La radicalisation en rose et bleu.

Si vous avez raté l’épisode 1 de cette expédition, c’est ici.

Après une attente trop longue et surréaliste dans le froid, puis une double fouille (d’ailleurs les hommes qui fouillent les hommes et les femmes qui fouillent les femmes ils ont pas peur que ça réveille quelque exotisme enfoui ?) et un passage au détecteur de métaux qui a dû sonner une paire de fois vu que plusieurs participants étaient en âge d’avoir des hanches en titane, j’ai enfin pu pénétrer sur le théâtre des opérations. Et la première chose que j’ai pensé en rentrant dans la salle c’est « mais ces gens sont en train de se radicaliser ! ». J’ai rapidement pu me rendre compte que la plupart n’étaient en train de rien du tout dans la mesure où le travail était déjà achevé.

Pour vous donner un idée du tableau : des drapeaux posés sur les chaises, une musique trop forte pour réfléchir, des vidéos à leur gloire (des extraits du JT de France 2, c’est bien la seule chose qui m’empêche d’appeler cela de la propagande, je ne suis pas sûre qu’on puisse dire que le service public fourni de la propagande pour lobby) et de désinformation sur ce qu’est la « théorie du genre » une des pierres angulaires de leur mouvement à laquelle, manifestement, personne n’a rien compris1.

Plus tard, je verrai trois (ou quatre ?) personnes fondre sur trois femmes devant moi. Sur le coup je crois que quelqu’un fait un malaise mais elles seront en fait expulsées manu militari par un service d’ordre, heureusement moins vaillant que celui en service le 1er mai à la sauterie de leurs copains du FN, sans que je ne puisse comprendre pourquoi alors que je suis juste derrière et bien plus occupée à observer mon entourage que ce qui se passe sur la scène. La dame devant moi semble tout aussi perplexe. Quelques minutes plus tard, quelqu’un viendra expliquer à leurs voisins (qui n’avaient donc rien percuté non plus) qu’elles posaient des problèmes. Lesquels ? Je ne le saurai qu’en rentrant.2.

J’avais moi même l’impression qu’ils me zonaient pas mal autour (j’avais envoyé plusieurs tweets moqueurs dont certains ont été relayés par des comptes avec lesquels ils ont l’habitude de se friter et j’étais une des rares personnes à ne pas lâcher son portable). Après l’expulsion des demoiselles, j’ai coupé Twitter (espérant que, si j’étais en effet repérée, ils penseraient que les tweets venaient de l’une d’elle) et de fait après un quart d’heure, la sécurité s’est éloignée de moi pour reprendre une place plus naturelle. Hasard et parano ou pas, je ne le saurai probablement jamais.

Plus tard encore, Nicolas Dupont-Aignan remerciera La Manif Pour Tous de l’avoir invité à leur « débat ». Un jeune homme devant moi dira un peu fort (et à raison) « C’est pas un débat. » et sera vite ramené au silence par ses camarades. S’agissait-il d’un autre groupe d’infiltrés ? Avaient-ils peur de se faire chopper par le politburo ? D’autres questions qui resteront sans doute sans réponse, mais dans tous les cas ce n’est pas rassurant.

Mais reprenons le cours chronologique de ce récit. Je suis donc dans un univers en rose et bleu (drapeaux, vidéos, lumière, s’ils ne louaient pas les chaises directement auprès de la salle, je pense qu’ils les auraient assorties) quand tous à coup la foule se met à scander « Ludo ! Ludo ! Ludo ! Ludo ! » Ludo n’est ni un chanteur de rock, ni un footballer et d’ailleurs malgré son diminutif trompeur, c’est une femme : Ludovine de la Rochère.

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Il s’agit de leur gourou qui, grande dame scandera à son tour « La famille ! La famille ! La famille ! » un leitmotiv qui ne sera repris par personne mais aura au moins le mérite de les faire taire, lui permettant de se lancer dans un discours … que je vous raconterai demain !

En attendant, si vous souhaitez aller plus loin, je ne saurai que vous conseiller ce reportage en sous-marin aux universités d’été de la Manif Pour Tous.

  1. Si vous êtes vous même dans le flou, on demandera à Colin de vous faire un topo.
  2. Contenu abonné, mais l’aperçu suffira, je pense, à éclairer votre lanterne.
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