien filer un coup de main à son ami pour qu’il ne soit pas réduit, comme Laurent Wauquiez, à regarder Youporn tout seul dans son coin les samedis soirs. C’est beau la charité chrétienne.

  1. Je sens qu’éviter les répétitions va vite devenir un calvaire.

Sympas ces chemises noires, vous m’en mettrez une douzaine.

Il y a des jours où on est confronté à tel niveau de stupidité et d’indécence qu’on résiste péniblement à sortir la fameuse citation d’Audiard usée jusqu’à l’os (la citation, pas Audiard, observez un peu les accords de participe passé !) « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »  De toute évidence, malgré mon usage habile de la prétérition, je n’ai pas résisté1. J’espère que vous me pardonnerez, mais enfin, mettez-vous à ma place (et à celle de mes compagnons d’infortune un peu partout derrière leurs postes de radio, je comprends votre douleur mes amis, restez braves et ensemble nous nous remettrons de cette épreuve) : mes chocapics sont à peine digérés, j’ai le nez dans mon café au lait, je suis pas douchée et coiffée comme un dessous bras2 et j’entends ça :

Admettez que c’est rude !

J’essaye de me mettre dans la tête d’un Syrien, dans un pays ravagé par la guerre civile et face à des égorgeurs fous qui décapitent des gens parce qu’ils sont chrétiens (ou juste comme ça, parce qu’ils peuvent), en jettent d’autres du haut des immeubles parce qu’ils sont homosexuels, et égorgent d’autres musulmans parce qu’ils croient pas en Dieu tout à faite comme eux, mais je n’arrive qu’à me faire une image floue de l’horreur que ça doit être. Une armée avec des avions, des chars et du gaz moutarde d’un côté, des fous armés de kalachnikov de l’autre et les civils au milieu, armés de couteaux à beurre. Des civils tellement désarmés (au propre comme au figuré) qu’ils préfèrent risquer leur vie et celle de leur famille en traversant la Méditerranée sur des bateaux pneumatiques mal gonflés, traverser l’Europe à pied et/ou entassés dans des trains, dormir sur le bord de la route pendant des semaines que rester chez eux.

Et moi je suis là, le nez au dessus de ma tasse de café au lait à écouter une conne3 qui me donne envie de défenestrer ma radio et je me dis que j’ai encore bien de la chance de ne pas avoir à fuir mon pays (parce que non, je ne suis pas du genre à me battre hein, soyons honnête, je suis une planquée, on me retire mon clavier y’a plus personne) pour tomber sur ce genre d’abrutis à l’arrivée4.

  1. Et de toute façon c’était ça ou « ah si tu pouvais fermer ta gueule ».
  2. Non, je ne me lève pas tôt, mais enfin, c’est moi le boss, je fais ce que je veux !
  3. On me signale dans l’oreillette que je me trompe et de blonde, et de Bedos et que pour celle là c’est salope fascisante qu’on a le droite de dire. Au temps pour moi.
  4. Peut-on traiter Marine Le Pen et Robert Ménard d’abrutis ? On ne sait pas, la justice n’a pas encore tranché, envoyez vos dons pour mes frais d’avocat !