Des paroles et déchéance

Aujourd’hui en dictature socialiste, on est revenus sur le projet de révision constitutionnelle.

« J’ai décidé de clore le débat constitutionnel », annonce solennellement notre président adoré. Comment ne pas en tomber de sa chaise, je vous le demande.

Du coup, je me suis d’abord demandé comment est-ce qu’on avait pu arriver à une décision aussi radicale, et plusieurs hypothèses se sont proposées à moi.

Première hypothèse, ce revirement de situation aurait pu venir d’un coup de gueule hystérique de la ministre du Travail. Myriam El Khomri, elle-même binationale, en a eu marre de s’en prendre plein la gueule à chaque réforme. Tandis que la réforme du code du travail la déchoit de popularité, la révision constitutionnelle veut la menacer de déchoir sa nationalité. Faut pas abuser non plus, merde ! Si elle avait su, elle aurait pas accepté ce putain de boulot, quoi !

Deuxième hypothèse, Emmanuel Macron, opposé à cette réforme, a menacé de se raser perpétuellement. On rappelle que les poils d’Emmanuel Macron sont les derniers espoirs pour la popularité de ce gouvernement, notamment auprès des femmes de plus de 55 ans, dernières soutiens potentielles de cette équipe. Pour rappel, la femme de Manu n’est autre que son ancienne prof de français, Brigitte Trogneux, 56 ans1.

Troisième hypothèse, Christiane lui a envoyé un SMS qui dirait, à peu de choses près : « Si tu annules tout, je reviens ». Mais là j’ai comme un doute.

Franchement, François, je voudrais pas être à ta place... Bon courage !

Franchement, François, je voudrais pas être à ta place… Bon courage !

En tous cas, que de chichis pour se débarrasser de Christiane de mon coeur2 ! Parfois résister c’est partir, parfois résister c’est rester, et parfois gouverner c’est totalement partir en couille entre une révision constitutionnelle qui fait parler d’elle pendant 4 mois avant d’être abandonnée et une réforme du code de travail dictée par le MEDEF.

D’ailleurs, c’est plutôt osé de vouloir oublier cette réforme si discutée précisément maintenant. On a tous le souvenir du Fanfoi héroïque après les attentats du 13 novembre, que même Christine Boutin avait salué dans un tweet (accréditant encore ma thèse de la popularité du gouvernement auprès des plus de 55 ans…). Un Président promettant une guerre sans répit aux terroristes, et les menaçant non sans un certain panache de les déchoir de leur nationalité. Même pas peur. Et puis là, en une semaine, on arrête un terroriste, la Belgique est touchée par de nouveaux attentats, on évite de justesse un projet d’attentat « à un stade avancé » en arrêtant des gens à Auteuil, c’est la merde partout dans le monde et… Et puis en fait non, tant pis pour la révision constitutionnelle, en fait. La déchéance de cohérence est sans doute plus constitutionnelle que la déchéance de nationalité.

Cette déchéance de la déchéance ne plaît pas à tout le monde. Ah non, je ne parle pas du tout des Le Pen et autres Sarkozy3 qui se réjouissent de pouvoir pointer du doigt un échec de François Hollande, comme si critiquer le gouvernement était un exercice difficile. Je parle bien de Laurence Rossignol, ministre des Droits des Femmes et de tout plein d’autres trucs, qui a évoqué la nécessité de « garantir à tous ceux qui vivent en France ET aux franco-musulmans, qu’ils y vivent bien ». Alors on embrasse bien forts les habitants de Musulmanie, ils sont bienvenus chez nous et ne risquent plus ni déchéance de nationalité, ni déchéance de religion. Gros bisous !

  1. Nul jugement dans mes propos, je montre juste que la thèse selon laquelle le gouvernement est populaire auprès des plus de 55 ans se tient assez bien.
  2. Je vous refais pas le coup de la déclaration d’amour, vous pouvez la lire ici.
  3. Des gens absolument merveilleux vous en ont parlé par là.

Elysoween (ou Halloween à l’Elysée)

On savait déjà qu’à l’Elysée, ils aiment, quand vient décembre, mettre dans la cours un sapin de Noël tellement gros qu’il faut le faire venir par péniche et que c’est tout un bordel je vous raconte même pas. Ce qu’on sait moins, c’est que notre gouvernement kiffe Halloween. Enfin, notre président kiffe Halloween toujours. Il fout des bols remplis de Petit Pimousses partout et chaque fois qu’il croise Manuel Valls il lui lance un « hey Manu, petit mais costaud, pas comme l’autre qui est petit et nerveux » et là Valls fait le Petit Pimousse et ils rigolent de bon coeur.

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De temps en temps, Ségolène Royal retrouve un papier qui traine et elle gueule parce que merde, la COP 21 approche et les papiers de bonbons qui trainent ça fait moyen sérieux niveau écologie vous pourriez faire un effort zut à la fin c’est déjà assez compliqué comme ça d’organiser tout ce bordel.

De son côté Stéphane Le Foll négocie avec les agriculteurs pour échanger des aides contre des citrouilles. Il appelle ça le plan « COP 21 : Citrouille Ornementale en Provenance de Côte-d’or » Trois-cents tracteurs devraient partir demain de la campagne dijonnaise (alors que c’est en Alsace qu’on produit le plus de citrouilles1, mais la COP 67 n’est pas pour après-demain et Stéphane Le Foll n’est pas du genre à laisser les faits se mettre en travers d’un bon mot)  pour rejoindre Paris dans la nuit de vendredi à samedi, les remorques remplies de citrouilles qui seront disposés dans les jardins de l’Elysée et des différents ministères. Myriam El Khomri s’en félicite car ce n’est pas moins de 438 personnes qu’il faudra employer pour décharger tout ça, et ça fait toujours une nuit où le chômage reculera un peu. Il est probable qu’à la fin des huit prochains points presse de Stéphane Le Foll les journalistes se voient servir de la soupe de citrouille, nous souhaitons bon courage à leurs estomacs.

Pendant ce temps là, Fleur Pellerin tente d’organiser un concert de métal mais comme elle n’écoute pas de musique, c’est compliqué. Il y a donc fort à parier que tout ça se terminera par une lecture de Christina Taubira d’un poème sur les moyens de conjurer la peur.

Dans les couloirs du Quai d’Orsay, il se murmure qu’un (ou plusieurs) petit farceur s’amuserait à envoyer à son ancien collègue, Thomas Thévenoud, des enveloppes d’où sortiraient, grâce à un astucieux système de ressorts, des formulaires administratifs de toutes sortes. Depuis qu’il reçoit ces courriers explosifs, Thomas Thévenoud se mettrait en position latérale de sécurité sous le buffet de la cuisine à chaque passage du facteur. Nous ne l’oublions pas.

Au cas où Jean-Vincent Placé décide de se déguiser en enfant déguisé en fantôme et vienne frapper à la porte de l’Elysée pour réclamer des bonbons et un ministère : un placard à balais déguisé en bureau est prêt à l’accueillir. Pour parfaire le tableau, il ne manque plus que le petit Louis Sarkozy pour tirer au pistolet à billes sur les enfants qui viendraient réclamer des bonbons. C’est peut-être pas plus mal, puisque depuis qu’il ne vit plus à l’Elysée, il est parti en Amérique s’entrainer à tirer sur des vrais gens.

  1. Nous aurons au moins tous appris quelque chose grâce à cet article.

Guide de survie si vous vous retrouvez contraint de vivre en dictature socialiste

Vous ne les avez pas choisis, mais ils sont là. On vous les a imposés par des procédés aussi douteux que le suffrage universel direct et le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Ils sont déterminés à vous faire vivre un enfer jusqu’à la fin de leur mandat, et ça encore c’est s’ils ne s’arrangent pas pour en faire un deuxième à coup de 49-3. Ils en ont après vous personnellement et vous le font savoir en autorisant les pédés à se marier violant ainsi la sanctité de votre propre mariage, en autorisant les musulmans à ne pas manger de porc à la cantine violant ainsi la sanctité de votre rondelle de saucisson, en introduisant les ABC de l’égalité à l’école violant ainsi la sanctité de bobonne qui passe l’aspirateur ou en réformant le collège violant ainsi la sanctité de la messe en latin. Ce sont … Les socialistes !

Le monde est aveugle, mais pas vous, non pas vous. Vous vous savez. Oui, vous vous êtes malins et vous savez voir les choses telles qu’elles sont. Vous, vous êtes réalistes. Et vous ne laisserez pas faire, vous ne vous soumettrez pas à la bienpensance, vous allez résister, vous allez sauver la France car elle est tombée sous le coup d’une dictature socialiste ! Mais comment faire ? Pas de panique, voici une petite liste des actions que vous pouvez mener pour une résistance réussie.

  1. Tweetez des poèmes de votre cru.

    C'est beau, j'en ai la larme à l'oeil.

    C’est beau, j’en ai la larme à l’oeil.

  2. Créez des bannières aux slogans puissants pour attirer l’attention du grand public sur ces fabriques d’orphelins que sont la PMA et la GPA.

    B-ozs4vW0AA5MDk

    C’est élémentaire.

  3. Apprenez des chansons fortes et engagées, aux paroles inspirées et au message clair.
  4. Plantez-vous comme des radis devant des bâtiments administratifs. Si vous êtes parisiens, visez le ministère de la justice, que vous aurez rebaptisé « Ministère de l’injustice » pour l’occasion sinon la mairie du Moncul-sur-mer fera l’affaire.

    Les chaises, c'est pour les tapettes.

    Les chaises, c’est pour les tapettes.

  5. Défendez la laïcité face aux menus sans porc dans les cantines de Notre République.
  6. Défendez les valeurs chrétiennes de la France.
  7. Manifestez contre l’euthanasie.

    Avortement + euthanasie sur la même bannière = génie

    Avortement + euthanasie sur la même bannière = génie

  8. Manifestez contre le mariage pour tous.

    #JaiChoisiValérie

    #JaiChoisiValérie

  9. Manifestez contre.

    Pas contents ! Pas contents ! Pas contents !

    Pas contents ! Pas contents ! Pas contents !

  10. Demandez la démission de Taubira quand des journalistes sont assassinés
  11. Demandez la démission de Taubira quand un enfant est enlevé.
  12. Demandez la démission de Taubira quand vous êtes constipé.
  13. Demandez la démission de Taubira.
    #TaubiraDemission

    #TaubiraDemission

     

Et surtout, ne lâchez rien ! Courage mes frères, c’est la lutte finale, groupons nous et demain Papa dans Maman sera le genre humain et les musulmans qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes seront dehors. Amen.

Christiane, laissez-moi être votre première dame

Bonjour à tous, et bonjour à madame Taubira qui, je le sais, me lit avec un sourire aussi ému qu’amusé depuis le ministère de la Justice.

Je suis très heureux que vous me lisiez madame Taubira, parce que voilà, je dois vous le dire, je vous aime. J’en parlais justement avec des potes à la terrasse d’un café un jour où il ne pleuvait pas (ça commence à remonter), et ils parlaient des filles qui leur plaisaient. Et là, au moment où tout le monde s’attendait à mon (vibrant) coming-out, je lâche, d’une voix à mi-chemin entre la fermeté et l’innocence, « Christiane Taubira ».

J’eus au moins le mérite de clore la conversation. J’imagine que la stupeur aurait été moindre si j’avais annoncé ma préférence pour Emmanuel Macron, mais c’est une autre histoire.
Mais du coup, je vous le dis, vous êtes vraiment le genre de femme qui me plaît. Pas seulement parce que vous êtes ministre, non, mais simplement, vous êtes toujours cet ange brillant dans l’obscurité glaciale, cette lueur d’espoir qui me rappelle que j’ai bien fait de voter Hollande en 2012. Enfin non, plutôt que j’aurais bien fait de voter Hollande si j’avais été en âge de voter en 2012, on s’est compris.

Le jour où vous invoquez Léon-Gontran Damas pour comparer avec talent la beauté du projet de loi sur le mariage pour tous (j’ai bien compris ce jour-là que je vous intéressais aussi, avouez-le) à celle de la rose dont la Tour Eiffel assiégée à l’aube voit enfin s’épanouir les pétales, sa grandeur à celle d’un besoin de changer d’air, et sa force à celle d’un cri aigu d’un accent dans la nuit longue, vous libérez chez moi un tel sentiment d’amour et d’émerveillement, dont l’immensité serait comparable aux comptes de campagne de l’UMP.

Lorsque, sur iTélé, on vous interroge sur Marine Le Pen, vous répondez « c’est qui, ça ? ». J’oublie alors le tout aussi mythique « Bonjour vous n’avez pas honte » prononcé par un inconnu sur une radio tout aussi inconnue et je ne vois que vous, vous qui maniez aussi bien l’aphorisme que la joute verbale, le long discours et la discrète plaisanterie. J’aime tellement vous entendre et vous voir parler que je me repasse en boucle vos réponses aux « Questions au gouvernement ». A vous toute seule, vous pourriez me divertir et m’émerveiller davantage qu’une animation du Futuroscope, ou qu’un one woman show de Sophia Aram.

Christiane belle
Elle est bonne celle-là !

Quand, dans la revue Society, vous ne vous gênez pas pour critiquer les paroles d’un ministre socialiste étant sans doute à l’heure actuelle en train de planter ses chips triangulaires dans le guacamole offert gracieusement par l’Université d’été du MEDEF (en tous cas pas celle du PS), quand vous dîtes des paroles d’Emmanuel Macron sur le rêve des jeunes français de devenir milliairdaires qu’elles ne peuvent en aucun cas refléter l’évolution de la parole de gauche, malgré l’appartenance de cet homme au gouvernement actuel, je continue de vous admirer, je continue d’être sous le charme, épris de vos belles paroles, amoureux de votre langage. J’ai envie d’être votre homme, votre marié pour tous, votre rose du PS, votre projet de Loi, votre Sceau, voire l’une de vos Queens1.

A l’Assemblée Nationale, le jour où Éric Ciotti vient vous apostropher, ayant cru déceler en vous une cible facile, vous qui avez longtemps été accusée d’avoir fait perdre la gauche en 2002, comme si toute la colère et tout le dénuement dans lesquels se retrouva plongée la gauche républicaine lors de ces sinistres élections devaient irrémédiablement se retourner contre vous, lorsque vous accusez en retour ce pauvre individu de ne pas réussir à réprimer à votre égard un « sentiment contrarié », cette répartie discrète, cette emphase sur ces deux mots prononcés avec votre grâce et votre élégance naturelles me laissent béat. Quelle style, quelle audace, quelle classe !

Je ne vois franchement pas ce qui pourrait s’opposer à la rencontre de nos destins. L’âge ? Quelle importance ? Bon, c’est vrai que vous pourriez être ma grand-mère, bien que vous soyiez beaucoup moins ridée. Mais vu que ma grand-mère maternelle est morte, ça me dérangerait pas que vous puissiez la remplacer, du coup. Après, c’est vrai que je n’ai jamais couché avec ma grand-mère, et pas seulement parce que je n’en n’ai pas eu le temps. Mais à la limite, pour ce domaine, cette fois je l’avoue, le beau et ténébreux Emmanuel Macron me tente plus, donc la question ne se posera pas. Ne vous en offusquez pas, vous êtes toujours ma préférée. Vous vous attirerez sans doute des jugements déplacés de quelques couards de l’UMP face auxquels vous saurez faire face avec force et détermination !

Oui, notre union mettrait un terme à mes ambitions de devenir un jour un grand journaliste. Mais quelle importance ! Carla Bruni a bien réussi à sortir des albums, Valérie Trierweiler s’est mise à écrire des bouquins… Pourquoi ne pourrais-je donc pas être votre première dame en 2017 ? Je suis d’accord pour qu’on fasse notre lune de miel à Cayenne, si vous voulez. Je suis prêt à tout pour vous, à lire tout Césaire et tout Senghor, à oublier les 49-3, et à apprendre le code civil par cœur, mieux que le code de la route. Je vous demanderai juste un autographe pour ma maman, s’il vous plaît.

Je nous vois bien finir notre vie dans une grande bibliothèque avec les sous que vous aurez économisé (garde des sous, c’est plus ou moins votre boulot, non ?), nous pourrions nous lire des poèmes et des extraits de roman à longueur de journée. Je serais votre Guillaume Galienne, vous seriez ma Kathleen Evin, nous aurions l’humeur vagabonde, parce qu’après tout, ça peut pas faire de mal.

Oui, sans doute devez-vous me trouver bien sot à poster mes vulgaires chroniques lues par douze personnes et demi, sans doute devez-vous trouver cette déclaration bien maigre et sans vraie valeur alors que doivent sans doute fleurir sur votre bureau, des courriers bien plus beaux (et sans doute moins sincères). Eh bien oui, sans doute, je suis sot. Alors gardez-moi !2

Ne refusez pas, je suis tout à vous.

  1. Parce que Christiane and the Queens. Pour ce jeu de mots, merci de vous adresser à notre stagiaire : machineacafe@trollsalunettes.fr
  2. Pour ce jeu de mots de trop, merci de vous adresser à notre autre stagiaire : photocopieuse@trollsalunettes.fr