Un temps de Bolloré

« Un temps de président » était diffusé hier. Pendant six mois, Yves Jeuland a suivi François Hollande. Imaginez s’il avait fait pareil, mais avec Vincent Bolloré. On l’aurait vu, parcourir les couloirs de Canal Plus, licenciant des gens par ci par là, censurant des documentaires qui ne l’arrangaient pas, collant des émissions en crypté parce que pourquoi pas1, jouant au taquin2 avec les présentateurs des divers programmes, bref, emmerdant le monde. Puis il serait rentré dans les bureaux des Guignols, aurait fait un foot avec la tête de PPD avant de licencier toute l’équipe.

On l’aurait retrouvé, quelques semaines plus tard, à son ordinateur, en train de faire une petite revue de presse rapide, car Vincent est un homme moderne, il aime se tenir au courant de la marche du monde pour savoir à qui fourguer des voitures électriques la semaine prochaine, pour tomber là dessus :

Là il serait devenu tout rouge, puis tout vert, puis tout violet, comme s’il s’étouffait avec un os de poulet, ou de caille, on n’est pas chez les prolos. Pour se défouler, il aurait licencié une paire de grouillots qui passaient par là avant de déclarer à son conseiller en communication3 « Celle-là, tu me la vires ! » Ça se passe comme ça chez Bolloré.

Quelques jours plus tard, alors que notre ami Vincent croit qu’il a enfin réglé tous ses problèmes d’opposition, rebelote ! Alors là, il craque, pique une grosse colère, tape des pieds, fait pipi par terre, se roule dedans et se met à gueuler façon roi Burgonde de Kaamelott :

Et avant même que son conseiller en communication n’ait eu le temps de lui apporter un costume propre pour son entretien au CSA, il pète un plomb, vire le personnel de la cantine qui n’y étaient pourtant pour rien, et décide que puisque les licenciements sont sans effet sur les esprits rebelles (voir le sondage sur la droite pour savoir où est passé l’esprit Canal) il va abrutir les masses à coup de télé médiocre et file 250 millions à Hanouna pour qu’il continue à faire faire la chenille aux anciens ministres de la culture.

Le documentaire se terminerait sur Bolloré à son bureau. Devant lui une télé allumée, sans le son, sur une scène de Touche Pas à Mon Poste4 particulièrement débile. Il prendrait alors son téléphone, gros plan sur l’écran sur lequel s’affiche « Paul Bismuth ».

Fin.

  1. Effet Papillon, je continuerai à penser à toi tous les dimanches et à t’aimer malgré les obstacles que ton patron veut mettre entre nous.
  2. Le puzzle hein, pas le mec, puisque le mec taquin est, par définition made in Larousse, « sans méchanceté ».
  3. On imagine que, comme Hollande, il en a un, mais on visualise plutôt Smithers des Simpsons.
  4. Et ne touche pas non plus à ta télécommande, si tu changes de chaine, on pourra pas vendre ton temps de cerveau disponible à Coca.